Ecobank
AfrikaTech
AGC
Forum du Numérique au Foutah
Accueil » Société » Affaire Grenade de l’UFDG : ‘’C’est un dossier politico-judiciaire monté de toutes pièces’’

Affaire Grenade de l’UFDG : ‘’C’est un dossier politico-judiciaire monté de toutes pièces’’

L’avocat Maitre Salifou Béavogui qualifie de situation ‘’inédite et inexplicable’’ dans laquelle se retrouve aujourd’hui Boubacar Diallo alias Grenade dont le procès a débuté, ce lundi 11 février, au tribunal de première instance de Dixinn.

L’homme en robe noire estime que ce militant de l’UFDG est victime d’arbitraire, d’injustice et d’abus d’autorité. ‘’Il est considéré plus qu’un criminel de guerre. Il a été interpellé en dehors de toute procédure, présenté à un juge d’instruction, inculpé sans avocat, puis transféré à Kindia’’, déclare Maitre Salifou Béavogui.

Procès de la honte

A la barre, Grenade a indiqué au juge qu’il a perdu 17 de ses amis pendant les manifestations. Selon son avocat, le 18e avec lequel l’accusé partageait la même chambre a été froidement assassiné. ‘’Il les a tous accompagnés au cimetière de Bambeto. Aucune justice n’a été rendue sur ces cas’’, a-t-il fait remarquer.

‘’C’est le procès de la honte et du non droit’’, martèle Maitre Béavogui qui ajoute dès son interpellation et son déferrement au tribunal, le collectif des avocats a attaqué la procédure. ‘’Depuis le 23 avril 2018, la procédure a été annulée. Tout le dossier a été annulé pour violation substantielle des règles de droit de la défense. Il devait être purement et simplement libéré. Mais on a continué à le garder, je ne sais pas pour faire plaisir à qui’’, déplore-t-il.

Torturé pour accuser l’entourage de Dalein

Pour faire des aveux, Boubacar Diallo alias Grenade a déclaré avoir été torturé par les limiers. ‘’Il a été torturé pour qu’il puisse dénoncer l’honorable Ousmane Gaoual Diallo et Hadja Halimatou Dalein Diallo dans cette affaire. Mais il ne peut pas accuser fortuitement des personnes dès lors que lui-même il n’est coupable de rien’’, assure l’avocat de la défense qui parle de vice de procédures.

Dans le dossier, indique Maitre Salifou Béavogui, ‘’on parle de tentative de meurtre, alors que celui ou les gendarmes qui ont pensé qu’ils ont été victimes de cette tentative n’ont jamais été entendus par les magistrats. Ils n’ont jamais été confrontés à notre client de l’enquête préliminaire jusqu’à la barre’’.

Selon lui, ces gendarmes, dont l’identité n’a pas été révélée au public, ont inventé une histoire dans le but de neutraliser Grenade. ‘’Ils ont dit des contrevérités. Il n’a jamais tenté de tirer sur un gendarme. Au contraire, c’est lui qui a reçu deux balles. Il a été traité en Guinée avant de partir consolider son traitement au Sénégal’’, argumente-t-il.

Des traces d’armes de guerre introuvables

L’avocat Béavogui affirme que son client est accusé de détention illégale d’armes de guerre. Or, dit-il, dans tous les procès où ‘’on parle de détention illégale d’armes de guerre, surtout qu’on lui a fait prendre des photos à la gendarmerie, ces armes devaient être présentées au tribunal’’.

‘’Dans le dossier, il n’existe la trace d’aucune arme placée sous scellé, même un récépissé délivré par le greffé qui atteste que cette arme a été placée sous scellé. Pour égarer le tribunal, le procureur a tenté de nous faire avaler l’argument selon lequel les armes de guerre sont directement envoyées dans les garnisons militaires’’.

‘’Les armes de guerre saisies sur des bandits doivent être mises en sécurité. Mais si elles passent par la justice, celui-ci doit délivrer un document qui doit figurer dans le dossier avant que cette arme ne soit destinée à la garnison. Dans le dossier, il n’existe aucune trace d’une arme en dehors des photos que notre client a eu à prendre sous l’effet de la contrainte à la gendarmerie’’, assure-t-il devant la presse.

Pis encore, selon lui, aucun scellé d’étuis de balles n’a été présenté au tribunal. Pour l’avocat de Boubacar Diallo, il s’agit ni plus ni moins qu’un ‘’dossier politico-judiciaire monté de toutes pièces dans le seul but de condamner un innocent’’.

Il estime que son client qui souffre d’asthme, doit recouvrer sa liberté.

L’affaire a été renvoyée au mardi 12 février au tribunal de première instance de Dixinn.

Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

00224 666 90 54 16/boussouriou.bah@visionguinee.info




Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Suivez nous sur les Réseaux sociaux !

Cliquez sur les boutons ci-dessous pour suivre les dernières actualités de VisionGuinee.info