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“Nous avons dans nos partis politiques des autocrates, des dictateurs en puissance” soutient Faya Millimono

Président du futur parti, le Bloc libéral, qu’il a annoncé à la presse il y a de cela deux semaines, Dr. Faya Millimouno a accepté de nous accordé une interview. Dans cet entretien à bâton rompu, l’ancien directeur de campagne du candidat de la NGR revient sur les motivations de se lancer dans la création d’une nouvelle formation politique.

 

Il  explique aussi les motifs de sa démission de la NGR. Il s’est prononcé sur plusieurs sujets d’actualité, la publication de la liste de la nouvelle CENI, la gouvernance économique du régime en place. Lisez l’intégralité de l’interview.

 

Aminata.com: vous venez de lancer votre formation politique dénommée le Bloc libéral, dites nous qu’est-ce qui vous a motivé à créer un parti

Faya Millimouno: D’abord je vous remercie de l’opportunité que vous m’offrez de revenir sur l’annonce que nous avons effectivement faite le 22 octobre de mettre sur pied une nous formation politique. Je commence par préciser un certain nombre de choses. Dans les médias, très souvent, il y a quelques erreurs qui glissent. Le parti, le Bloc libéral a une originalité. Ce n’est pas un parti taillé autour d’un individu, autour d’une ethnie ou autour d’une région. C’est un parti politique qui regroupe des hommes et des femmes qui croient aux mêmes valeurs et aux mêmes principes et qui se sont associés pour les défendre. Ma personne au sein de cette formation, c’est juste quelqu’un qui a bénéficié pour une période donnée de la confiance des membres fondateurs pour conduire les destinées de cette formation. Et donc contrairement à ce que certains commencent à affirmer, le Bloc Libéral n’est une propriété de Faya Millimouno. Le Bloc Libéral appartient à tous les Guinéens. Ceci est extrêmement important à préciser. La deuxième chose, c’est le pourquoi nous sommes allés vers la création d’une formation politique. Nous pensons que c’est parce que la Guinée en a besoin. Figurez-vous après notre démission le 27 avril dernier nous étions à Washington, y a beaucoup de personnes qui sont venues autour de nous, que nous avons bien écouté. Nous avons écouté ceux des Etats-Unis, ceux d’Europe, ceux d’Afrique, et particulièrement ceux de la Guinée. Nous avons eu près de 70 rencontres en petit groupe de 50 personnes, 100 personnes. J’avais besoin d’écouter les Guinéens. A un moment donné ça devenait difficile, j’ai décidé de mettre sur pied un comité de réflexion pour m’assister. De ce comité de réflexion nous sommes parti de un, deux, trois, quatre à cinq et donc c’est devenu nous. Nous avons donc suffisamment écouté les Guinéens. Nous avons recensé les ambitions, les aspirations surtout de la jeunesse guinéenne. C’est sur la base de cette démarche d’écoute, de consultation, de concertation que l’idée d’une formation politique, qui mette l’accent sur les valeurs, sur les principes et qui veut changer la donne sur le plan politique, est née. Parce qu’aujourd’hui y en a beaucoup de formations politiques; c’est vrai. Les gens se demanderaient pourquoi un autre parti politique. Cette nouvelle formation politique vient pour satisfaire le besoin d’unité, de justice, de paix, de prospérité pour tous les Guinéens, dans le respect mutuel.

 

Dans votre discours du lancement du BL, vous avez dénoncé la gestion catastrophique des régimes antérieurs, qu’est-ce que le BL propose pour sortir la Guinée de cette crise?

