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Elhadj Mamoudou Soumah, l’autre Kountigui, met les points sur les i : ‘’la Basse Guinée est un ensemble d’ethnies…’’

Lors d’une réunion des fils de la Basse Côte tenue le samedi 1er novembre à Tanènè, le chef coutumier de la région, Elhadj Sékhouna Soumah a interdit la vente de parcelles de terres à des étrangers. Elhadj Mamoudou Soumah, l’autre Kountigui de la Basse Guinée désapprouve cette décision. Il l’a fait savoir dans un entretien accordé à VisionGuinee.

VisionGuinee : Elhadj, quelles sont les composantes ethniques de la Basse Côte ?

En Basse Guinée, il y a 14 groupes ethniques dont les soussous, les landoumas, les Mikhiforés, les dialounkés, les diakhankés, les peulhs, les malinkés, et tant d’autres (…). Tous ces peuples ont vécu pendant des siècles ensemble dans la localité.

Le débat fait rage sur la question d’étrangers et d’autochtones. Qui peut-on considérer comme étrangers dans cette région ?

Est-ce que quelqu’un peut dire qui celui-là est étranger et ne doit pas ceci ou cela ? Celui qui dit qu’on ne doit pas vendre ou donner un terrain à un étranger, lui, il vient d’où ? Il faut qu’il arrive d’abord à se définir. Avant de juger les autres, il faut se connaitre. Les Soumah viennent de l’empire soussou. C’est un nom qui, de déformation en déformation à travers les âges, est devenu Soumah. Sinon c’est Soomah. Dans l’empire soussou, les Soomah, c’est-à-dire maitres des sciences occultes. Moi qui suis Soumah, est-ce que je suis détenteur des sciences occultes aujourd’hui ? Je n’y connais absolument.

L’affaire d’étrangers doit être bannie de notre langage. L’étranger, c’est celui qui est venu aujourd’hui. Demain, il n’est plus étranger. L’étranger, c’est celui qui est de passage sur un territoire, qui n’est pas intégré au sein de la communauté. Dès qu’il s’intègre, il n’est plus étranger. La Basse Guinée est un ensemble d’ethnies. La langue des soussous, c’est le sossokhoui. Le libanais qui habite en Basse Guinée parle le sossokhoui. De même pour le sénégalais, le peulh, le malinké. Est-ce que je peux me lever un beau jour, en tant que Kountigui, et dire il n’y a qu’une seule ethnie ici ? Non. Le faire, c’est une très grave ignorance. Même dans un village, on ne peut pas dire qu’il n’y a qu’une seule ethnie.

Face à cette situation, quel message avez-vous à lancer à la population ?

Il faut combattre cette idée d’étrangers. Si nous, qui sommes vos ainés, commettons ces fautes graves, il faudrait que vous vous levez pour nous combattre en nous rappelant que nous n’avons pas le droit d’obstruer votre avenir. Vous, en tant que jeunes, devez nous dire ‘si vous vous avez fini votre vie, il ne faut pas que l’argent vous pousse à raconter des histoires’.

Par Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

00224 666 905 416/boussouriou.bah@visionguinee.Info




2 comments

  1. Je suis foncièrement opposé à la suppression des coordinations de sages dans nos régions. Car c’est en supprimant la chefferie traditionnelle au lieu de s’aviser simplement de la restructurer, que le dictateur revanchard SST avait cassé le fonctionnement de nos structures de production rurales, entre autres.
    Dans des pays comme le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Cameroun ou autres, où l’autorité naturelle de ces chefs traditionnels ou religieux avait été judicieusement mise à profit pour « assister » les nouvelles autorités administratives dans la gestion des localités rurales, cela a produit partout des effets bénéfiques qui diffèrent à tous points de vue du marasme que nous vivons dans nos zones rurales notamment, depuis l’indépendance du pays.
    A la lecture des propos sages et responsables de cet autre Kountigui de la Basse-Côte (Elhadj Mamoudou Soumah, ndl.), l’on mesure encore plus les dangers d’explosion que la gouvernance d’AC est en train de faire courir à la nation guinéenne; en usant de nos deniers publics pour creuser les clivages ethniques.
    Mais comme on le voit, si les nouvelles générations de Guinéens sont promises à un avenir plus prometteur dans ce pays, cela ne se fera qu’avec un pari réussi d’une unité du peuple qui soit enfin réelle et effective, au-delà des appartenances régionales ou ethniques, confessions religieuses et sensibilités politiques des uns et des autres. Was-Salam !!

  2. C’est sa un vrai kountigui celui qui rassemble les Guinéenne

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