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Pas d’élections avant 2020 (opinion)

En prorogeant le mandat des députés, pour une période indéterminée, le Président Alpha Condé résout, temporairement, le problème de l’organisation d’élections législatives qui, dans les conditions actuelles, seront contestées.

Et si la classe politique, sur cette lancée du Chef de l’État guinéen, s’entendait pour mettre en place une assemblée consensuelle, procéder à une mise à jour de la Constitution afin, par exemple, de créer des Exécutifs et Conseils régionaux, qui seront élus en même temps que le Président de la République et les Députés en octobre 2020 ?

Déstabilisée par des revendications sociopolitiques depuis l’installation du Président Alpha Condé en décembre 2010, la Guinée, qui vient de fêter ses 60 ans de souveraineté dans la pauvreté, est loin de réunir les conditions minimales pour faire face au renouvellement de sa députation. Le Professeur Alpha Condé a été bien éclairé de ne pas engager le pays dans l’organisation d’élections, qui seront non seulement contestées mais, qui ne feront qu’aggraver son très mauvais climat sociopolitique.

Sa classe politique, Mouvance et Opposition (s) confondues, toujours embourbée dans des querelles partisanes, plutôt que de s’investir dans la recherche de voies pouvant permettre le train Guinée de rouler sur les rails menant vers l’émergence continue de se déchirer sur la place publique. L’UFR de Sidya Touré et l’UFDG de Cellou Dalein Diallo, même si elles n’ont pas le même poids sur l’échiquier politique guinéen, sont cependant les deux principales formations de l’Opposition guinéenne. Elles ont des divergences sur presque tout, mais s’entendent au moins sur un point : le toilettage du fichier électoral.

Nécessité de réformes administratives et politiques

Et pour le succès d’une telle opération d’enrôlement des électeurs, pour un pays comme la Guinée, il faudrait compter dans le meilleur des cas fin 2019, voire même début 2020. Une des raisons pour engager le pays dans des réformes pour que toutes les élections ne se tiennent qu’entre septembre et mi-octobre 2020.

Pour cela, les forces vives de la Nation (Partis politiques et Organisations de la société civile) devraient convenir pour engager des réformes administratives et politiques afin  que les lois et règlements nécessaires permettant un couplage de l’élection présidentielle à celle des députés, des Gouverneurs et Conseillers régionaux. Ainsi, le Président élu, dès l’entame de son mandat, aura une majorité pour gouverner et, l’élection de parlements régionaux et la mise en place d’exécutifs régionaux, permettront également une dépollution du paysage politique de Conakry, qui ne sera plus le seul pôle de décisions du développement socioéconomique et politique du pays, vers les capitales régionales.

Sidya ne veut pas de télescopage

En se référant à sa déclaration de décembre dernier, dans le cadre d’une conférence de presse, suite à sa démission du poste de Haut représentant du Chef de l’État, on peut estimer que Sidya Touré, le Président de l’UFR, n’est pas favorable à un tel couplage lorsqu’il déclare : « Si nous devons nous asseoir ici et rester pendant 2 ans sans qu’il n’y ait des élections législatives, ça veut dire que les guinéens n’ont plus envie de se battre. Pour nous, il n’y aura pas de télescopage ». Pourtant, dans un tel scénario, c’est le chef de l’UFR, dont les principaux lieutenants prédisent qu’il sera le successeur d’Alpha Condé, qui pourrait en être le grand bénéficiaire.

N’ayant jamais fait mieux que la 3ème place, loin derrière le duo RPG arc-en-ciel du Professeur Alpha Condé et UFDG, du Chef de l’Opposition officielle, Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré est dans une position de fédérer différents courants politiques pour mettre en place une troisième voie dans ce que certains analystes prédisent qu’elle aura toutes les chances d’être « une force politique de premier plan, pouvant concurrencer la machine de l’UFDG essoufflée par les différentes manifestations de rue interdites et mâtées par le pouvoir et se poser comme alternance si le RPG arc-en-ciel n’arrive pas à remettre sa machine en marche.

Convaincu qu’il a ses chances, l’ex Haut représentant d’Alpha Condé prévient : « le mandat du président est impératif, il est de 5 ans. On ne peut pas faire un glissement du calendrier». Est-ce à dire que pour lui, législatives ou pas, cela ne le dérangerait pas et que, pour son parti,  il faudrait se focaliser sur la  présidentielle de 2020 ?

Une assemblée représentative et la CENI à la Société civile

En légalisant l’assemblée élue en 2013, le président Guinéen devrait maintenant inviter les forces vives (partis politiques et société civile) à travailler pour mettre en place une assemblée consensuelle et plus représentative du paysage politique et composée uniquement d’acteurs politiques. Ce qui serait une manière « d’acheter » la paix, nécessaire à tout développement.

Ainsi, comme je le suggérais récemment dans ma tribune publiée le 31 décembre 2018 la mise en place d’une assemblée consensuelle, qui comprendrait les 114 élus en 2013 ou leurs remplaçants et, chaque formation ayant obtenu des conseillers communaux verrait un de ses membres désigné comme député. Chaque parti ayant eu des élus en 2013 pourra reconduire son représentant ou en désigner un nouveau ou une nouvelle.

Pour la recomposition de la CENI, ni l’Administration ni les partis politiques ne devraient avoir de représentants au sein de l’organisation ; qu’aucun quota ne soit attribué pour quelque corporation que ce soit. Sa composition devrait être faite de la base vers le sommet. Que les bureaux au niveau sous/préfectoral soient élus et qu’ils désignent en leur sein les membres des bureaux préfectoraux qui, à leur tour, choisiront parmi eux les membres de la CENI. Que parmi les membres actuels de la CENI, ne soient  admis au sein de l’organisme que seuls les membres de la société civile, qui se feront élire par les Comités préfectoraux et ce, s’être faits élire au niveau sous/préfectoral.

De l’emploi pour 1300 jeunes universitaires

Il est possible de trouver du financement (j’offre mes services pour contribuer à trouver cette dizaine de millions de dollars) pour procéder au recensement des électeurs et de la population en général, proposer une cartographie électorale réaliste et aider à la fabrication du matériel électoral, en offrant un emploi temporaire de 6 mois à au moins 1300 diplômés (3 par sous préfecture, dont ils/elles seront des originaires) et les autres à Conakry. Il serait donc souhaitable que les Forces vives, Mouvance et Opposition confondues, mettent les intérêts du pays au devant de toutes les préoccupations. Pour des élections incontestables (libres, inclusives et transparentes) il faut un fichier électoral accepté par les principales forces politiques et sociales en présence. Il faut une CENI technique, qui ne compte pas de représentants de partis politiques.

Serais-je compris ?

Ibrahima Sory BALDÉ

N.B. Dans le prochain article, j’expliquerai davantage ma position sur les articles 27 et 154, qui traitent du mandat du Président de la République de Guinée.




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