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Aéroport de Conakry : L’avion de la présidente du Libéria toujours cloué sur la piste

Alors que l’opinion espère et s’attend, sous l’effet des résultats des efforts médicaux dans la maîtrise de la crise Ebola, à ce que les drastiques mesures adoptées par les compagnies aériennes Air France, Royale Air Maroc (qui utilise désormais des appareils médicalisés de sa flotte sur Gbessia, avec consignes formelles aux équipages de soigneusement éviter de franchir même la porte de l’avion et de limiter les contacts). aeroport conakry

Que le report sine die du lancement du trafic de Turkish Airline, soit enfin levé dans les prochaines semaines, que l’aéroport de Conakry ne soit plus jamais catalogué comme un no man’s land, et que ces compagnies, qui n’auraient pas dû partir si la direction de la SOGEAC avait été prévoyante, reviennent, la même direction se manifeste dispendieuse pour la Guinée.

Alors que les chefs d’Etats et l’opinion semblaient se réjouir de la réussite du dernier sommet de la Mano River Union tenu à Conakry le dimanche 4 mai 2014 avec des décisions dignes d’intérêts socio-économiques pour les pays membres, notamment la perspective de création d’une compagnie aérienne, un dangereux événement frisant l’irréparable est venu refroidir la bonne atmosphère empreinte d’espoirs.

Selon les informations recueillies sur place, c’est le directeur de la SOGEAC, Oulaba Keita Kabassan, sans cesse affairé à se faire valoir sur des tableaux plutôt folkloriques (une forme malhabile de cacher une certaine carence) refuse toujours de laisser les différentes entités évoluant à l’aéroport d’exercer dans les domaines qui leur sont dévolus. Il est la police, la douane, l’ANA etc. Mais, le problème est qu’il s’y connaît très mal et ne maîtrise rien à rien dans ces services cruciaux aéroportuaires.

À chaque déplacement du président Alpha Condé, Oulaba Keita s’improvise membre de la sécurité présidentielle et chef du protocole d’Etat. Cet activisme exposant le président de la République inquiète les spécialistes du transport aérien. Malgré les alertes notamment par voie de presse, le directeur de la SOGEAC persiste dans ses agissements à nier aux professionnels de l’aviation civile leurs attributions et prérogatives. Les autorités compétentes observent un silence qui frise la complicité coupable.

Ellen Jonhson victime de la propension démagogique de Oulaba Keita

Encouragé par cette incompréhensible indifférence hiérarchique qu’il interprète comme un quitus à sa propension démagogique, l’interventionnisme incessant du directeur de la SOGEAC menace à présent la sécurité des Etats étrangers. Première victime, qui est une alerte, la présidente du Libéria Ellen Jonhson Sirleaf.

En se substituant aux professionnels pour coordonner lui-même le déroulement du tapis rouge sur la piste en l’honneur des hôtes du président Alpha Condé, le directeur de la SOGEAC aurait provoqué le premier accident aérien d’Etat sur la piste de l’aéroport de Conakry n’eût été le réflexe de l’équipage et la réaction immédiate des professionnels au sol. Déroulé sans tenir compte des normes sécuritaires en la matière, le tapis rouge s’est révélé un danger quand il s’est fait «aspirer» par l’avion présidentiel libérien empêchant celui-ci du moindre mouvement. Le pire se serait sans doute produit si le pilote tentait de forcer les mouvements du décollage.

Le directeur de la SOGEAC, ne comprenant ou ne pouvant pas s’inscrire dans sa mission réelle ou ses attributions contractuelles notamment celles de promouvoir la compétitivité de Gbessia et d’en faire une des destinations  privilégiées pour les compagnies aériennes, de relancer probablement nos aérogares régionales moribondes, la Guinée a frôlé la catastrophe d’Etat.

L’appareil présidentiel libérien très endommagé reste toujours cloué sur le tarmac de l’aéroport de Conakry. Les frais coûteux de sa réparation vont sans doute être supportés par le pauvre contribuable guinéen. Mais, sauvée de justesse, la première victime de cette incompétence reste la présidente Ellen Johnson Sirleaf. Elle a été contrainte de ressortir de l’appareil et de se faire transporter par son homologue de la Sierra Leone, le président Ernest Bai Koromah, perturbant ainsi l’agenda  officiel des deux chefs d’Etat.

Que se serait-il passé si l’avion libérien éclatait sous la forte pression du tapis rouge ? Il est temps que cette coûteuse incompétence réveille enfin le nouveau ministre des Transports, Aliou Diallo. Pour lui, comme pour tous les ministres, le temps est venu de donner enfin un écho aux instructions du président Alpha Condé.

Le professeur, reconnaissant les erreurs dans les choix des hauts cadres et conscient de l’obligation d’un bilan défendable avant la prochaine échéance présidentielle de 2015, promettait au siège du Rpg-Arc-en-ciel de désormais favoriser les compétences dans chaque secteur. Avant qu’il ne soit tard. Les ministres sont instruits.

Ibrahima Sory Sylla

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