Le moment n’est pas encore venu de livrer notre projet de société parce que nous n’avons pas encore l’agrément. Nous n’avons fait que répondre à la question que n’arrêtaient pas de nous poser les médias. Ce que nous avons fait le 22 octobre c’était juste pour dire nous avons décidé de créer une nouvelle formation politique. Nous avons matérialisé cela par l’adoption des statuts et du règlement intérieur ; c’était le 19 septembre 2012. Nous avons collecté tous les dossiers requis pour demander un agrément. Nous n’avons pas encore cet agrément. Nous ne nous sentons donc pas devoir décliner maintenant là notre projet de société. Mais ce que je peux vous dire, nous sommes un parti libéral ceci est fondamental à préciser. L’Afrique que nous connaissons, 54 ans d’indépendance que nous avons vécu, nous pensons que l’option libérale est la meilleure aujourd’hui qui puisse sortir notre pays de la pauvreté et de la situation actuelle. Le projet libéral est celui qui s’adapte le mieux à la nature humaine, telle que celle-ci a été sélectionnée tout au long du processus d’évolution de notre espèce. Cette nature humaine est caractérisée par les interactions sociales, les relations de hiérarchie, la territorialité et l’empathie. Dans toutes les sociétés, chaque individu tend à rechercher (avec plus ou moins d’énergie en fonction du caractère et des capacités) une position hiérarchique et sociale élevée au sein d’un groupe. Aussi, chaque individu au sein d’une société a tendance à défendre un « territoire », ce qui se traduit par la notion essentielle de « propriété privée ». Enfin, les humains sont capables de se mettre à la place des autres, et d’être affectés par les problèmes arrivant chez les autres. Cette qualité a été sélectionnée au cours de l’évolution et elle est indispensable à la survie de l’espèce. Sans empathie, chaque être humain passerait son temps à tuer ses congénères à la moindre contrariété, et l’espèce disparaîtrait rapidement. C’est la caractéristique qui manque le plus chez les dictateurs qui se  succèdent à la tête de notre pays.

La compétition et l’équité sont indispensables dans toute société. Elles constituent le moteur du progrès. L’égalitarisme qui est une aspiration des projets socialo-communistes fait exactement le contraire. L’égalitarisme pose l’égalité comme un absolu. Tous les projets de sociétés socialo-communistes ont échoué simplement parce qu’ils sont contraires à la nature humaine.

Dans une société égalitariste, il n’y a en effet plus aucun « espoir » pour les individus de pouvoir améliorer leur position au sein du groupe. C’est pourquoi les sociétés égalitaristes aboutissent toujours à une dictature sanglante en plusieurs étapes : 1) la tentative du gouvernement de mettre en place une société égalitariste aboutit à la disparition de la motivation ; plus personne ne veut travailler. A quoi bon travailler puisque tout le monde a, au final, les mêmes revenus ? A l’exception de quelques rares idéalistes, dont le nombre ne suffit pas à assurer la production nécessaire à la survie de la société, la majorité de la société ne travaille plus. Chacun se souvient des folklores quotidiens des pays à tendance communiste. 2) En réaction à cette situation, le gouvernement met en place un système de contrôle puissant pour obliger chaque travailleur à remplir sa tâche malgré l’absence de motivation. 3) Une classe dominante, formée des contrôleurs, s’impose progressivement. 4) Cette classe dominante finit assez rapidement par former une oligarchie totalitaire, réprimant toute opposition. C’est la dictature dont les conséquences ne sont plus à démontrer.

En revanche, une inégalité extrême, dans laquelle les exclus seraient condamnés à mort ou à une exclusion définitive ne correspond pas non plus au projet libéral parce que contraire à la nature humaine. L’instinct d’empathie de l’être humain s’y oppose. Les sociétés dans lesquelles il n’y a pas d’empathie finissent par être rejetées, comme les sociétés égalitaristes, socialo-communistes.

Le projet libéral qu’ambitionne Le Bloc Libéral se veut socialement équilibré. Il responsabilise au maximum les individus, chacun devant subir pleinement les conséquences de ses choix (bons ou mauvais), laisse se développer la compétition saine pour que le progrès général puisse avoir lieu et protège la propriété privée. Mais il s’assure aussi qu’en cas de mauvais choix ou de malchance, personne ne puisse être condamné à mort et que chacun puisse rebondir. Cela correspond à la solidarité, qui est une des grandes aspirations contenues dans la devise de notre pays (Travail – Justice et Solidarité).

 

Vous disiez que vous aviez quitté la NGR lorsque vous avez soupçonné le président du parti de s’approcher du pouvoir. La NGR continue toujours à militer au sein de l’opposition, n’avez vous pas fait une erreur dans votre prise de décision?

