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La presse doit revoir sa copie pour survivre !

La presse étant considérée comme l’oxygène de la démocratie, elle reste indispensable pour une nation qui se veut démocratique. Son indépendance dans un Etat de droit est non négociable.

C’est pourquoi, cette indépendance doit se faire sentir sur tous les plans. Malheureusement en Guinée, la liberté de la presse est perçue d’un seul côté qui est le respect de loi portant sur la dépénalisation du délit de presse.

L’indépendance du journaliste, c’est aussi être à l’abri du besoin

En Guinée, c’est un  secret de polichinelle la galère que vivent les hommes de médias. Ils sont mal payés dans les différentes rédactions et travaillent dans des conditions très difficiles. Ils sont combien qui ont un salaire qui varie entre 500.000 et 600.000 GNF ? Ils sont combien qui n’ont pas de contrat avec leur employeur?

Combien de journalistes vivent des primes de reportages qu’ils gagnent sur le terrain ? Ils sont nombreux. Ils en font même une obligation. Si tu ne donnes pas, ça ne passe pas. Comment obtenir cette liberté de presse, alors que nous vivons de leurs poches ? Nous sommes maltraités, nous journalistes, de telle sorte que nous sommes obligés de picorer dans les mains du pouvoir chaque matin pour se nourrir. C’est impossible d’être libre et indépendant dans cette situation.

Les journalistes se détruisent entre eux

Lorsque des patrons de presse roulent avec les hauts dignitaires de l’Etat et bénéficient de certains privilèges, ils refusent la diffusion de toute information susceptible de nuire à ce dernier. Ils vont parfois jusqu’à menacer de renvoyer le reporter qui a travaillé sur l’élément. La plupart d’ailleurs sont parrainés par eux. Ils dictent à la rédaction la ligne éditoriale à adopter.

Autre pratique, c’est la montée en puissance de la traîtrise dans la corporation. Il y a aujourd’hui des journalistes qui capturent des articles, les envoie aux personnes concernées pour dire chef tel site et tel journaliste sont contre vous. Voici ce qu’ils écrivent sur vous. D’autres écoutent des émissions et enregistrent pour les faire écouter, juste pour des miettes. Et quand on organise une manifestation pour dénoncer généralement, ce sont les mêmes qui sont au premier rang pour se faire remarquer. C’est le dernier degré de l’hypocrisie.

La presse doit changer de stratégies pour se maintenir

D’abord, on doit laisser les riches investir dans le secteur. Les journalistes doivent refuser de travailler dans un médium qui appartient à un politique quelle que soit son appartenance politique. Il y a des médias en Guinée qui ne peuvent pas être solidaires aux autres, parce que les bailleurs de ces médias sont des dignitaires de l’Etat. Lorsqu’on décide de faire des journées sans presse, ces médias vont se désolidariser. Et si vous appelez au boycott, le plus grand nombre ne va pas respecter la consigne, parce qu’ils ne peuvent pas boycotter l’activité de leur parrain.

Pourtant, c’est avec des actions de boycott, des journées sans presse qu’on pourra y arriver. C’est pourquoi, nous devons changer dans nos façons de faire. Pour mieux lutter, nous devons assainir d’abord notre corporation est assoir des bases solides. Arrêtons de faire semblant de lutte !

Alpha Bakar Sank DIALLO

Journaliste indépendant

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