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Au nom de tous nos martyrs, notre Constitution est sacrée

Lorsqu’aujourd’hui vous défendez sciemment l’injustice, ne venez pas un jour prêcher la justice parce que vous serez en ce moment en train de subir l’injustice. L’injustice devrait être condamnée et combattue partout, à tout moment et par tous les moyens justes.

Lorsqu’on dit s’être battu et avoir cherché le pouvoir pour promouvoir la justice et l’état de droit et combattre la corruption; il est décevant qu’une fois arrivé au pouvoir, de gouverner par l’injustice, la violence et la corruption.

 

Cet homme qui affirme s’être battu toute sa vie pour que Sékou Touré libère son peuple et ouvre son pays et que Lansana Conté accepte l’alternance démocratique et respecte la Loi fondamentale. Cet homme pour lequel beaucoup d’autres hommes et femmes ont perdu leur vie et leurs biens à N’Zérékoré, à Siguiri, à Banankoro, à Conakry et ailleurs dans le pays. C’est cet homme qui aujourd’hui veut dépasser Sékou Touré et Lansana Conté dans les forfaitures pour lesquelles il jurait les avoir combattu.

S’il continue ainsi, l’histoire ne lui sera pas tendre car comme du temps de ses prédécesseurs, le pays souffre des mêmes maux et parfois pires. Finalement, il prouve que son combat pour la démocratie n’était en fait qu’un prétexte pour arriver au pouvoir.

Sinon, un homme qui s’est battu pour la démocratie et l’État de droit ne serait pas réticent à l’organisation d’élections libres et transparentes qui pourtant permettent à son peuple de choisir démocratiquement ses représentants.

Un homme qui dit s’être battu pendant 40 ans pour la démocratie, n’aurait pas attendu trois ans et après qu’une soixantaine de ses concitoyens aient perdu leur vie pour qu’il accepte finalement d’organiser des élections législatives.

Il n’aurait pas attendu huit ans et après plusieurs morts pour organiser un simulacre d’élections municipales. Il n’aurait pas accepté que pendant un an les élus locaux ne soient pas installés. Il n’aurait pas aussi accepté en tant que garant du respect de la Constitution que le mandat des députés échoie sans organiser des élections.

Il n’aurait pas refusé de se plier aux exigences de la constitution qui le mandatait de mettre en place toutes les institutions du pays. La Haute Cour de justice n’est jusque-là pas mise en place et cela après huit années de pouvoir.

S’il était vraiment sincère dans son combat pour la démocratie et avait du respect pour la mémoire de tous les morts de 2006, 2007 et 2008 et de tous ceux d’avant, il n’aurait jamais accepté d’entretenir le moindre flou sur son intention de respecter la limitation de mandats inscrite dans la Constitution. Il n’aurait pas accepté, que des individus et parfois des hauts cadres de son administration, appellent publiquement et en son nom à la violation de notre Constitution.

Finalement, s’il avait vraiment combattu les régimes précédents, le pire que contenaient ces régimes n’aurait pas constitué l’ossature de son régime actuel.

Le combat pour la démocratie ne devrait pas être un combat pour des intérêts personnels. Toutes ces querelles de personnes et d’égos devraient être mises de côté. Cette notion qui consiste à faire croire que combattre les dérives antidémocratiques de ce régime équivaudrait à soutenir l’opposition républicaine n’est que de la simple diversion et au pire de l’égarement. Ce n’est aussi qu’une faible excuse pour ceux qui n’ont pas de conviction et ne portent pas l’intérêt supérieur du pays dans leur cœur.

Toutes les forces politiques et sociales du pays devraient aujourd’hui s’aligner derrière un objectif commun. Celui de la préservation de notre démocratie balbutiante et du respect de notre Constitution pour laquelle des centaines et des centaines de personnes sont mortes.

Notre constitution est sacrée à cause et surtout pour toutes ces personnes mortes tout au long du chemin qui nous a conduits ici. Ces personnes, pour la plupart anonymes et qui ont fait le sacrifice ultime afin que des élections présidentielles aient lieu en 2010 à l’issue desquelles Alpha Condé avait été déclaré président. Il a juré sur cette Constitution et au nom de tous les martyrs de cette Constitution, il devrait la respecter.

Lui faire respecter la Constitution devrait être le sens du combat de toute personne qui aspire aujourd’hui à une Guinée juste, paisible et démocratique.

Abdoulaye BARRY
ajbarry@live.com
Portland, OR USA




3 comments

  1. Bonne analyse Mr Barry.Il revient finalement au peuple de Guinée de faire respecter la Constitution Guinéenne par tous les moyens légaux.Sinon,l’heure est grave pour la Démocratie en République de Guinée.Enfin,la politique est l’affaire de tous pour sauvegarder le peu d’acquis Démocratique.

  2. Je souscrit a 100% a cette analyse. Pour aucune raison au monde les guineens ne devraient oublier les marthyrs qui ont donne leurs vies pour l’avenement de la democratie en Guinee. Les promoteurs d’un changement de la constitution devraient avoir honte ou avoir au moins peur de Dieu et epargner d’un drame lie a un tel projet.

  3. A part juste le fait significatif de devoir rectifier l’année 2008 mentionnée par 2009 (le 28 septembre 2009 avec ses inoubliables horreurs bestiales), cette analyse atteint pleinement son objectif certes implicite mais on ne peut plus saisissant, de démystification de la personnalité politique, construite de toute pièce, de notre soi-disant opposant historique devenu le « Mogho-Naaba de Conakry ».
    Car pour ceux qui s’y tromperaient encore, et comme le dit ce bon vieux proverbe français: « C’est au pied du qu’on voit le maçon. »
    AC fort du tandem qu’il forme désormais avec son arrogant PM KASSORY, est en train de réussir à détricoter l’un après tous les acquis démocratiques qui avaient été conquis au prix des vies de nombreux martyrs, jeunes pour la plupart, qui ont été happés par les machines répressives des dictatures guinéennes successives depuis 2006 notamment.
    S’il aspirait à autre chose qu’à se maintenir au pouvoir par tous les moyens de l’Etat, dont il a le contrôle absolu désormais, on aurait vu le « Professeur de droit » qu’il est supposé être, s’embarrasser tant soit peu du respect de nos institutions et surtout de notre légalité républicaine.
    Mais il n’en sera rien de tout cela, c’est le navire Guinée qui navigue une fois de plus très dangereusement à vue. Et faute de forces d’opposition politique consistantes, d’organisations de société civile crédibles et avec les populations apathiques qui peuplent globalement notre pays depuis 60 ans, bien malin est celui qui prédira ce qui va se passer en Guinée après juin 2020. C’était là une pertinente analyse, M. Barry !

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