Non pas du tout, j’ai vécu dans la NGR de façon pleine. J’ai défendu la NGR avec toutes mes forces. Je veux vivre la démocratie elle même parce qu’on ne peut pas devenir démocrate soudain quand on est au pouvoir. Il faut d’abord l’être pour pouvoir le vivre. Nous avons dans nos partis politiques des autocrates, des dictateurs en puissance. Donc, quand j’appartiens à un parti politique, il y a des valeurs et des principes  qui guident mon action. Ce n’est pas mon seul constat. J’ai eu à pointer du doigt un ensemble de chose. Ce fut bien une déclaration publique du leader de la NGR qui a dit que nous serions prêts à travailler avec le gouvernement d’Alpha Condé si on nous en demandait. Je crois que ça été une déclaration qui a été faite de façon publique. Cette déclaration a été faîte sans qu’il n’y ait eu une consultation interne, c’est quand même une décision majeure. On ne combat pas la gestion d’Alpha Condé simplement parce que c’est Alpha Condé. Cette gestion incarne la façon de voir les choses, une vision qui ne correspond pas à la nôtre. Nous sommes contre, personnellement je suis contre la division de ce pays. Dieu seul sait que le Pr. Alpha Condé procède par la division. Ne pas le constater c’est de faire preuve de mauvaise foi. La Guinée est aujourd’hui divisée plus que jamais. Le Pr. Alpha procède aussi par le viol des droits les plus élémentaires des Guinéens. Depuis qu’il est au pouvoir, il y a eu beaucoup de personnes qui ont été tuées. On dira que ce n’est pas lui qui a tiré sur les gens, mais son devoir à lui en tant que premier magistrat de ce pays, c’est de défendre les droits. Mais il n’y a eu aucune enquête pour tous les cas de violation grave des droits de l’homme. Le dernier cas en date, c’est à Zoghota où des personnes dormaient, on est allé leur administrer la mort. Jusqu’ici personne ne peut me dire qui est membre d’une commission d’enquête mise en place pour élucider cela. Nous savons également que le régime du Pr. Alpha Condé procède par une tribalisation, ce que j’appelle une sorte d’apartheid ethno-régional. Au regard de tout cela, un parti politique veut décider de fermer les yeux sur tout ça pour dire que nous sommes prêt à travailler avec ce régime, ça ne correspond pas à ma vision. Sans compter d’autres entorses aux règles démocratiques au sein du parti. Parce que quand les questions essentielles ne font plus l’objet de débat en vue d’une décision collective, donc ça me pose problème du point de vue de la démocratie. Voici autant de choses que j’ai constatées. Je crois que la lettre est bien limpide du point de vue des arguments ou des raisons pour lesquelles j’ai cru devoir quitter la NGR.

 

Mais la NGR milite toujours au sein de l’opposition. Elle a même un représentant à la nouvelle CENI au compte du Collectif et de l’ADP. Le parti n’est pas encore allié au pouvoir?

La NGR peut continuer à être de l’opposition, ça n’à rien avoir. Le parti fonctionne tel qu’il veut fonctionner. Si vous pensez que cela ne correspond pas à votre vision écartez-vous. Je considère honnêtement que ce n’est pas moi qui ai quitté la NGR, c’est la NGR qui m’a quitté. La NGR a été fondée sur des valeurs et des principes. Lorsque j’ai vu qu’on est en train de prendre une attitude assez relaxe par rapport à ces valeurs et ces principes alors j’ai cru devoir tirer mes propres conclusions. Le fait que la NGR soit de l’opposition, ça n’a rien avoir, ça n’a absolument rien avoir. J’ai cru savoir que le Président du parti était en train d’exprimer les points de vue d’un certain nombre d’individus au sein du parti. Personnellement je n’étais pas associé à la formulation de ces positions. Et j’ai donc tiré la conclusion.
 
Vous dénoncez toujours la gouvernance du Pr. Alpha Condé. Les institutions financières internationales félicitent la Guinée pour sa performance économique. Le pays vient d’avoir son point d’achèvement de l’initiative PPTE. N’est-ce pas une avancée dans la gouvernance du Pr. Condé.

Je sais de quoi vous parlez. J’ai travaillé pour les institutions internationales. J’ai été consultant à la Banque Mondiale. Les institutions de Breton Wood ont félicité l’Argentine dans le passé tout en l’accompagnant à la faillite des mois plus tard. La question qu’on doit se poser aujourd’hui est quel est l’impact direct de l’action gouvernementale du Pr. Alpha Condé sur le quotidien des Guinéens. Je crois que la meilleure réponse serait obtenue non pas auprès des experts de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International. Il faut aller à Madina. Il faut aller à Taouyah. Il faut aller dans les quartiers de Conakry poser des questions au citoyen moyen comment il vit au quotidien sa vie. C’est là qu’on peut mesurer le vrai impact de l’action politique du Pr. Alpha Condé. Je crois que de ce point de vue, si vous posez cette question à une majorité des Guinéens aujourd’hui, je crois que leur réponse ne sera pas semblable à celle des institutions de Breton Woods.

