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Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République, Professeur Alpha Condé

De la part d’un de vos fils ! 

Excellence Monsieur le Président de la République, Professeur Alpha Condé. J’ai longuement cogité par quel moyen je pourrais vous faire part de mon point de vue sur l’actualité sociopolitique de notre pays commun, la Guinée !

J’ai donc choisi de m’adresser à vous par le biais d’une correspondance ouverte dont le contenu pourrait vous être livré par vos collaborateurs qui liront mes quelques lignes.

J’entends dire que vous serez un homme piégé par son entourage !

Monsieur le Président de la République, le long combat qui a été le vôtre dans l’ancrage de la démocratie fait incontestablement aux yeux de votre fils que vous êtes un modèle, un grand leader. Nous sommes delà nombreux jeunes Africains à s’en inspirer. Que vous voudriez bien me croire ! De cette belle image d’apôtre de la démocratie vous a valu une désignation à la tête de notre pays, la Guinée. Que dire de votre sacre en 2017 comme président en exercice de notre union continentale.

Je refuse donc de croire qu’on me dise que vous serez prêts à succomber aux sirènes révisionnistes qui nous assourdissent depuis un bon moment. Je feins de croire que vous vous laisserez en sommeiller par ces discours grandiloquents distillés çà et là. Je ne saurais admettre non plus que vous souhaiterez compromettre notre jeune et balbutiante démocratie dont vous en êtes un des pères. Je crois naïvement que vous tiendrez des élections auxquelles vous ne participeriez pas. Je m’en convins aveuglément !

Tous les plaisirs n’honorent point !

Monsieur le Président de la République, Monsieur Alpha Condé, tous les plaisirs n’honorent point. Le palais assure des privilèges et des avantages. Nous dit-on ! Ces privilèges sont parfois grands qu’on tend à s’y accrocher et demeurer continûment. Monsieur le Président, certains n’ont pas été président de la République, mais ont eu l’honneur de bien profiter de la vie. Cela grâce aux différents choix qu’ils ont opéré dont entre autres celui de travailler, d’étudier pour ainsi servir les leurs.

Depuis là, on voit et constate que vous avez réussi à franchir ces deux premiers choix avec courage et l’humilité dont vous jouissez depuis 2010 à aujourd’hui, vous commande en tant que président de nous offrir l’opportunité à vos fils et filles de jouir de la lumière de la démocratie. Je suis tout comme convaincu que vous saisirez l’opportunité de nous en éviter le contraire. Monsieur le Président de la République, savoir que tous les plaisirs ne sont point honorifiques, est la sagesse de l’homme averti. L’occasion de servir le destin de toute une nation, ne s’offre point à tous. Vous devriez en offrir l’occasion à un autre guinéen de continuer vos acquis.

Les conséquences d’un mandat de trop me hantent Monsieur le Président !

Monsieur le Président, un mandat de trop ne serait pas partagé par la majorité du peuple. Donc mieux vaut penser aller pour éviter les drames que de penser aux plaisirs de rester. Les conséquences d’un projet de la nouvelle constitution me hantent. Les surprises d’un soulèvement populaire sont conséquentes. Elles inondent la paix et déracinent les valeurs républicaines ainsi qu’elles disparaissent et laissent une terre pleine de boues qu’on prend toujours des années à rebâtir. La guerre est comme une flamme, elle s’amplifie quand on la laisse respirer d’air. Donc, ne vous laissez pas dominer par le plaisir d’un mandat de trop, qui ne serait sans conséquences. Un mandant de trop me laisse indubitablement penser à l’ouverture d’une crise politique, dont les conséquences fâcheuses sont toujours imprévisibles. Je vous demande sans cesse d’être le sauveur de cette jeune démocratie. Ce n’est pas tout le monde qui gagne la confiance du peuple. Soyez du bon côté de l’histoire !

La mort d’une ou des populations; La torture des pauvres sans raison; Les intimidations des manifestants sans fondement; Les incarcérations arbitraires…ne seront pas amputées de votre responsabilité. Donc pour être loin de ce plaisir, vous devriez vous servir de l’histoire.

L’histoire devrait servir d’enseignement !

Monsieur le Président, en tant qu’ancien étudiant en science politique et en droit, vous avez appris l’histoire politique de certains pays, surtout de celui où vous avez passé quasiment toute votre vie. Dorénavant cela, je vous cite la révolution française de 1789 incluant en 1799 le coup d’État de Napoléon Bonaparte, l’histoire vue du printemps arabe de décembre 2010, le constat fait de la guerre de la Côte d’Ivoire de 2010-2011, l’observation faite de la guerre civile libyenne en 2011, le soulèvement populaire d’octobre 2014 au Burkina Faso, le soulèvement populaire de 2007 et septembre 2009 en Guinée, et tous récemment la chute de quelques dictateurs comme Oumar el-Béchir du Soudan et Abdelaziz Bouteflika d’Algérie. Ces exemples de l’histoire sont des éléments clés pour se rappeler aux conséquences de vouloir s’éterniser au pouvoir. « Il faut savoir partir ».

Se passer du pouvoir une qualité des grands leaders !

Monsieur le Président, savoir partir face aux privilèges, n’est pas aisé. Mais savoir partir à temps, c’est de partir des privilèges aux honneurs entant que grand homme. Monsieur le Président, j’aurais appris que vous avez été déclaré victorieux de l’élection présidentielle de 1993, alors que vous étiez tenu vainqueur par les observateurs, mais que vous avez accepté au prix de sauver les populations face à celui qui était prêt à tout, même tuer sa population. Encore que vous avez dit un jour « je ne serai pas Président pour gouverner un cimetière ». Cela montre quelque part que face à des multitudes situations bouleversantes, vous avez préféré le peuple en saisissant le coût d’opportunité, c’est-à-dire la valeur des sommes auxquelles vous avez renoncées. Tout cela pour sauver la vie de vos concitoyens. Alors pourquoi voulez-vous donc préférer que cette population que vous avez défendue hier, périsse aujourd’hui parce que vous voulez un changement de la constitution? S’il s’avère que vous avez été l’homme de la paix, pourquoi ne pas l’être aujourd’hui pour l’intérêt général de la nation ? Ainsi cela, vous serez cité dans l’histoire comme grand homme de paix et de quiétude, qui a préféré l’intérêt de la nation au détriment de son intérêt personnel.

Un message de sagesse !

Monsieur le Président, certains sont partis de considérations juridiques pour attirer votre attention. Relativement, j’ai fait le choix de l’histoire pour vous laisser cette lettre qui est garnie des contenus pouvant vous servir des conseils. Si vous êtes là aujourd’hui Monsieur le Président, c’est parce que vous avez été patient et tolérant, alors pour continuer à bénéficier de cet honneur, je vous suggère de partir comme prévu par la loi. Monsieur le Président, on ne finira jamais par connaître l’homme. Ceux qui sont en train de vous induire dans l’erreur, seront possiblement  pas ceux qui seront là demain pour vous soutenir.

Par Amadou SANOH
Etudiant en master science politique
Vice-président de l’Association guinéenne pour l’unité et la transparence

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