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Echec d’une nation ! A qui la faute ?

Voulons-nous d’un pays où chacun sera apprécié non pas en fonction de son nom ou de sa région mais en fonction de ses compétences ? Alors unissons-nous et bâtissons une nation juste et équitable.

Une nation ne se définit pas simplement par un pont ou un poteau. Ce n’est pas non plus une simple addition de villages ou de villes. Le drapeau ou l’hymne ne sont que des symboles d’un Etat, mais ils ne constituent pas l’essence de la nation.

Une nation se définit non seulement par un idéal partagé, une identité commune dans laquelle se reconnaissent toutes les composantes sociales du pays, mais aussi par un pouvoir équitable dans la répartition des chances et des opportunités.

Le repli identitaire n’est que l’expression de l’échec de nos gouvernants dans la construction de la nation guinéenne. Si chaque individu qui arrive au pouvoir ne se préoccupe que de sa personne et de son clan, la logique humaine voudrait que chaque clan se batte pour l’arrivée d’un de ses membres au pouvoir. Par conséquent, la République ou la chose commune se vidant de son essence, les individus s’identifieront beaucoup plus par leur clan que par la nation car la ‘’Res Publica’’ ou chose publique n’étant pas réellement commune.

L’équité, la justice et le respect sont des valeurs que nous devons exiger de nos dirigeants. Lorsque tous les citoyens seront traités équitablement devant la justice et dans l’accès aux opportunités, nous ne trouverons pas de raison à vouloir que celui qui dirige soit forcément un des nôtres. Nous nous battrons plutôt pour que celui qui partage notre idéal et qui nous propose des solutions concrètes à nos problèmes soit celui qui dirige.

Malheureusement en Guinée, nous n’avons eu que des dirigeants ou des leaders politiques qui amplifient nos différences, non pas pour les valoriser, mais pour nous diviser afin de conquérir ou de conserver le pouvoir. Mêmes certains de nos intellectuels et de nos leaders d’opinions sont devenus des agents de la division. Aujourd’hui, même l’histoire du pays se raconte ou s’écrit avec un parti pris.

Alors comment pourrions-nous construire une nation dans ces conditions ? Pourtant, tant que les moments de joie et de douleur du pays ne seront pas partagés par tous les fils et filles de ce pays, nous n’aurons pas réussi à créer une nation. Tant que nous ne nous reconnaîtrons pas tous dans notre histoire et notre destinée communes, nous n’aurons pas construit une Guinée pour tous. Il est tout de même dommage que dans ce même pays qu’on rêve de transformer en nation, que les héros des uns soient les vilains des autres.

À la jeunesse de prendre conscience que nous sommes victimes ensemble et que ce n’est qu’à un minuscule groupe d’individus que profite le système actuel. La pauvreté ne fait pas de différence entre les communautés ou les régions. Les mauvaises routes, le manque d’eau et d’électricité, l’injustice et l’insalubrité, nous en sommes tous victimes. Ces tares sociétales ne connaissent pas d’ethnies ou de régions. Elles sévissent partout. Alors réveillons-nous avant qu’il ne soit trop tard !

Heureusement qu’il ne l’est pas encore. Si Adolfo Suarez a réussi en un an a opéré en une transition démocratique en Espagne qui jusqu’en 1975 était sous l’emprise de la dictature de Franco, nous pouvons le réussir aussi. Suarez était un visionnaire qui en dépit du fait d’être un nationaliste inconnu du public, avait réussi à fédérer toutes les composantes politiques et sociales de son pays derrière son agenda.

Bien qu’étant de la droite, il forme d’abord un gouvernement composé de plusieurs membres de la gauche. Ensuite, il engage des réformes profondes dans le pays. Il libère tous les prisonniers politiques et démantèle toute la machinerie politique dont se servait le despote Franco et dont il aurait pourtant pu utiliser à son service s’il voulait continuer la dictature. Cependant, l’intérêt de son pays le préoccupait beaucoup plus que le pouvoir.

L’Espagne lui est restée reconnaissante. Non seulement le Roi lui confère le titre de Duc mais l’aéroport international de Madrid porte son nom aujourd’hui.

Imaginons un peu si au lieu de se servir des réseaux corrompus et mafieux hérités du régime de Conté pour assoir son pouvoir, notre président s’était attelé à les démanteler, il aurait pu certainement nous conduire vers un renouveau. Imaginons si au lieu de se faire des prisonniers politiques, qu’il avait libéré les détenus politiques et poussé pour un dénouement juridique rapide des massacres du 28 septembre, il serait devenu un vrai rassembleur. Imaginons enfin si à son arrivée au pouvoir Alpha Condé s’était uniquement attelé à construire un Etat démocratique dans le vrai sens du mot,  ça aurait fait de lui un héros.  Hélas !

Il n’a fait rien de tout ceci et il ne pourra plus le faire. À nous de prendre la relève et de s’assurer que le prochain dirigeant de notre pays sera notre Alfonso Suarez, notre Georges Washington ou notre Nelson Mandela. Celui qui libérera notre pays des démons de la division, de la corruption et de la mauvaise gouvernance.

Abdoulaye BARRY
ajbarry@live.com
Portland, OR USA

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One comment

  1. C’est le raisonnement d’un intellectuel loin de l’esprit africain, merci pour cet apport

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