Le PPTE, il faut s’arrêter là dessus, c’est un programme qui a été lancé depuis les années 90. La Guinée est allée quatre fois à un micron de l’avoir dans le passé. La première fois, c’était en 2000. On était à un mois.

Le PPTE est né du constat qu’il y a des pays qui sont tellement endettés que si on ne fait pas quelques choses ils vont déclarer faillite. Ils ne seront plus solvables. Et s’ils ne sont pas solvables, ça aura un impact négatif sur l’économie mondiale. Alors, il faut faire quelle chose. Il faut leur donner une porte de sortie, en commençant par les soumettre à une certaine discipline. Cette discipline c’est quoi ? Il s’agit de commencer par réduire les dépenses au niveau des recettes. On ne peut pas vous pardonner des dettes tout en continuant à vous laisser dépenser plus que ce que vous avez. Il faut donc serrer la ceinture, combattre la corruption et les détournements. Je crois que si ce critère avait été bien respecté, je ne suis pas très sûr que la Guinée aurait pu atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE. Que de scandales financiers vécus sous le Pr. Alpha Conde ! Ce n’est pas moi qui le dit, mais le Pr. Alpha Conde a bien obtenu avec Rio Tinto 700 millions de dollars. Est-ce que vous savez aujourd’hui où ces millions de dollars se trouvent ? Le gouvernement du Pr. Alpha Conde a bien contracté un prêt de 150 millions de dollars auprès du gouvernement angolais. Connaissez-vous la destination ? Non. Le gouvernement a pris 25 millions avec un homme sud africain. Connaissez=vous pourquoi et la destination de cet argent ? Ce ne sont que quelques exemples. Puisqu’il est question de bien gérer pour prouver que si on vous pardonne des dettes que vous avez prises vous n’êtes pas capable de payer, vous serez responsable demain.

Voyons encore du point de vue de la gestion quotidienne. Un seul exemple, sur les questions électorales en Guinée, nous avons choisi par appel d’offres international, la SAGEM. Nous avons acheté de l’équipement qui a coûté des millions d’euro. Ces millions, Dieu merci, ce sont les partenaires au développement qui ont aidé la Guinée à obtenir ça. Ce matériel est là. C’est une propriété de la Guinée. Le président qui a été élu démocratiquement par la liste qui a été élaborée par cet opérateur choisi par appel d’offres, est le premier à dire que la liste n’est pas bonne. Il va en Afrique du Sud, il achète un matériel pour une valeur de 22 millions d’euro. Tellement qu’il avait peur que les institutions de Breton Woods en tiennent compte et refusent à la Guinée l’atteinte du point d’achèvement, il commence par dire que c’est un don. Le monde est devenu un gros village. Ce qui se passe en Chine est aujourd’hui connu à travers le monde. On a découvert que le gouvernement d’Afrique du Sud n’a pas donné de matériel électoral au gouvernement Guinéen. Vous vous rendez compte que la gestion se fait très mal. La seule raison qui a poussé les institutions de Breton Wood à donner à la Guinée ce programme, c’est parce qu’on était deux ou trois pays restant qui n’avaient pas encore atteints le point d’achèvement. Ce programme a tellement duré qu’ils se sont probablement dit écoutez, donnez leur ça.

 

Quelle est votre réaction suite à la publication du décret nommant les 25 commissaires à la nouvelle CENI?

C’est une violation de la loi. Encore une fois, moi personnellement j’ai été déçu. Et je continuerai  la lutte avec ceux qui croient que la loi est faite pour être respectée jusqu’à ce que la parité au sein de la CENI soit respectée. Nous sommes dans une République. La Loi Organique 016 parle de parité entre l’opposition et le pouvoir. Aujourd’hui c’est neuf de l’opposition, dix de la mouvance, et un d’une catégorie inexistante au regard de la loi. La position centriste est doctrinaire partout où elle est évoquée. On peut être idéologiquement centriste et être de la mouvance ou de l’opposition. Il n’y a pas de statut de centriste en Guinée. La constitution ne le prévoit pas, aucune loi de la République ne le prévoit. Donc pour moi, c’est une violation de la loi qui doit être combattue.

 

En attendant, l’opposition a accepté de siéger avant l’arrêt de la Cour Suprême. Comment vous expliquez cela ?

