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L’opposition guinéenne veut reprendre ses marches

 

L’opposition réunie au sein du Collectif des partis politiques pour la finalisation de la Transition, de l’Alliance pour la démocratie et le progrès et au sein du Club des Républicains, a décidé «à partir du 7 février prochain, d’organiser une marche dans toutes les communes de Conakry et dans toutes les préfectures du pays» C’est une annonce qui a été faite ce mardi 29 janvier par le porte-parole de l’opposition, Aboubacar Sylla, également président de l’Union des forces du changement, au cours d’une conférence de presse à laquelle ont participé les principaux leaders de l’opposition politique guinéenne.

La mesure viserait à contraindre le pouvoir à abandonner son projet de faire réviser la liste électorale par Waymark que l’opposition conteste. Selon le porte-parole ces manifestations continueront «jusqu’à l’entière satisfaction» de leurs revendications. «Il ne s’agira plus de manifestations ponctuelles mais d’une période de manifestations dans laquelle nous allons entrer et qui ne s’arrêtera qu’à la prise en compte de nos revendications,» a martelé l’opposant.

Cellou Dalein Diallo de l’UFDG, Sidya Touré de l’UFR, Jean Marc Telliano du RDIG, Kassory Fofana de GPT, Boubacar Barry de l’UNR marcheront ensemble pour la première fois, depuis que les trois derniers ont rejoint publiquement l’opposition guinéenne. La dernière manifestation de l’opposition date du 20 septembre 2012.

M. Sylla a indiqué que c’est au regard de la constance de la crise politique, de l’absence d’un cadre de dialogue et de concertation, du refus du pouvoir d’accéder aux revendications de l’opposition, que l’opposition a décidé d’organiser ces séries de manifestations de rue qui vont débuter, bientôt. Il a accusé le pouvoir de rester intransigeant et de refuser d’accéder aux différentes revendications de l’opposition qui demande, entre autres, le départ de l’opérateur Waymark, recruté sans appel d’offres, dans le cadre de la révision du fichier électoral. Ce que l’opposition a toujours dénoncé et depuis avril 2011, elle dit cherché un cadre de dialogue pour aller à des élections législatives transparentes.

«Aujourd’hui, à nos deux revendications résiduelles portant sur le choix d’un nouvel opérateur technique en lieu et place de Waymark et de Sabari Technology, la confirmation du vote des Guinéens de l’étranger, s’ajoute le dysfonctionnement interne de la Ceni. La CENI fonctionne actuellement en dehors de tout cadre légal et son président viole toutes les dispositions de la loi sur la CENI. Que ce soit la loi L016 portant, composition, fonctionnement et organisation de la CENI, que ce soit le règlement intérieur, tous sont foulés au pied, par M. Bakary Fofana, le président de la CENI», accuse les opposants au pouvoir guinéen qui devrait organiser les élections législatives, six mois après l’investiture d’Alpha Condé, intervenue le 21 décembre 2010.

Mais l’opposition déclare que M. Bakary Fofana, nommé il y a environ trois mois, prendrait des décisions sans consulter l’ensemble des commissaires de l’institution. L’opposition qui réclame des élections législatives transparentes et crédibles, a encore redit ses reproches au président de la CENI. Celui-ci dissimulerait un rapport récent de l’OIF qui n’aurait pas jugé l’opérateur Waymark capable à organiser une élection transparente. M. Bakary Fofana est accusé d’avoir récemment présenté un chronogramme A qui n’a pas fait l’objet d’approbation par les commissaires de la CENI.

Selon l’opposition, ce chronogramme était un projet qui n’a pas été validé par une plénière. Le plan B, lui n’a jamais été publié, déclare-t-elle. Même que M. Fofana aurait créé un comité dont les fonctions ressembleraient à CENI dans la CENI, qui procéderait actuellement à un transfert des données de la SAGEM, l’opérateur qui a élaboré le fichier électoral ayant permis la présidentielle de 2010, à l’opérateur Waymark, jugé inacceptable par l’opposition, du fait qu’il aurait été recruté sans un appel d’offres, comme le prévoit la loi.

L’opposition politique guinéenne déclare que tout s’opère au sein de la CENI, organe chargé des élections en Guinée, en l’absence de l’opposition, des partenaires techniques et financiers. Beaucoup d’autres dérapages sont imputés au président de la CENI, Bakary Fofana qui se serait impliqué, la semaine dernière, dans l’opération de recomposition des démembrements de la CENI. Des listes de l’opposition auraient été substituées à d’autres, sans le consentement de ses leaders.

Arguant qu’il n’y a aucun cadre de dialogue et qu’il n’y a aucune perspective de dialogue, du fait de l’absence d’une «médiation nationale ou étrangère», l’opposition dit que le pouvoir est fermé à toute opinion différente de la sienne. Elle accuse le régime d’Alpha Condé de vouloir organiser des «élections opaques» pour se tailler une majorité à la future Assemblée nationale.

«Il n’est pas question de salir nos idéaux, en restant bras croisés ou de trahir la mémoire des personnes mortes, lorsque nous avons appelé à manifester», a rouspété M. Aboubacar Sylla. Les opposants ont dit prendre l’opinion nationale et internationale à témoin qu’ils n’ont fait appel qu’à des manifestations pacifiques. Du fait que les populations seraient frustrées de la gestion actuelle du pouvoir en Guinée. Ce qui justifierait sa décision d’organiser des manifestations de rue jusqu’à l’obtention totale de ses revendications.

Le Président Alpha Condé qui rentre de Davos aura son mot à dire. D’autant qu’il a annoncé là-bas que le pré-affichage de la liste électorale a démarré en Guinée. Alors que les violons ne se sont pas accordés sur la tenue des élections législatives à la date du 12 mai prochain. L’opposition n’a pas exclu de demander dans les prochains jours le départ de M. Bakary Fofana de la CENI.

AfricaLog.com

 

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