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Déguerpissement à Kaporo-Rails : l’Etat déterminé à aller jusqu’au bout

L’État a lancé une opération de déguerpissement musclée dans la banlieue de Conakry, en vue de poursuivre le développement du centre directionnel de Koloma, qui doit permettre de décongestionner le quartier administratif et des affaires de Kaloum. Plusieurs commerces ont été démolis et des habitations sont en sursis, au grand désarroi des occupants.

Mercredi, au marché de Kaporo-rails, dans la banlieue de Conakry. La circulation est difficile sur l’axe Bambéto-Kipé. En cause, un incessant va-et-vient de dizaines de personnes, des femmes pour la plupart, traversant en tous sens, les bras chargés de tôles, de portes, de morceaux de bois ou de denrées alimentaires. Ce sont les vendeuses qui s’affairent pour sauver leurs marchandises et leurs meubles de l’avancée des bulldozers.

La veille, Ibrahima Kourouma, ministre de la Ville et de l’aménagement du territoire, a prévenu : le déguerpissement « ira jusqu’au bout ». Venu sur place accompagné d’un contingent d’agents de sécurité dirigé par le haut commandant de la gendarmerie nationale, le général Ibrahima Baldé, le ministre a donné ses ordres, qui ont été suivis à la lettre dès le lendemain. Kiosques, hangars, bicoques… tout a été démonté par les propriétaires eux-mêmes avant même que les machines n’entrent en action.

Déguerpissement dans l’urgence

« J’ai mis trois mois à édifier les deux kiosques qu’occupaient ma femme et sa belle-sœur. On a dû tout démonter en une seule journée », raconte, presqu’en larmes, Bhoye Barry. Chauffeur de profession, il est actuellement au chômage. Ce petit commerce était jusqu’à présent l’unique source de revenus pour les huit membres que compte sa famille.

Assise sur des décombres, Fatoumata Binta jette un regard désolé sur les ruines de ce qui fut sa boutique. Elle regrette que les délais aient été si court qu’ils ne lui ont pas permis de s’organiser. « Nous n’avons pas eu beaucoup de temps. Hier, un gendarme est passé nous dire de vider nos étals, en prévenant qu’ils viendraient aujourd’hui pour tout raser. On a commencé tout de suite à transporter nos marchandises à la maison », assure-t-elle.

« Les gens ont été prévenus depuis longtemps », affirme au contraire Ibrahima Kourouma. « Nous sommes sensibles à la situation de ces femmes, mais la priorité, actuellement, est de récupérer les domaines de l’État », insiste le ministre de la Ville et de l’aménagement du territoire, contacté par Jeune Afrique. Jusqu’ici, les maisons d’habitation n’ont pas été touchées. La croix rouge tracée sur leurs murs rappelle toutefois que leur démolition n’est qu’une question de jours voire d’heure, comme l’a confirmé Ibrahima Kourouma. Lire la suite de l’article sur Jeuneafrique.com en cliquant ici.

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