C’est vrai. Mais je continue à croire que c’est une grosse erreur. En choisissant de siéger, l’opposition encourage la violation de la loi par le Président de la République. Je crois que les intérêts particuliers d’une minorité au sein de l’ADP et du Collectif ont prévalu et contraints la majorité à reculer. Au sein de la CENI actuelle, tout se joue au niveau d’une voix ou deux. La mouvance a dix. La société civile a trois. La mouvance a un bonus de deux à travers les représentants de l’administration. Le « centriste » est un second bonus. Cela fait mathématiquement 16 sur 25. Une voix de plus venant le l’opposition fait atteindre le quorum des 2/3 pour permettre à la CENI de siéger. Dès lors qu’une voix au moins s’est levée au sein de l’opposition pour dire « moi j’irai même si l’opposition ne va pas », le choix devenait clair : laisser siéger la CENI légalement sans l’opposition ou être présent quand même.

Malgré cela, je continue à croire que l’opposition aurait du s’abstenir de siéger jusqu’à ce que la loi soit respectée. Rien ne sera fait de valable par cette CENI sans en son sein les représentants de l’opposition. La politique est un rapport de force. Le rapport de force est en faveur de l’opposition qui est soutenue par une majorité de Guinéens. Si nous ne faisons pas attention, nous risquons, avec cette allure, d’assister à la nomination déguisée des députés à l’Assemblée nationale.

Tout le monde sait que toutes ces peines que les uns et les autres se font, tous ces jeux que les uns et les autres jouent ne sont pas à l’avantage du peuple de Guinée. Par ces jeux, on veut tromper la vigilance du peuple pour nommer des députés qui valideront les centaines de contrats signés au préjudice du peuple depuis les années Sekouba Konate jusqu’à celle d’Alpha Conde. C’est pourquoi j’invite le peuple à ne pas baisser les bras. La jeunesse surtout doit se battre pour son avenir. C’est une haute trahison que nous vivons aujourd’hui à la tête de notre pays.

 

Alpha Condé était un opposant historique. Vous dénoncez souvent des violations de droits de l’homme et des règles démocratiques. Bon nombre d’opposants africains changent lorsqu’ils arrivent au pouvoir. Expliquez nous qu’est-ce qui vous différencie de ces politiques africains?

Je crois que beaucoup qui sont arrivés au pouvoir en utilisant le langage de la démocratie, du respect des droits de l’Homme ne le sont pas en réalité. Ils n’y croyaient pas. C’était des mots prononcés sur le bout des lèvres. Certains ont usé de la violence pour y arriver. Par exemple, si nous prenons le cas de notre opposant historique actuel, nous ne devrions pas être étonnés. En effet, il y a beaucoup d’allégations qui font état d’une implication du Pr. Alpha Condé dans les incursions rebelles aux frontières Sud en 2000. Ce sont ces incursions aux frontières Sud qui ont été à l’origine de la non atteinte du point achèvement de l’initiative PPTE en 2000. Donc si ces allégations sont fondées, ce qui se fait aujourd’hui n’est pas nouveau. Il se peut qu’il ait le sang des Guinéens sur les doigts avant d’être au pouvoir. Par conséquent, il continue exactement de faire ce qu’il faisait avant.

Il est important que nous sortions de certaines considérations pour être très rigoureux dans le choix des hommes et des femmes qui vont diriger notre pays. Personnellement ça ne m’a pas étonné qu’il se comporte comme ça. Je crois que lorsque les Guinéens vont observer de très près mon cheminement. Je suis très modeste, ils sauront qu’il y a des meilleures chances que je ne serai pas ce leader dont vous parlez.

 

Revenons un peu à votre parti, dites-nous brièvement le premier sentier du BL lorsqu’il sera agréé
Le premier sentier du BL lorsqu’il sera agréé c’est d’aller à la rencontre de la Guinée. Le BL, c’est d’abord une méthode. Et la méthode, c’est à la base, c’est la concertation, c’est l’écoute, c’est l’échange, c’est le questionnement. C’est ce que nous allons commencer à faire. Nous voulons être un peu partout à travers la Guinée. Aucun mettre carré de la Guinée ne devra nous échapper. Nous sommes convaincus qu’en Guinée, aujourd’hui, il y a une majorité silencieuse tellement désabusée, tellement déçu par la politique de division, qui est en train de reprendre sereinement sa place. Vous verrez que le Bloc va s’exprimer. Il va présider à la transformation positive de notre pays dans l’intérêt de tous.

 

Merci d’avoir accepté notre invitation
C’est moi qui vous remercie.

Source: Aminata.com

 


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