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Autopsie d’une culture qui agonise sous le règne Alpha Condé

Il serait injuste, voire lamentable, de ne pas reconnaitre les mérites de la culture guinéenne surtout connaissant son histoire tant à l’échelle internationale que nationale. Malgré ce passé glorieux, cette dernière continue, malgré tout, son ascension avec une nouvelle génération pétri de talents et de créativités, comme on peut d’ailleurs le constater avec les récents sacres d’artistes aux couleurs rouge-jaune-vert dans diverses compétitions de grandes envergures comme l’émission l’Afrique a un incroyable talent et autres.

Scandale culturel, dirait-on, pour qualifier ce potentiel artistique guinéen. Mais force est de reconnaitre que le régime Alpha Condé n’a aucune considération pour cette culture qui pourtant en plus d’être un vecteur de développement non négligeable est également un véritable levier économique puisse qu’à la fois créatrice d’emplois et génératrice de revenus.

Tout reste à refaire !

A l’heure de la démocratie à la guinéenne, la culture ne se trouve pas au meilleur de sa forme. Politique culturelle sous perfusion, absence d’espaces culturels et de loisirs dignes de nom, ministère logé dans un bâtiment qui abrite déjà un autre ministère, budget ministériel insignifiant, manque de soutien et d’accompagnement à la création, cadres et administrateurs culturels en sous-effectif, secteur privé non réglementé et dévalorisation des créations nationales, sont entre autres quelques-unes des tares de ce grand monde culturel partagé aujourd’hui entre souvenirs et rêves irréalisables.

Ce désamour, pour ne pas dire mépris, pour la culture ne date pas d’aujourd’hui car on se souvient de son omission, il y a quelques années, dans le discours de politique générale du gouvernement lu à l’assemblé nationale par le Premier ministre d’alors Mohamed Saïd Fofana. Cette attitude de cet ancien locataire de la primature a fait comprendre aux uns et aux autres que les artistes ne sont utiles que pour des folklores électoralistes.

Où est passé la fierté culturelle guinéenne ?

Si aujourd’hui la culture guinéenne n’est pas à l’enseigne qu’elle mérite, c’est certainement une responsabilité partagée entre artistes, autorités, entrepreneurs et promoteurs culturels mais d’un autre coté le citoyen lambda en lui-même a sa part de responsabilité puisse que préférant s’approprier de la culture d’autrui au détriment de la sienne. Le résultat de ce manque de fierté est qu’il y a beaucoup plus de concerts à guichet fermé d’artistes étrangers maintenant en Guinée que ne serait-ce que de show-cases d’artistes locaux à Conakry, alors que tout près à Bamako, le rappeur Iba One fait le plein d’un stade de foot lors d’un concert. Le Namoungni Faré (danse traditionnel) fait actuellement la Une des danses urbaines à Conakry. On aurait pu profiter de cette occasion pour internationaliser cette danse, mais l’orgueil et le complexe guinéen ne l’ont pas du tout voulu.

Manque de reconnaissance aux ayants droit…

Ces dernières années, nombreux sont ces artistes guinéens qui sont rentrés au pays avec des distinctions pas des moindres. C’est le cas de Mariam Diallo pour Miss CEDEAO, Soul Bang’s pour le Prix Découverte RFI, les frères Sylla pour l’Afrique a un incroyable talent, Hakim Bah pour le Prix RFI Théâtre, Thierno Monenembo pour le Grand Prix de la Francophonie, Mory Kanté pour le Grand Prix Sacem des musiques du monde, ainsi que plusieurs autres créateurs et mannequins pour des évènements de mode africains mais aucune reconnaissance particulière pour encourager ces nouveaux ambassadeurs de la culture guinéenne.

Et pis, ces artistes sont obligés de se démerder tout seul pour aller représenter la Guinée à ces rencontres. Le plus aberrant dans tout ça, ce sont les représentations diplomatiques guinéennes qui ne pensent même pas à les soutenir ne serait ce que par leur présence. Le cas le plus illustratif de cet état de fait est la soirée de remise du Grand Prix Sacem des Musiques du Monde à Mory Kanté à Paris. Il n’y avait aucune délégation guinéenne dans la salle Pleyel, aucune délégation de l’ambassade de Guinée en France, pas d’hommes de culture ni moins d’artistes guinéens pour au moins faire flotter le tricolore. Le grand Mory Kanté s’est contenté des ovations à la française face à la joie minoritaire de 3 guinéens qui étaient dans la salle.

Manque de professionnalisme, concurrence déloyale et coup bas minent le showbiz

Avec à son compte l’un des meilleurs publics en Afrique, le monde de l’évènementiel guinéen souffre atrocement de manque d’organisation, de créativité et de professionnalisme. A chaque concert, les plaintes sont les mêmes : retard accusé ça et là, mauvaises sonorisations, installations techniques révolues et sécurité défaillante, sans oublier le traditionnel problème d’agents de sécurité qui brutalisent des spectateurs ou encore les falsifications de billets d’entrée. Viennent s’ajouter à cela, les coups bas qu’on connait entre promoteurs et artistes en période conflictuelle et la multiplication d’évènements qui se déroulent à la même date et parfois à la même heure. Bref, tout est réuni pour handicaper cet autre secteur qui s’efforce à résister à la marée du manque de soutien et d’accompagnement.

Plans de carrières et clips vidéos aux ambitions locales…

Malgré toute la popularité qui va avec, le succès de la plupart des artistes guinéens se résument au Palais du peuple et ne dépasse donc pas les frontières de la Guinée faute de grandes ambitions. Bien que talentueux, très peu d’entre eux parviennent à se vendre à l’international comme c’est le cas dans d’autres pays de la sous-région. La Guinée est actuellement le seul pays ouest africain où on ne retrouve pas une star qui fait bouger le monde. Pour nombre d’entre eux qui réussissent à faire des tournées à l’étranger, il faut souligner qu’ils le font dans des salles communautaires ou night clubs strictement réservés à la diaspora guinéenne. A côté de cela aussi, la mauvaise qualité des clips vidéos est un autre facteur qui nécessite une attention particulière afin de permettre la diffusion des œuvres de nos artistes sur les chaines de télés internationales.

Amadou II BARRY
ci2pita@hotmail.fr
www.visionjeunes.com

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2 comments

  1. la culture guineenne a des serieuses difficultée depuis en 1984 apres la prise du pouvoir par l armée. ce n est pas aujourdhui que la culture guinneenne a regressée. comme vous etes des haineux , vous mettez tout les problemes de la guinee de l independance a nos jours au compte du president alpha conde

  2. Donc si je comprends bien tous les Guinéens etaient assis pour attendre qu’Alpha arrive au pouvoir pour denoncer les maux de la Guinée depuis l’independance?
    Sinon qui ne sait pas que la culture Guinéenne est morte depuis la mort de Sekou Touré?
    Ah les Guinéens,surtout ces ufdgistes.la sont tres malhonnettes.

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