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Le pays est bloqué (1ère partie)

Le président Alpha Condé, le chef de l’opposition officielle et la société civile peuvent trouver les solutions pour sortir le pays de ce labyrinthe. Le premier, le voudra-t-il ? Le second va-t-il collaborer ? L’autre groupe saura-t-il initier les actions nécessaires ?

En décembre 2004, j’avais soumis à la classe politique guinéenne une réflexion personnelle, pour suggérer des pistes de sortie de crise. Seul ElHadj Bah Ousmane, président de l’UPR, avait répondu. Bah Oury, membre fondateur de l’UFDG dont il est aujourd’hui exclu et Alpha Condé, aujourd’hui président de la République, avec lesquels j’échangeais régulièrement en avaient eu la primeur.

Aujourd’hui, mes suggestions d’il y a près de 14 années, sont d’actualités. Il faut une conférence nationale pour parler du présent et de l’avenir. Parce que le climat sociopolitique actuel de la Guinée renvoie des signaux dangereux, qu’il faut savoir et surtout pouvoir circonscrire alors qu’il est encore temps. Il faut que les dirigeants et l’opposition trouvent les solutions pour éviter à la génération des 20 à 40 ans de connaître les misères de la quasi-totalité des quadragénaires actuels et leurs aînés.

En Guinée, les transitions d’un pouvoir à l’autre (Sékou Touré et Lansana Conté ; Lansana Conté et Dadis Camara ; Dadis Camara et Sékouba Konaté et dans une très moindre mesure le même Sékouba Konaté et Alpha Condé) ne se sont pratiquement jamais bien déroulées. Si la dernière,  (Sékouba Konaté et Alpha Condé) s’est effectuée dans les formes normales, la suite des événements a démontré que le prédécesseur du président Alpha Condé est, aujourd’hui, comme persona non grata dans le pays qu’il a dirigé une année durant ; certains de ses proches ont ou ont eu maille avec la Justice.

Élections à problèmes

Au crépuscule de la présente législature, alors que les résultats des élections communales posent problèmes, comme d’ailleurs ceux des scrutins précédents (législatives de 2013 et présidentielle de 2015), l’avaient été, le pays est bien bloqué  politiquement, socialement et économiquement. Certains diront de cette situation que  tous les signaux sont au rouge.

Le président guinéen et ses partisans n’ont pas tort de dire que le chef de l’opposition officielle et les siens, à travers leurs diverses manifestations et opérations villes mortes, les ont empêchés de bien gouverner le pays. Mais Alpha Condé, ses conseillers, collaborateurs et autres courtisans ont-ils cherché à gouverner démocratiquement ? Rien n’est moins sûr. Et c’est sans doute la raison pour laquelle bien des analystes et commentateurs de la scène politique guinéenne ont estimé que le chef de l’État guinéen a de la peine à ôter son manteau d’opposant.

Pour un de ces analystes, « c’est certain que si en 2011, au début de son premier quinquennat, Alpha Condé s’était entouré d’une équipe de bâtisseurs, plutôt que de promoteurs du système du parti-Etat ou de laisser faire les spécialistes de financements par le budget national de projets mort-nés, ou encore de certains autres tenants de l’ethnocentrisme, qui lui ont fait croire que le Foutah (dont les originaires se sont sédentarisés sur le littoral guinéen et les régions avoisinantes et ce, depuis la fin de la période coloniale) ne le soutiendraient jamais, il aurait eu de biens meilleurs résultats ».

Même s’il s’en est rendu compte, en affirmant dans nombre de ses sorties publiques les tares de ses équipes gouvernementales, le président guinéen n’a pas apporté les corrections nécessaires. Dans les cercles commentant la vie politique, depuis mars dernier, on attend le remaniement ministériel annoncé par Alpha Condé.

Ce gouvernement sera-t-il ouvert à certains partis politiques ayant quitté les rangs de l’opposition ? Nombre d’analystes le croient. Sera-t-il dirigé par un militant du RPG Arc-en-ciel comme le souhaite la majorité présidentielle ? Ces mêmes analystes ne le croient pas. Ils souhaitent seulement qu’Alpha Condé s’entourent de quelques Tibou Kamara, qui lui conseilleront le dialogue et la concertation avec la classe politique et autres forces vives représentatives que comptes le pays.

Création d’institutions fortes

Au cours des dizaines de mois de gouvernance qu’il lui reste de son deuxième et dernier mandat Alpha Condé voudra-t-il le faire ? Ce qui est certain, c’est que quel que soit son successeur, homme ou femme, il héritera d’un pays mieux portant, avec la réalisation dans le bassin du fleuve Konkouré des ressources énergétiques indispensables pour toute industrialisation. Et pour cette fin de mandat qui est en train de s’accélérer, le chef de l’État guinéen gagnerait beaucoup en orientant ses efforts dans la création d’institutions fortes, basées sur une réelle politique de décentralisation. Ainsi, nul ne pourrait contester qu’il soit le père de la démocratie en Guinée.

De ce fait, il devrait commencer par suggérer à la mouvance présidentielle d’accepter de proposer à l’opposition la reprise des élections dans les 12 communes où les résultats sont contestés.

Comme dans un précédent article (Pour une reprise des élections dans les zones contestées), je tiens à souligner que, jusqu’à preuve du contraire, je suis membre du Comité central du RPG arc-en-ciel. Mon compagnonnage avec le président Alpha Condé date de plus de 30 ans. Mais la Guinée est plus importante que les partis politiques et les ethnies. Tout patriote se doit de le comprendre et agir en conséquence.

Ibrahima Sory BALDÉ

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