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Le Bac, un échec pour tous !

Ce désastre que l’on appelle Bac unique, s’il nous informe sur le niveau catastrophique des élèves, il en dit autant sur la performance de nos dirigeants. Il y a de cela des années depuis que l’école guinéenne s’est effondrée mais il n y a eu aucune tentative de la réformer de façon sérieuse et audacieuse.

Oui, les élèves et leurs parents ont leur part de responsabilité dans ce débâcle. Cependant, l’État est le plus grand coupable car c’est lui qui a la responsabilité d’assurer l’éducation des enfants. Dès l’âge de six ou sept ans, les enfants sont confiés au système éducatif pour assurer leur formation. S’ils en sortent avec des niveaux souterrains, à qui alors la faute si ce n’est le système avec tous ses acteurs ?

Le système éducatif doit être repensé. L’école devrait attirer les meilleurs pour assurer la formation des enfants et non pas ceux qui ont été recalés ailleurs. Le niveau des élèves ne reflète en quelque sorte que celui de leurs formateurs. L’État devrait réguler la profession d’enseignant ainsi que la création d’écoles privées.

Normalement, ne peut se faire appeler enseignant qui le veut. Les enseignants devraient être ceux qui sont formés dans les écoles spécialisées dans le domaine de l’éducation. Le recrutement dans ces écoles devraient se faire sur la base d’examens pour des individus ayant rempli un certain nombre de conditions. Par exemple pour être un enseignant, il faudrait avoir le niveau licence et faire deux années supplémentaires de formation dans une école d’éducation ou faire cinq années de formation lorsqu’on a que le niveau du Baccalauréat ou avoir au minimum une maîtrise dans un domaine bien spécifique.

L’État en imposant un niveau minimum de formation pour être enseignant, devrait aussi imposer un salaire minimum pour tous les enseignants du pays. Qu’ils soient du secteur privé ou public. En rehaussant le niveau requis ainsi que le traitement des enseignants, il va sans doute attirer les meilleurs dans la profession.

Par ailleurs, l’ouverture d’écoles privées devrait obéir à un certain nombre de règles. Non seulement le cadre doit être approprié, mais les enseignants qualifiés ainsi que les équipements doivent être disponibles. Ensuite, il faut exiger de ces écoles un minimum de réussite dans les examens nationaux. Toute école qui aurait par exemple fait un taux de réussite de moins de 50% devrait être sanctionnée. Dans les écoles publiques, on peut suspendre le directeur et les encadreurs. Pour les écoles privées, on peut leur imposer des pénalités et/ou les interdire de présenter des candidats aux examens nationaux pour au moins un an. Ceci pourrait causer un exode d’élèves vers d’autres établissements privés plus qualifiés.

L’Etat guinéen devrait aussi revoir ses priorités dans le domaine de l’éducation. Aujourd’hui, l’État prend en charge l’enseignement universitaire pour tous ceux qui ont obtenu le Baccalauréat en leur garantissant une formation gratuite dans les universités publiques ou privées. Ceci montre que l’enseignement supérieur reste la priorité de l’État. Pourtant, la priorité devrait être l’enseignement élémentaire et professionnel.

L’enseignement élémentaire devrait être obligatoire jusqu’à un certain âge ou niveau et  gratuit pour tous les enfants du pays. Ceux qui après la douzième année feront le choix des écoles techniques et professionnelles devraient être accompagnés par l’État. Les universités ne devraient pas être le point de chute pour tout le monde. Je pense que le concours d’accès à l’université devrait être rétabli surtout pour l’accès à certaines filières comme la médecine, etc.

Si l’État n’a pas les moyens suffisants pour recevoir tous les bacheliers dans nos universités, il ne devrait pas se servir du Baccalauréat pour les recaler. Il faut permettre aux  enfants méritants d’obtenir leur Baccalauréat et réinstaurer le concours d’accès à l’Université. Ainsi, s’ils ont au moins le Bac, ils pourront tenter à leurs frais l’inscription dans les universités privées ou dans les pays étrangers

L’État devrait aussi professionnaliser l’apprentissage des métiers et favoriser la formation élémentaire et professionnelle dans nos langues. Si un individu peut apprendre la maçonnerie ou la mécanique dans le quartier auprès d’un maître sans être allé à l’école, ceci veut dire que l’État pourrait ouvrir des centres de formation ou de réinsertion professionnelle dans nos langues. Ceci permettra surtout à ceux qui n’avaient pas reçu de formation scolaire de se professionnaliser et d’avoir les outils nécessaires pour mieux gérer leur métier ou profession. En retour, l’État pourrait plus gagner en impôt.

Finalement, des projets pilotes dans certains pays de la sous région ont montré que les enfants qui entament leur éducation dans la langue qu’ils parlent en famille et dans le quartier sont plus performants même en français que les enfants qui sont enseignés uniquement en français. Nous devrons donc avoir le courage et la volonté  d’essayer des solutions plus audacieuses et ambitieuse si nous voulons sauver l’éducation guinéenne. Si l’éducation est ratée, c’est l’avenir du pays qui est perdu. Nous devons agir avant qu’il ne soit tard.

Si le président est sérieux, il devrait profiter de cette occasion pour limoger le ministre de l’enseignement pré-universitaire. Je sais qu’il n’a peut-être pas grand-chose à voir avec ce résultat catastrophique, cependant, il devrait au moins payer pour la fuite massive des épreuves du baccalauréat.  En le limogeant, le président  enverra ainsi un message fort à l’endroit de celui qui va le remplacer. À défaut de le virer, le président devrait exiger de lui ainsi que du ministre de l’enseignement supérieur et cela dans un bref délai des propositions concrètes de réforme du secteur de l’éducation.

Sans des réformes sérieuses pour rehausser le niveau de l’éducation guinéenne, nous perdrons sans doute la bataille de l’avenir.

Abdoulaye Barry
Portland, OR USA
ajbarry@live.com

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One comment

  1. L’échec cuisant au Bac est le reflet de l’échec du gouvernement Alpha Condé.Prière revoir votre politique sur l’éducation.

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