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Renouvellement de la Chambre de Commerce : Les immixtions ethno-politiques

Alpha conde nabe boubacar

Alpha et fils en novembre 2013 chez le souverain Emiratie. L ’imposition du clan Nabé Boubacar Sidiki serait pire que l’échec de la bande à Sylla Mamadou à la Chambre de commerce.

Plus de 20 ans après, les nouvelles autorités guinéennes semblent vouloir sortir la chambre de commerce de sa léthargie et lui donner son âme, c’est-à-dire un bureau représentatif et légitime. Noble initiative que la politisation ethnique menace de souiller. En effet, à la place des acteurs concernés, un opérateur de Bangkok (Thaïlande), Boubacar Sidiki Nabé, illustre méconnu sur la place nationale, se présente déjà comme le candidat du Président Alpha Condé, pourtant nullement concerné par cette élection.

S’appuyant sur des marionnettes comme l’insatiable Elhadj Alsény Barry , Safricom, pressenti Trésorier et Elhadj Mamadou Saliou Diallo Kégnoko, le pouvoir d’Alpha Condé est accusé de vouloir forcer le destin de Boubacar Sidiki Nabé,  contre la volonté des opérateurs économiques. A la veille des élections, si les autorités compétentes ne s’élèvent pas clairement et dès maintenant contre ces trafics d’influence ressentis et interprétés dans les milieux d’affaires comme une immixtion ethno-politique, elles exposent la Guinée à une sévère crise socio-économique aux conséquences imprévisibles. Durant toutes ces années, l’activité commerciale dans le pays a été marquée du sceau du désordre et d’inorganisation totale de la structure.

L’on se souvient que les premières élections caractérisées par des campagnes épiques, mais souvent réglementaires, ont souvent donné des bureaux reflétant la volonté des acteurs et de la réalité économique de la Guinée. Il est arrivé à l’ancien président de la République d’intervenir. Mais, le feu président Lansana Conté, à chaque fois que l’occasion fut donnée, a plaidé – non imposé– pour le consensus à l’amiable et non dans le diktat ou dans l’hypocrisie en coulisses. Les interventions de l’ancien président de la République dans la bataille sans merci entre opérateurs économiques pour le contrôle de la chambre de commerce étaient transparentes et toujours médiatisées visant essentiellement à concilier les acteurs majeurs de l’économie nationale.

Aujourd’hui, il est tout à fait justifiable que le régime du président Alpha Condé lance l’initiative de relancer la chambre de commerce dont le bureau, depuis plus d’une vingtaine d’années, n’a pas été renouvelé. Une initiative d’autant louable que l’ancien gouvernement a cependant commis la grave maladresse de politiser l’activité commerciale en mettant, en 2001-2002 et par décret, sur place une structure économique chargée du secteur privé guinéen contenant le patronat, la chambre de commerce, la chambre d’agriculture, la chambre d’industrie.  Peut-être que le président Lansana Conté était de bonne foi, mais ses conseillers ont été mal inspirés en lui laissant créer cette lourde structure présidée par un super-président, en l’occurrence, Mamadou Sylla du Groupe Futurelec assistés de vice-présidents et membres de caractères, de tempérament et surtout de moralité totalement différents.

La guerre des chefs

Comment faire accepter, par exemple, Elhadj Ousmane Baldé dit Sans-Loi, qui est élu par les acteurs économiques, le leadership parachuté de Mamadou Sylla ?  Le clash et le dysfonctionnement de cette cohabitation contre nature étaient déjà tracés. La guerre des chefs, les appétences pour le centime additionnel ont provoqué un climat délétère sans précédent dans le secteur.

Les effets négatifs de cette malheureuse et injuste expérience ont été si désastreux qu’ils ont profondément déstructuré l’économie,  affaiblit la production locale, déchiré à jamais des liens amicaux et fraternels très forts et anciens tissés entre opérateurs économiques.

Ce chaotique résultat a contraint le régime du général Lansana Conté à revenir sur sa désastreuse politique interventionniste dans le  secteur privé dans une économie libérale.

En 2004, le décret créant et nommant  les membres du fameux secteur privé a été purement et simplement rapporté. Mais, le mal était déjà fait. C’est pourquoi en 2005-2006, la tentative de relancer la chambre de commerce a lamentablement échoué d’autant les couteaux étaient aiguisés entre candidats présomptifs, légitimes et candidats présomptueux se servant du manteau politique pour assouvir des ambitions personnelles.

A partir de là, on comprend tout l’intérêt de l’élection qui se déroule aujourd’hui. C’est à l’actif du régime du président Alpha Condé. Mais, les immixtions et intrigues constatées ici et là risquent de dénaturer cette bonne disposition initiale. Surtout que le prétendu candidat du pouvoir, Boubacar Sidiki Nabé n’est pas du tout connu dans le sérail économique du pays où il n’avait jamais exercé auparavant. Même sa carte de visite indique que les principales activités de l’homme se trouveraient en Thaïlande et au Mozambique.

En Guinée, c’est à la faveur de l’avènement du professeur Alpha Condé au pouvoir qu’il bénéficia, sans appel d’offres, de nombreux marchés d’état notamment le ravitaillement de l’armée en riz. Au ministère des finances, certains reprochent à Boubacar Sidiki Nabé de se livrer lui aussi avec la complicité de hauts gradés et placés à des surfacturations démesurées qui ont malheureusement souvent caractérisé le marché du riz de l’armée. Mais, ceci est un aspect de l’iceberg sur lequel nous reviendrons.

En attendant, les parrainages et forcings politiques derrière lesquels il se cache actuellement révoltent et indignent les commerçants de toutes catégories. Pour le président Alpha Condé, fortement accusé de multiplier la nomination des cadres ressortissants de sa région ou supposée telle dans les postes administratifs, risque d’être la goutte d’eau débordant le vase. Les mêmes causes produisant les mêmes effets et conséquences, l’imposition du clan Nabé Boubacar Sidiki serait pire que l’échec de la bande à Sylla Mamadou.

Le seul mérite que l’histoire pourrait reconnaitre au régime actuel est de créer un cadre permettant aux commerçants de designer eux-mêmes leurs représentants. (A suivre)

Mohamed CAMARA

le Pop

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