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Accueil » Interview » A la rencontre de Pathé Barry, unijambiste, devenu le symbole de la lutte contre un 3e mandat d’Alpha Condé

A la rencontre de Pathé Barry, unijambiste, devenu le symbole de la lutte contre un 3e mandat d’Alpha Condé

Dans les rues de la capitale, avec des béquilles en mains, il a participé à la marche du 7 novembre dernier, organisée par le Front national pour la défense de la constitution (FNDC). Lui, c’est Oumar Pathé Barry, devenu par la magie des réseaux sociaux le symbole de la lutte contre la mise en place d’une nouvelle loi fondamentale.

Orphelin de père depuis deux semaines, Pathé Barry a été amputé du pied gauche après avoir reçu une balle dans la jambe le 28 septembre 2009. Son handicap ne représente nullement pas un obstacle à la défense des acquis démocratiques. VisionGuinee est allé à sa rencontre au quartier Kipé où il gère un kiosque pour gagner sa vie. Lisez !

VisionGuinee : Dites-nous dans quelles circonstances avez-vous perdu votre jambe ?

Oumar Pathé Barry : Mon handicap est lié aux évènements du 28 septembre. Je quittais chez l’un de mes amis à la Tannerie. Arrivé à Cosa, en compagnie de mon ami à la station, on a remarqué qu’il y avait des manifestants de l’autre côté de la route. Soudain, un pick-up de militaires a foncé en notre direction et tiré sur ma jambe. Mon ami s’est débattu pour qu’on arrive à la maison. Vu que les jours qui ont suivi la manifestation du 28 septembre, on recherchait les gens dans les quartiers, j’avais peur de partir à l’hôpital. Trois jours après avoir reçu une balle dans ma jambe, je me suis rendu à l’hôpital Donka. Suite à des examens médicaux, il a été décidé d’amputer mon pied.

Etiez-vous en train de protester dans la rue quand ils ont ouvert le feu sur vous ?

Non, je ne faisais pas partie des manifestants le jour 28 septembre. A l’époque, mes parents n’acceptaient pas que nous partions à ce genre d’évènements.

Vous avez pu malgré votre handicap poursuivre vos études…

Oui, après deux mois à l’hôpital, je suis sorti et j’étais déterminé à continuer mes études. Je faisais la 9e année au moment des faits. Par la grâce de Dieu, j’ai pu décrocher mon diplôme en administration des affaires. Après un stage, je décroche mon premier emploi. En attendant, je gère un kiosque à Kipé.

Vous étiez dans la rue le jeudi 7 novembre avec des béquilles en mains. Vos images ont fait le tour des réseaux sociaux. D’où est venue votre motivation de répondre à l’appel du FNDC ?

Ma motivation vient du fait que je crois fermement que le FNDC ne mène pas un combat contre Paul ou Pierre. Et je me suis dit qu’il faut que je participe aux manifestations de rue pour me faire entendre. Vu que la marche était autorisée, Je me devais de prendre part à la lutte pour la défense de la constitution. J’ai l’habitude de protester dans la rue, mais surtout pour des causes sociales.

Votre image est devenue virale sur la toile, comment avez-vous vécu cette situation ?

Je ne m’attendais à toutes ces publications sur les réseaux sociaux. J’étais à cette marche pour défendre la constitution. De retour à la maison, lorsque je suis connecté, j’ai vu les publications. Lors de la manifestation, certains me filmaient, mais je ne m’attendais pas à un tel écho.

Militez-vous au sein d’une formation politique ?

Non ! Je ne suis militant d’aucun parti politique. Les partis politiques ne m’inspirent pas confiance.  Je n’ai d’ailleurs pas voté depuis 2010. Je me suis fait recenser à Nongo. J’ai fait trois jours pour rechercher ma carte d’électeur. Finalement, j’ai abandonné.

Si l’occasion se présentait, que diriez-vous au président de la République, Alpha Condé ?

Je lui dirais d’abandonner le projet de changement constitutionnel. Ce n’est pas une bonne chose d’abord pour lui, ensuite, pour la Guinée toute entière. Il faut qu’il abandonne ce projet.

Outre la gestion de votre kiosque, que faites-vous d’autre ?

Je voudrais pousser davantage mes études. Les moyens me manquent, mais je me débrouille pour financer une formation dans un institut privé.

Le FNDC envisage d’organiser de nouvelles manifestations. Répondrez-vous à son mot d’ordre ?

Si le temps me permet, je serais de la partie.

Merci de nous avoir accordé de votre temps

Je vous en prie.

Par Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

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