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Massacre du 28 septembre : ‘’Neuf ans après, on n’a toujours pas vu le corps de mon mari’’, raconte une veuve

Le 28 septembre 2009, le massacre au stade de Conakry a fait au moins 156 morts, 109 cas de viols  et 89 portés disparus, selon le bilan de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH). Neuf ans après, les victimes attendent toujours que justice soit rendue.

Kadiatou Barry, 30 ans, a perdu son mari qui séjournait à Conakry le jour du massacre. A VisionGuinee, elle raconte les circonstances dans lesquelles elle a appris la disparition de son mari.

VisionGuinee :  Vous avez perdu votre époux le 28 septembre. Comment avez-vous appris la nouvelle ?

Kadiatou Barry : Mon mari s’appelait Alpha Oumar Diallo. Il vivait en Espagne. Il est venu à Conakry pour 30 jours de congés. Il devait rentrer le 30 septembre 2009 et le massacre a eu lieu le 28 septembre au stade. Neuf après, on n’a toujours pas vu son corps. On devait partir ensemble au stade, mais vu que j’avais quelques corvées à la maison, il m’a devancée. On était en contact jusqu’à l’arrivée de l’opposant Mouctar Diallo. Quand j’ai fini de travailler à la maison, je suis sortie pour le stade. C’est au niveau de la Belle-vue que j’ai perdu contact avec lui. C’est à travers une image que j’ai pu identifier son corps’’.

Neuf ans après, comment vivez-vous aujourd’hui sa disparition ?

C’est avec une douleur immense que nous  vivons  sa disparition. Nous souffrons encore. Nous n’avons retrouvé aucun corps sur lequel se recueillir et faire notre deuil. On a tout fait pour trouver des fosses communes afin d’identifier le corps, mais en vain.

 Avez-vous bénéficié de soutiens ?

Personnellement, j’ai eu beaucoup de soutien moral des  institutions  et associations. Pour l’instant, je n’ai bénéficié d’aucun soutien financier. J’ai fait une déclaration à l’OGDH, FIDH, j’ai mes dossiers qui sont là-bas. J’ai entendu qu’il y a eu des financements, mais je n’ai rien reçu.

Qu’attendez-vous de l’Etat ?

Tout ce que je demande à l’Etat guinéen et à toutes les institutions de défense des droits de l’homme en charge de l’affaire sur le massacre du 28 septembre, c’est de faire la lumière sur cette tragédie. Nous aimerions voir les restes de mon mari pour que nous puissions nous recueillir sur sa tombe.

Pathé BAH, pour VisionGuinee.Info

00224 621 77 38 52/bahpathe17@gmail.com




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