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Une autre stratégie de troisième mandat qui ne passera pas…

On entend souvent dire que la fin justifie les moyens. Cette citation est véritablement en exergue de nos jours en Guinée. Tout est bon pour conserver le pouvoir telle semble être la détermination de nos gouvernants.

Même les ministres sortants continuent de saisir des occasions pour affûter les armes de troisième mandant. Il suffit de savoir mieux scruter les discours politiques. En effet, selon le site Mosaiqueguinee, le ministre sortant de l’éducation nationale, dans une cérémonie fait savoir l’entrée du bilinguisme dans le système éducatif guinéen dès septembre 2018.

Une information qui pourrait réjouir plus d’un si le choix était fondé sur une stratégie de développement dans un contexte mondial de plus en plus technologique et complexe. Mais, je constate que le bilinguisme comprendra, pour ce septuagénaire, les langues française et soussou. C’est à saluer si le choix s’inscrivait dans la promotion des langues locales. Mais hélas.

À l’analyse, je fonde une croyance forte que ce choix a un enjeu purement et simplement politique. Comprendra celui qui voudra ! Sans vouloir offusquer qui que ce soit, quel pourrait être l’impact du choix de la langue soussou dans l’enseignement en Guinée dans le contexte actuel de la mondialisation ? Combien de guinéens ont bénéficié d’un boulot dans une société minière ou autres pour leur compétence linguistique locale ? Très peu !

Même si la connaissance des langues locales donnent de l’emploi au sein des ONG internationales intervenant dans les villages, il est de notoriété que cela figure peu dans les critères de recrutement. Combien de startup sont en langue soussou pour que celle-ci crée la convoitise des populations ?

Combien d’institutions internationales recrutent avec les critères langues locales ou encore organisent des conférences en langue soussou ? Que gagne un forestier, un malinké ou encore un foutanien dans l’apprentissage de la langue soussou ? Est-ce une façon de montrer la suprématie de cette langue par rapport aux autres ?

À l’observation et à l’analyse, c’est un projet hautement politique dont l’objectif consiste à exacerber les clivages linguistiques. C’est un projet à impact négatif sur le système éducatif et de ce que bons nombres de guinéens voudront que ce pays devienne.

Il serait alors salutaire à l’image du Rwanda avec quelques modifications de s’approprier la langue anglaise dans l’enseignement à côté de la langue française. Cela a un double avantage. Combien de jeunes guinéens partent dans les pays anglophones pour apprendre la langue anglaise aux fins de travailler dans les entreprises minières en Guinée ?

Combien de contrats miniers ont bénéficié de l’onction des chefs traditionnels pour la maîtrise des langues locales ou de la tradition ? Ne dit-on pas dans les milieux de la recherche que les bonnes études de recherche sont produites en anglais ? Combien de remèdes ont leur posologie en langue soussou ?

En somme, cette africanité si elle est mal employée peut dévoyer nos stratégies de développement. La Guinée doit tirer les leçons de son passé pour mieux apprécier le présent avec une volonté de se projeter bien dans le futur. Toutes les langues locales se valent. Leur promotion est indispensable. Aucune ne doit prétendre dans une dynamique de développement inclusive et participative se jeter au-devant de la scène nationale.

Ne dit-on pas que l’éducation d’une langue étrangère à soi est une forme de colonisation ? Si cela est le cas, alors… . La Guinée gagnerait à remodeliser son système éducatif à l’aune de sa projection de développement dans un délai bien défini.

Fodé BALDE
Jeune Républicain
La Guinée d’abord




One comment

  1. On aime tout coller à la politique. L’objectif du bilinguisme dont parle le ministre a un objectif bien précis : comprendre plus vite les leçons à partir de la transcription. Car selon les experts qui ont apporté le projet, l’expérience de certains pays a montré que l’enfant apprend plus aisément lorsqu’il commence à étudier dans sa langue. Le choix du SOUSSOU s’inscrit dans une logique d’expérimentation, et plus tard le projet pourra s’étendre aux autres langues les plus parlées. Les pays sud-africains en savent plus.

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