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Quand le ministère de la Jeunesse se moque de la jeunesse guinéenne : droit de réponse au DGA du FONIJ

Droit de réponse à M. Facinet Conté, Directeur Général Adjoint du Fonds National pour l’Insertion des Jeunes

Cher monsieur Conté, je suis étonnée de lire votre réponse subreptice car on attendait mieux. Malgré cela, c’est avec plaisir que je me permets de vous répondre en ma qualité de chargée de communication du mouvement RDPC (Respect des Deniers Publics et du Citoyen – Guinée).

Vous vous êtes présenté comme étant Docteur en économie. Je ne vous dénie pas ce titre. Sauf que je suis surprise de constater que vous ne savez pas ce que signifie le concept effet d’éviction en économie. Lorsque vous étiez étudiant, vous aviez certainement loupé le cours sur cette notion basique qui signifie que lorsque le ministère de la Jeunesse s’installe sur le marché du crédit en même temps que nos autres PME (et autres particuliers) qui ne sont pas éligibles au FFU par exemple, il provoque une tension sur les taux d’intérêt (car la demande publique s’ajoute à la demande privée sur un marché restreint du crédit).

Tant et si bien que les taux d’intérêts montent à un niveau qui fait renoncer certaines entreprises classiques à investir (ou des particuliers non éligibles au FFU à emprunter). Ce qui finit par contracter le niveau d’investissement (voire de consommation) dans le pays.

Autrement dit, pour vous simplifier l’explication, emprunter devient plus difficile pour certaines sociétés privées non concernées par le dispositif du FFU, car les taux montent par le jeu de la loi de l’offre et de la demande de crédit. Ce qui les oblige à surseoir à leurs projets d’investissement jusqu’à ce que le marché revienne à de meilleurs sentiments ou, si vous préférez, jusqu’à ce que le ministère de la jeunesse quitte le marché (où il n’aurait pas dû se trouver) pour dégonfler le niveau de la demande par rapport à l’offre de crédit.

Donc voyez-vous, M. Facinet Conté, pardonnez-moi de vous dire que ce ne sont pas « les débats dans notre pays » qui sont « creux » (j’ai repris vos propos), c’est vous qui l’êtes. C’est donc vous qui « faites honte ».

Vous auriez dû féliciter Dr Bah pour son excellence car, grâce à son intervention, le ministre a immédiatement abandonné le credit revolving pour mettre en place un modèle de subvention. En effet, n’étant pas autiste, il a très vite compris le message, sinon il aurait continué avec le revolving au préjudice de nos jeunes et de nos intérêts macroéconomiques.

En votre qualité de Docteur (je cite votre propos), vous ne connaissez malheureusement pas le credit revolving. Sinon, vous auriez compris que si, en plus de la toxicité de ce type de crédit, les jeunes, malgré la précarité de leurs conditions de vie, sont mis dans une situation débitrice les contraignant à des échéances de remboursements de dettes (alors que c’est leur propre argent qu’ils n’ont pas à rembourser), la misère s’accentuera et la migration irrégulière de nos jeunes continuera de plus belle.

Puisque vous dites que « le débat est ouvert et sur tous les sujets », j’espère que vous reviendrez pour poursuivre, sans émotion, la discussion lorsque vous aurez maitrisé le sujet et les concepts développés dans la tribune de Dr Ibrahima Bah. Avec plaisir !

En attendant, je m’inquiète de savoir quelle réponse vous donnerez à vos étudiants lorsqu’ils vous poseront des questions sur l’effet d’éviction ou sur le credit revolving que vous abordez en ces termes : « Mon cher, on est dans un pays en développement (donc un pays avec des ressources limitées), un fonds revolving permettra aux milliers de jeunes chômeurs de bénéficier d’un appui financier pour entreprendre, et dans la mesure où les premiers bénéficiaires remboursent, d’autres jeunes nécessiteux pourront également bénéficier du même fonds, ainsi de suite. On peut alors dire, sans se tromper que ce mécanisme reste un des meilleurs moyens pour notre pays de faciliter l’employabilité des jeunes par le biais de entrepreneuriat. » Fin de citation.

Heureusement que le ministre Mouctar Diallo a compris la dangerosité de vos propos. Surtout le risque qu’il encourt en dévoyant l’argent qui appartient totalement aux jeunes qui ne méritent donc pas d’être contraints à rembourser de l’argent qui leur appartient. D’où le choix qu’il vient de faire en abandonnant le crédit revolving au profit de la subvention.

Je vous reprends par vos mots : « Je voudrais alors, vous dire d’arrêter de vous moquer de la Guinée » et de la jeunesse guinéenne en répondant sur des sujets que vous ne maitrisez pas.

Bien à vous et à bientôt, pour poursuivre le débat, sans injures, au bénéfice de la Guinée.

Fatou Fall (Fafa)

Service communication du RDPC (Respect des Deniers Publics et du Citoyen)

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