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ETATS-UNIS – AFRIQUE: qu’attendre de Obama II ?

La continuité à la tête des Etats-Unis d’Amérique a été consacrée le soir du 6 novembre dernier par la réélection du candidat démocrate à sa propre succession, Barack Obama. Il devient ainsi le 3e président démocrate, après Franklin Delano Roosevelt et Bill Clinton, à avoir réussi à se faire réélire. En attendant la confirmation des résultats le 17 décembre prochain par le collège électoral, l’on peut déjà saluer l’exploit du président réélu.

Car, nonobstant la situation de crise financière mondiale et le taux de chômage assez élevé au pays de l’Oncle Sam, l’ancien sénateur de l’Illinois a pu échapper au triste sort qu’a connu Jimmy Carter en 1980 dans un contexte de crise économique mondiale. Mais au-delà de la singularité de la victoire, ce sont surtout le dénouement du scrutin et les possibles conséquences de la réélection de Barack Obama qui méritent que l’on s’y attarde. Après une campagne électorale des plus élégantes qui soient (en dépit des clips de dénigrement), les résultats sont tombés en un temps record, et le candidat malheureux a aussitôt reconnu sa défaite.

Le républicain Mitt Romney a alors appelé le gagnant pour le féliciter, et a ensuite invité ses compatriotes à dépasser « les clivages partisans » tout en priant pour que son ex-concurrent réussisse à guider la nation américaine. Et le locataire reconduit de la Maison blanche n’a point tardé à lui rendre la politesse en le félicitant à son tour pour sa campagne et en promettant de coopérer avec lui pour « faire avancer » leur pays. Un tableau postélectoral très séduisant que l’on aimerait bien pouvoir un jour peindre de l’Afrique en vue d’effacer les dégâts des conflits postélectoraux auxquels ses acteurs politiques nous ont habitués.

Le continent noir a encore suivi, de près comme de loin, et même participé à sa manière, au processus électoral américain dont il attend encore plus de retombées, depuis la première victoire du premier président d’origine africaine en 2008. Mais après un premier mandat au cours duquel Obama a visiblement déçu nombre de ses frères africains qui fondaient sur son arrivée à la tête de la première puissance mondiale un espoir quasi béat, que peut réellement attendre l’Afrique de Obama II ? D’aucuns prendront sans doute encore le risque de parier sur un possible changement de comportement du président réélu vis-à-vis de l’Afrique en termes notamment d’augmentation de l’aide financière au développement. Un des arguments que ces irréductibles optimistes pourront avancer aura probablement trait au fait que l’occupant du bureau ovale entame son dernier mandat.

Ne craignant donc plus de vote-sanction en cas de bilan jugé négatif, il aurait par conséquent les mains plus libres pour prendre certaines décisions courageuses au profit du continent qui a vu naître son géniteur. Les plus prudents parmi les Africains qui attendent du 44e président américain un geste salvateur, éviteront sûrement de replonger corps et âme dans un rêve déjà déçu parce qu’irréaliste. Car, le système de gouvernance américain est ainsi fait que le président ne peut pas tout faire tout seul à sa guise sans, au préalable, pour certaines questions très sensibles engageant la vie de la nation, recueillir l’aval de certaines institutions constitutionnelles. Parmi ces institutions républicaines, figurent le Sénat et la Chambre des représentants.

Si les démocrates ont une courte majorité au Sénat, la Chambre des représentants est la chasse gardée des républicains qui y sont majoritaires. Tout au plus peut-on espérer du président Obama qu’il œuvre davantage dans le sens de l’amélioration de la gouvernance économique et politique en Afrique. En étant par exemple plus regardant sur l’emploi de l’aide au développement dont une augmentation sans garde-fou pour s’assurer qu’elle atteigne sa véritable cible, n’aurait aucun effet utile. Le premier des Américains pourra aussi espérer l’appui des institutions de son pays s’il accompagnait le président français, François Hollande, dans son élan d’assainissement des relations afro-occidentales. Il pourra même ainsi, dans la logique du pragmatisme et de la sincérité anglo-saxons, faire mieux que son homologue français en recherchant plus d’harmonie entre ses propos et ses actes, en refusant par exemple de recevoir ou de rendre visite à un chef d’Etat ayant dépassé la décennie de règne.

Mieux, pour être en phase avec sa théorie du renforcement des institutions africaines au détriment des hommes, qu’il a développée lors de sa visite en Afrique en 2009, Obama II devra exiger de toutes les têtes couronnées africaines ayant totalisé plus de 10 ans de pouvoir, qu’ils passent le témoin. Mais n’est-ce pas trop lui demander ? Car après tout, c’est aux Africains de forger leur propre destin, chaque peuple méritant les dirigeants qu’il se donne.

Source: Le Pays

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