Ecobank
AfrikaTech
AGC
SENACIP
Accueil » Libre opinion » Le pays est toujours bloqué*

Le pays est toujours bloqué*

Le chef de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo et certains leaders de l’opposition républicaine ont appelé à manifester de nouveau, jeudi prochain. Particularité de cette nouvelle manifestation, différents points de départs ont été prévus. Mais il n’est pas sûr que les populations soient à ce rendez-vous. Le chef de l’opposition officielle ne se rend-t-il pas compte que ses militants sont fatigués de ce qu’ils qualifient « de marches inutiles » ?

Depuis fin septembre dernier, du fait de la grève menée par le SLEGG (Syndicat libre des enseignants et chercheur de Guinée), notre pays vit une grave crise sociale à laquelle, commentent certains, « l’UFDG et ses acolytes semblent vouloir se coller pour faire des revendications ». Réunis jeudi dernier au siège du parti de Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition officielle, cette frange de partis politiques a décidé d’organiser une conférence de presse mardi prochain et, deux jours plus tard, occuper différents points de Conakry en vue de tenir une marche avec pour lieu de ralliement l’Esplanade du Palais du peuple, à la porte de Kaloum, quartier administratif de la capitale.

Le problème, estiment des analystes, « c’est que l’UFDG et ses partenaires politiques, comme le leur a conseillé Makanera, leur ancien compagnon, doivent changer de stratégie. D’ailleurs, avant ce dernier, Sidya Touré, président de l’UFR, l’avait également estimé. Ces marches, même si elles ne se soldaient pas par des morts et des blessés, sont maintenant improductives. C’est plus les militants et sympathisants de l’UFDG qui en souffrent ; car ce sont leurs activités qui sont perturbées à l’occasion des marches et après, c’est dans leurs quartiers que la troupe fait ses descentes punitives ».

Tourner la page

Pour eux, « marcher pour chercher à faire changer des résultats des communales de février dernier est inutile. Car, le 8 août dernier, le 8 août dernier ils se sont fait de nouveau rouler facilement par Alpha Condé à l’occasion d’accords qui ont fait sauter leur coalition. Il faut tourner cette page et s’investir dans l’organisation des futures échéances électorales ».

Dans certains milieux de l’UFDG, certains souhaitent «qu’au lieu d’aller se faire rouler par Alpha, il faudrait plutôt mettre sur pied une stratégie basée sur des conférences portant sur des programmes de développement dans tous les domaines. C’est ce qui intéresse les gens. Ou encore parler de décentralisation, d’emplois, de sécurité, d’infrastructures au lieu de perdre du temps à parler de manœuvres en vue d’un 3ème mandat pour Alpha Condé, d’élections truquées ».

Est-ce le déploiement des forces militaires aux côtés de la gendarmerie et de la police qui a commandé cette nouvelle vision de ces militants de l’opposition ?

La grève du SLECG

« Non », s’empresse de répondre l’un d’entre eux qui estime qu’à «l’heure actuelle, tous les partis politiques, notamment le RPG, l’UFDG, l’UFR ne devraient se consacrer qu’à la résolution de cette grève dirigée par le SLECG et cesser de nous parler de l’installation des conseillers communaux. A ce niveau, on sait que le RPG fait ce qui l’arrange ». Pour lui, « cette grève touche directement la quasi-totalité des familles de ce pays. A commencer par celles des gendarmes, des policiers, des militaires.

« Ceux que vous voyez dans les postes d’appui où sont déployés des gendarmes et des militaires aux côtés des policiers ont des enfants, des parents qui sont victimes de cette situation. C’est ce qu’il faut régler et non chercher à étouffer les marches de l’Opposition par l’installation de ces postes qui n’ont rien changé dans les bouchons ou la sécurité dans les quartiers. Ils sont là pour contrecarrer Cellou et ses compagnons. Quand ça chauffe ici, dans le reste de la ville, même juste à côté Kipé, Nongo, Kaporo ou encore aviation, ça roule sans problèmes. Le pouvoir est en train de créer une situation dangereuse dans nos quartiers dits de l’opposition qui deviennent des volcans dont l’irruption sera catastrophique pour le pays».

Une colombe

Pour eux, « le SLECG doit accepter de retourner autour de la table de négociation et ne pas refuser la présence d’autres syndicats de l’Éducation, de l’Enseignement et de la Recherche scientifique. On sait que l’Etat n’a pas les moyens de satisfaire les 8 millions mais, s’il est de bonne foi, il peut au moins offrir aux petits salaires des augmentations de 50 voire même de 60 pour cent, 30 à 40 pour les moyens et 20 à 25 aux gros salaires.

A cette occasion, exiger que l’entente soit minimalement de 3 années et une rectification du calendrier scolaire actuel afin de rattraper le temps perdu». Avec une telle mesure, Général Aboubacar Soumah et sa troupe pourraient trouver la porte de sortie pour signer ce que certains appellent la paix des braves. Et la tension sociopolitique baisserait d’un cran.

Dr. Ibrahima Kassory Fofana, Premier Ministre guinéen est connu pour être une Colombe. Et dans le contexte actuel, après deux mois de blocages, il est temps qu’il comprenne que le moment est arrivé de mettre fin à cette crise qui fait mal à toutes les familles dont les enfants sont condamnés à rester à la maison pratiquement.

En invitant le SLECG et d’autres syndicats de l’Éducation à un nouvel round de négociations, il devrait retirer la condition relative à la suspension de la grève qu’il a fixée. Avec une telle mesure, la pression ne serait plus alors que du seul côté des grévistes, qui se sentiront obligés d’occuper leurs places autour de la table. Et là, chaque partie, comme lors de toute négociation, lâchera du lest en vue d’un compromis tenant comptes des revendications des syndicats et des capacités de l’Etat à supporter les demandes syndicales.

Jusqu’à preuve du contraire, je suis membre du Comité central du RPG Arc-en-ciel. Mon compagnonnage avec le président Alpha Condé date de plus de 30 ans. Mais la Guinée est plus importante que les partis politiques et les ethnies. Tout patriote se doit de le comprendre et agir en conséquence.

Ibrahima Sory BALDÉ

*Lire la première partie de l’article ‘Le pays est bloqué’ en cliquant ici




Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Suivez nous sur les Réseaux sociaux !

Cliquez sur les boutons ci-dessous pour suivre les dernières actualités de VisionGuinee.info