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Bamako: Un Guinéen dépouillé de son sac contenant 689 g d’or et 201.850 dollars

Lundi 10 février 2014. Il est 18 heures à la gare routière de Guinée Conakry sise à Djikoroni Para en Commune IV du district de Bamako. Kaba Sangaré, Guinéen de nationalité prend place à bord d’un mini car en partance pour Kouremalé, la frontière. Soudain, une Peugeot 406 de couleur blanche stationne avec deux passagers à son bord, l’un en tenue militaire correcte portant un béret rouge et l’autre en civil. Ce dernier montre du doigt Kaba Sangaré, un passager à bord du véhicule, au militaire qui fonce sur lui, arme au poing et le somme de le suivre avec sa sacoche. Personne ne comprend rien. Les voici dans une cour près de Batexci, en zone industrielle, à plus de 15Km de là.Auto_gare_299263807

Kaba est soulagé de   son sac. Le Commissaire divisionnaire de police Joseph Doumbia, commandant la Brigade d’investigations judiciaires (BIJ) reçoit le jeudi 13 février dans son bureau, Djibril Sangaré, un commerçant Guinéen qui porte plainte contre son frère Kaba Sangaré, pour simulation, dit-il, de vol portant sur 689 grammes d’or d’une valeur de 12.800.000 F CFA et 201.850 dollars en espèces sonnantes et trébuchantes.

Mais l’enquête diligentée par le Commissaire principal de police Yankhouba AK Keita, adjoint du commandant de la BIJ épingle le soldat de 1ère classe Souleymane Diakité du 331è régiment de Commando parachutiste, classe 2010, armé jusqu’aux dents qui confesse sa participation au hold up et reconnait qu’il a eu huit millions de FCFA après le partage du butin.

Récit d’un braquage digne d’un film policier

Djibril Sangaré, Guinéen de nationalité, commerçant au Centre Bolibana I de Siguiri en Guinée Conakry, fait régulièrement des transactions d’or par l’intermédiaire de son frère Kaba Sangaré. Généralement, il vend à Amadou Thiam de l’or au grand marché de Bamako. Jusqu’ici, tout s’est bien passé sauf ce lundi 10 février 2014. Il avait remis à son frère Kaba, dix pièces d’or pesant 689 grammes pour une valeur estimée à 12.800.000 FCFA et une autre quantité d’or dont le poids n’est pas spécifié qui sera vendu à 201.850 dollars à Amadou Thiam qui paye cash en devise. Par contre, en raison de la faible teneur des 689 g, il n’a pas acheté. Comme d’habitude, après les transactions, Kaba apporte à son frère Djibril, le produit de la vente et éventuellement les marchandises non achetées. Il avait tout mis dans sa sacoche pour mettre le cap sur la gare routière de Guinée Conakry à Djicoroni Para et prit place à bord d’un mini car, en partance pour la frontière à Kouremalé. Or, Sega Dabo, en fuite qui avait été témoin de la transaction, avait monté un plan machiavélique.

Dans l’après midi, il téléphone au commando Souleymane Diakité, domicilié à Boulkassoumbougou pour l’inviter à le rejoindre au grand marché, qu’il a une mission pour lui. Mais, il n’a pas voulu la spécifier au téléphone. Avant de partir, a dit le commando à l’enquêteur, il a tenté en vain de joindre au téléphone, son confident de tous les temps, l’Adjudant chef de gendarmerie Tala Maïga, en service à la Brigade de recherches du Camp1 à Darsalam. Une fois sur les lieux, le commando Souleymane Diakité briefé sur la mission et consentant, a fait à leur insu, la photo de la cible et de sa copine Tintio Salimatou Sanogo, domiciliée à Baco Djicoroni Aci non loin du 15è arrondissement.

Vers 18 heures, heure du départ de Kaba en Guinée, le commando se fait conduire à bord de sa Peugeot 406 de couleur blanche par Sega Dabo pour aller à la gare. En tenue correcte, coiffé de son béret rouge, pistolet mitrailleur au poing et à visage découvert, le soldat rentre dans le mini car à bord duquel Kaba a embarqué et l’a sommé de le suivre. Les témoins sont stupéfaits.

Les voici à trois dans la Peugeot dans un silence pesant pour l’otage. Sega freine après une demi-heure de course sur un terrain de football en zone industrielle, non loin de l’usine Batexci à plus de 15Km du lieu du hold up. Il retire le sac à Kaba Sangaré et le congédie. Affolé et surtout heureux d’avoir la vie sauve, ce dernier prend ses jambes au cou. Il va téléphoner plus tard à son grand frère et d’autres parents pour leur expliquer ce qui se passe. Mais personne ne le croira comme le prouve la plainte contre lui pour « simulation de vol » de son frère.

De la zone industrielle, les deux braqueurs se retirent dans une chambre au bar Balanzan à Boulkassoumbougou. Sega, le bandit chef, téléphone à son troisième complice, Demba Thiam qui les rejoints. Seul l’argent, aux dires du Commando, est partagé en trois tas. Ce dernier qui sera formellement dénoncé aux enquêteurs à la gare et décrit puis seul interpelé pour le moment, confesse avoir échangé sa part de dollar à la Pâtisserie Relax, non loin de Ibiza et que le montant lui est revenu à 8 millions de nos francs.

Il en a acheté une Toyota à 3 millions de FCFA, épongé les dettes de sa famille et acheté des habits. A son interpellation, Souleymane n’avait plus que 1.750.000 FCFA et deux cents dollars sur lui. Il a été aussi trouvé en possession d’un Pistolet Mitrailleur (PM) avec trois chargeurs, deux couteaux commando, vingt cinq cartouches, une autre cartouche pour revolver, une grenade lacrymogène à main et un talkie-walkie.

Comment s’est-il procuré tout cet arsenal ? Il répond que le PM et ses munitions sont sa dotation. S’agissant de la cartouche de revolver, il affirme qu’il avait un pistolet automatique (PA) qu’il a perdu au nord et dont il garde encore les munitions. Le gaz lacrymogène ? Son ami MDL de gendarmerie Cheickna Sidi Bouhaya l’aurait oublié dans son véhicule.

Quant au talkie-walkie, il appartiendrait à un camarade de promotion (classe 2010), garde de son état en service à la présidence de la République. Séga Dabo et Demba Thiam sont dans la nature. Kaba Sangaré, sa copine Tintio Salimatou Sanogo, son oncle Lassy Sangaré et même Amadou Thiam, tous trois, même s’ils ont nié leur participation au coup, ont tout de même été conduits devant le procureur de la Commune III.

Voilà quel usage le commando a fait de l’arme et des munitions à lui remises pour protéger les Maliens. Est-il à un coup d’essai ? Les porteurs d’uniforme cités seraient-ils des complices ? Faut-il systématiquement doter tous les soldats en armes et munitions ?

Par Dénis Théra (in Malijet)

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