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A la place des urnes, la bataille du référendum se passe dans la rue, une véritable démonstration de force

Le RPG Arc-en-ciel, en coépoux jaloux fouetté dans son orgueil se lance un pari fou de mobilisation pour mieux faire que le FNDC ?

Le débat sur la nouvelle constitution prend une nouvelle forme en Guinée. Entre le Oui et le Non, le rapport de force se jauge désormais dans la démonstration de masses pour gagner la bataille du nombre.

Entre alanmanè et amoulanfé, à la place des urnes, c’est la rue qui parle. Faut-il parler d’un pari fou ou d’un suicide politique, après l’annonce faite par le parti au pouvoir de pouvoir mobiliser dans la rue mieux que le FNDC qui a drainé un monde du jamais fait à Conakry ? Wait and see.

La mouvance court une grosse déconvenue et risque d’enterrer tout projet référendaire au regard de plusieurs facteurs.

Primo, en une semaine de mobilisation, il est quasiment impossible de sortir du monde et battre le record pharaonique du FNDC. Ce succès du amoulanfé n’est pas fortuit. C’est le fruit d’un dur labeur abattu des mois environs. Ça risque l’impréparation.

Deuxio, la cherté de vie actuelle est une mauvaise compagne du régime. Seul un petit clan se beurre foncièrement sans aucun esprit de partage. Il prend tout pour lui. La jeunesse n’est plus un gros bétail politique.

Tertio, la mobilisation réponse risque également de fausser l’esprit du fairplay politique. Ça glisse sur le terrain communautariste. Ça se raconte que le malinké doit sortir pour sauver l’honneur de son régime qui a essuyé une grosse bulle d’humiliation cette semaine.

Quater, le parti au pouvoir souffre d’un manque grandiloquent de soutien des alliés de circonstance et ressortissants des autres communautés. L’énergie du départ s’étiole. Le rythme a baissé d’intensité. Le manque de sérénité crée la panique au plus au haut sommet du pouvoir. À quoi sert bon de faire une mobilisation réponse ?

Dans ce rapport de force, loin d’une quelconque victoire pour notre jeune démocratie, le risque de violences à caractère ethnico-régionaliste est d’évidence. Si partir au référendum n’est pas d’actualité au FNDC, la rue serait aussi fatale pour le pouvoir de Conakry.

Que faire pour sauver la face ?

Le RPG a deux options. Premièrement, il faut reculer pour mieux sauter avec une forte assurance de pouvoir drainer du monde.

Deuxièmement, c’est de se rabattre sur son fief traditionnel. Kankan ou Siguiri peut mieux laver le front. Ni le temps ni le contexte ni le discours ne joue en faveur du RPG pour mieux faire que le FNDC et ce, quel que soit le moyen déployé.

Mieux vaut réfléchir par mille fois avant d’agir pour une seule fois. Et maintenant, c’est dit et il faut relever le défi. C’est quand même fou !

Habib Marouane CAMARA

Journaliste et analyste politique

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