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Gestion des ordures : une épine sous les pieds des autorités communales de Labé

Quai de Sassé dans la commune urbaine de Labé

Connue autrefois pour sa propreté éclatante, la ville de Labé a désormais un autre visage. Entre immondices d’ordures et odeurs nauséabondes, la cité de Karamoko Alpha est devenue méconnaissable. En effet, les différents marchés, les carrefours et autres lieux publics de la commune urbaine restent envahis par les ordures qui se retrouvent partout et à tout moment, a constaté VisionGuinee.

A cela s’ajoutent une multitude de déments et chiens errants qui sont une réelle menace de santé publique. La rivière Sassé, qui traverse les quartiers Konkola et Kouroula, par exemple, n’est plus qu’un dépotoir à ciel ouvert. Conséquence, les riverains en courent les risques d’inondation pendant la saison des pluies.

Pour Aboubacar Baldé, étudiant en sociologie, la responsabilité citoyenne est mise en jeu : « Les citoyens doivent prendre conscience et arrêter de jeter les ordures dans les caniveaux. Sinon cela va provoquer plusieurs problèmes. En jetant des ordures dans les caniveaux, ces derniers vont se boucher. Et à la tombée de la pluie, cela va provoquer des inondations ».

Les premières pluies, tombées au mois avril, n’ont pas drainé toutes les ordures. Du coup, des odeurs nauséabondes se dégagent, constate Oury Bella Diallo, riveraine de la berge de Sassé. « Les gens ne déposent les ordures ici que la nuit. Si les graviers et la boue se rajoutent à ces ordures ; ça risque de devenir une montagne. Nous demandons l’aide de l’Etat pour enlever ces immondices », plaide cette citoyenne inquiète des risques d’inondation.

Les différentes équipes qui se sont succédé ces dernières décennies à la tête de la mairie de Labé se sont toutes cassé les dents sur la question de l’insalubrité, qui reste une équation sans solution pour l’heure.

Rivière de Sassé

Alpha Oumar Moromi Diallo, le chargé de l’assainissement au niveau de la délégation spéciale de Labé parle de mesures prises par les autorités communales. « Un mécanisme a été mis en place il y a plus d’un an et qui consiste à l’évacuation des déchets de la ville au niveau de la décharge de Tchiallakoun. Avec le gros camion que nous avons, nous nous sommes arrangés pour qu’il fasse deux tours par jour du lundi au samedi. Nous avons un second camion qui fait trois fois par semaine », explique-t-il, tout en reconnaissant des insuffisances et des failles.

Pour bon nombre d’observateurs, l’explosion démographique en est pour beaucoup. Car, disent-ils, la production journalière des déchets a triplé de nos jours. Et cela ne reste pas sans conséquence sur l’environnement, la santé et le bien-être des citoyens. Mamadou Kobera Diallo, chef section préfectorale de l’environnement de Labé regrette cet état de fait.

« Ces déchets rendent la vie difficile. Il y a des odeurs nauséabondes. Bientôt, des eaux de ruissellement qui vont rentrer dans les concessions. Pis encore, ces déchets sont sources de maladies. Les agents vecteurs de maladies s’y développent. Et selon les statistiques recueillies auprès des cliniques, le nombre de malades augmente en période hivernale. Et plus grave, 70% des déchets sont plastiques et non dégradables », s’inquiète M. Diallo qui préconise l’utilisation des emballages biodégradables.

‘’Le concours des citoyens est indispensable dans la gestion du problème d’insalubrité à Labé’’, estime Mamadou Baldé, ancien conseiller communal et agent de développement local. « Il faut que tous les citoyens qui vivent à Labé participent à l’assainissement de la ville. Il faut que tout le monde s’intéresse et s’implique sinon la ville ne sera jamais propre. Il faut que les chefs de quartiers et les citoyens s’impliquent. Tout se finance, il faut aboutir au système de pollueur-payeur. Mais il faudra trouver la stratégie pour le faire », propose-t-il.

La seule unité de compostage dans la préfecture de Labé tourne au ralenti, selon nos informations. Pendant ce temps, les citoyens continue de déverser comme si de rien n’était leurs ordures ménagères sur la  voie publique ou dans les rivières. Pour leur défense, ils pointent du doigt le manque de dépotoirs d’ordures.

De Labé, Kadiatou DIALLO, pour VisionGuinee.Info




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