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Dur dur d’être maire issu de l’opposition sous le règne d’Alpha Condé

Comme l’écrivait Tocqueville dans son ouvrage « De la démocratie en Amérique » publié en 1835 « un pouvoir central, quelque éclairé, quelque savant qu’on l’imagine, ne peut embrasser à lui tout seul tous les détails de la vie d’un grand peuple ». 

De cette expression, on peut retenir que la décentralisation laisse aux individus le soin de s’occuper eux-mêmes de leurs affaires et préserve donc leur liberté.

En Guinée, c’est à la prise du pouvoir par l’armée en 1984 que les nouvelles autorités guinéennes dans leur discours programme du 22 décembre 1985 ont inscrit le pays dans un processus de libéralisation et de décentralisation.

Ce qui fait de la Guinée l’un des premiers pays de la sous-région à implanter sur l’ensemble de son territoire, les formes de la décentralisation, soit aujourd’hui 38 communes urbaines et 304 communes rurales.

Cette politique de communalisation cherche à assurer le développement à la base, impliquer les populations dans la construction de la nation. Toutefois, à l’observation de la pratique, l’on note que le processus de décentralisation, au-delà des textes peine à se concrétiser sur le terrain et ce, sous influence des différents régimes politiques.

Le régime d’Alpha Condé qui était censé y mettre un bémol, s’est lui aussi illustré dans la dynamique de biaiser l’esprit de la décentralisation. Pire, les élections communales sous Alpha Condé ont été obtenues après huit ans et peinent à se finaliser car les exécutifs communaux dans certains endroits du pays (comme Heremakonon dans Faranah) ne sont pas encore installés. Ceux installés sont dépourvus de moyens pouvant les aider à réaliser le projet de société communal pour lequel ils ont été élus.

Si les textes ne font pas défauts dans la construction du rêve guinéen, il faut tout de même noter que la volonté du pouvoir central à vouloir tout contrôler porte une atteinte gravissime au processus de décentralisation dans notre pays. De la création de l’ANAFIC à la non rétrocession des taxes aux différentes communes, l’on peut aisément comprendre que les maires en Guinée sont des princes nus.

Ils sont nus, parce que désormais le titre de maire ne va pas avec les attributions que lui confèrent les textes. Les communes de Conakry dont la majorité relève de l’opposition sont exemptes des fonds de l’ANAFIC. Le seul argument d’une telle injustice serait que ces communes ont d’autres sources de revenus que les autorités centrales cherchent aussi à tarir.

C’est le cas des marchés pour les communes dont les maires relèvent de l’opposition. Cette autre injustice montre que les vrais princes nus sont tout simplement les maires de l’opposition. Parallèlement à cela, les communes et surtout celles commandées par l’opposition peineraient à ce que leur soient versées les taxes que leur confère la loi guinéenne. On pourrait citer la Contribution Foncière Unique (CFU) dont 60% appartiennent à la mairie, la Taxe Unique pour les Véhicules dont 25% pour la mairie, la Taxe Professionnelle Unique et la Patente dont la totalité revient à la mairie. A ne pas aussi oublier que les mairies n’obtiennent pas de subventions du département de tutelle quand bien même cela est prévu dans le budget national.

En conclusion, être maire sous Alpha Condé et relevé de l’opposition, c’est être tout simplement un prince nu dont les attributions, les compétences se limitent aux écrits législatifs. Les seuls maires qui arrivent à participer aux poses de premières pierres de projets dont la réalisation nécessiterait le concours divin sont ceux qui souscrivent au projet de 3ème mandat.

Etant donné que les maires de l’opposition doivent leur élection à leur parti politique et que ceux-ci sont opposés au 3ème mandat, ces derniers peinent à se faire financer, à obtenir les taxes et subventions instituées la loi. La décentralisation se porte mal sous Alpha Condé et se portera toujours mal tant que la pratique demeurera. C’est pourquoi ,une synergie des maires en toute objectivité serait salutaire pour l’avenir de la décentralisation dans notre pays.

Fodé BALDE
Homme politique guinéen
La Guinée d’abord !

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One comment

  1. On le voit clairement à travers cet autre cinglant état des lieux. Plutôt que de favoriser les impératifs de décentralisation de l’administration de nos collectivités territoriales, telle que l’on aurait pu l’espérer notamment avec le disposif de financement ANAFIC, l’Etat-RPG/AEC se comporte plutôt « comme un éléphant dans un magasin de porcelaine ».

    La gouvernance d’AC n’apportera décidément aucun progrès significatif qui soit réellement bénéfique pour l’écrasante majorité du peuple de Guinée. C’est aussi simple que ça, la réalité que tout Guinéen avisé se doit de comprendre avant que l’on ne se retrouve bientôt sous une dictature autocratique et mafieuse, à vie.

    Was-Salam !

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