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Consultations nationales : sortons de nos préjugés

Prenant très au sérieux la mission à lui confiée par le président de la République, le Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, ne traîne pas.

Moins d’une semaine après l’adresse à la Nation du chef de l’Etat, les consultations nationales ont déjà atteint leur vitesse de croisière. A la suite de la publication d’un planning détaillé, le Premier ministre a déjà conféré avec quelques institutions républicaines.

Et force est de constater que la dynamique rencontre une certaine adhésion au sein de l’opinion publique et d’une majorité des acteurs publics. Pour autant, il ne faut pas se voiler la face.

La décision de l’opposition politique et d’une frange de la société civile de ne pas prendre part à l’initiative ne garantit pas à celle-ci tout le succès escompté. Une situation qu’on ne peut que déplorer. Surtout que le choix de l’opposition n’est pas particulièrement justifié. Tout au moins, pour le moment.

Certes, la contradiction est le propre de toute société démocratique. Que l’opposition et le pouvoir ne perçoivent pas les choses de la même façon, c’est généralement compréhensible en démocratie. Pour autant, en pareil cas, les positions des uns et des autres doivent reposer sur des fondements objectifs et clairement identifiables. Et c’est là, tout le problème avec le refus de l’opposition de prendre part à la démarche de concertation pilotée par le premier ministre. C’est un refus que les adversaires au régime en place ne motivent que par des préjugés, des suspicions et des procès d’intention.

Rien de concret en somme. Faisant une fixation sur la nouvelle constitution, ils s’arc-boutent autour d’un raisonnement absolu selon lequel la concertation qui vient de commencer ne serait qu’une farce destinée à légitimer un débat dont le pouvoir pourrait, au besoin, se prévaloir pour faire passer la nouvelle constitution. Plutôt alambiqué comme raisonnement ! Surtout, d’où tirent-ils une telle spéculation ?

En effet, lors de son récent discours, en prélude justement au lancement des consultations, le premier ministre avait donné toutes les garanties. Se débarrassant totalement de son manteau politique, voire politicien et dans une posture de chef du gouvernement, au-dessus de la mêlée, il promettait une concertation inclusive et respectueuse des avis de chacun et de tous. Il précisait que son rôle se limitait à l’écoute et à la consignation des points de vue et des opinions de ses interlocuteurs, dans leur pluralité.

Par ailleurs, il promettait un fidèle compte-rendu à qui de droit. Bien sûr, sur la question particulière de la constitution, il avait déjà donné son avis. Mais très certainement, ce n’est pas ce premier ministre-là qui pilote les concertations. Il suffisait d’écouter et de comprendre son discours pour réaliser cette mutation sous-jacente. Et la question que l’on se pose, c’est celle de savoir pourquoi l’opposition ne peut-elle pas lui accorder le bénéfice du doute ? Pourquoi ne devrait-elle pas le prendre au mot ? En tout cas, on ne comprend pas cette posture consistant à douter des gens avant même de les avoir vus à l’œuvre.

D’autant que l’opposition ne perd rien à aller aux consultations. Au besoin, elle peut toujours en sortir si d’avance elle constate un décalage entre les promesses et les actes. Alors qu’en refusant même le principe du dialogue, elle se met à dos une bonne partie de l’opinion publique qui voit en elle une entité dont la cupidité et le jusqu’au-boutisme pourraient remettre en cause la quiétude et la sérénité que le pays connait depuis plus d’un an. Climat d’accalmie plutôt salué par ailleurs.

Mais l’attitude de repli de l’opposition pourrait lui faire perdre plus que son image symbolique. En effet, comme on le réalise avec les rencontres qu’a déjà eues le chef du gouvernement, il y a au menu de ces consultations un sujet qui intéresse particulièrement l’opposition politique. Il s’agit des élections législatives dont les tenants et les aboutissants sont débattues par la même occasion.

En se mettant en marge de ces discussions, les opposants s’auto-excluent de fait du processus de préparation de ces consultations. Un choix qu’ils risquent de payer cher dans les urnes. Parce qu’avec la volonté que le chef de l’Etat affiche pour ce qui est de la tenue des ces élections avant la fin de l’année, il n’est pas certain qu’une quelconque manœuvre de l’opposition puisse affecter le chronogramme de la CENI. Les opposants devraient donc renoncer à l’enfantillage qui leur a tant coûté pour se remettre dans le sens de la marche. Ils y gagneraient certainement. Et le pays avec !

Alseny KEITA

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