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L’imam de la mosquée de Fayçal sur les tueries dans les manifestations : ‘’Ça me fait mal’’

Accusé de se retrancher derrière un silence absolu au moment où des guinéens se font tuer dans les manifestations de rue, l’imam ratib de la mosquée de Fayçal a déclaré qu’il fait autant que faire se peut pour mettre fin aux tueries en Guinée.

Elhadj Mamadou Saliou Camara indique ‘’ce ne sont pas des animaux qui sont tués. Ce sont des guinéens qui tuent des guinéens. J’ai vu et j’en ai parlé. Ça me fait mal’’.

Dans Droit dans les yeux, émission diffusée sur Espace TV, il affirme qu’il ne peut pas s’inviter dans les médias pour dénoncer les cas de morts dans les manifestations.

‘’Moi je fais ce que Dieu m’a recommandé. L’opposition a sa vérité. Le gouvernement a aussi sa vérité (…). L’imam vient vers le président et lui : ‘Mon président, ce qui s’est passé hier est mal. Après Dieu, c’est vous pouvez régler cette situation. Faites ce que vous devez faire pour protéger les guinéens’. On lui dit ça à huis clos. On ne peut pas sortir à la télé et dire ça’’.

‘’On me reproche de parler de manière diplomatique, mon éducation est islamique. Si je rencontre les présidents de partis politiques, je leur dis aussi de faire attention, il faut changer telle ou telle autre chose. Je l’ai fait depuis au temps du général Lansana Conté (…). Je donne des conseils, mais je ne suis pas politicien’’, indique le chef religieux.

‘’Mais aujourd’hui, parmi tous les acteurs politiques, personne ne m’écoute’’, confesse-t-il

Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

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2 comments

  1. Paix à l'âme des victimes

    Je vous suggère de parler également aux forces spéciales qui avaient défilé le 2 octobre 2018, cagoulées et armées jusqu’aux dents. En effet, lors des manifestations, des méthodes dignes des forces spéciales ont été utilisées jusque dans les concessions de nos pauvres citoyens exécutées parfois dans des toilettes par des personnes cagoulées arborant des tenues de gendarmes ou de policiers. Il pourrait bien s’agir des forces spéciales qui, par définition, sont des forces de camouflage. Ne mettons donc pas toutes les tueries sur le dos des policiers et des gendarmes, même si les témoins n’ont vu que des tenues de gendarmes et parfois de policiers. Par ailleurs, n’oubliez pas que avant le 14 octobre, le chef d’État-major Général des Armées avait sorti un communiqué appelant les Forces de Défense et de Sécurité à rester dans leurs « Casernes à partir du 14 octobre 2019 et des contrôles physiques seront effectués par les Commandants d’Unité avec compte rendu à l’État-major Général des Armées, de leur situation de prise d’Arme. » C’est comme s’il était au courant qu’un massacre allait être perpétré par des forces obscures qui pourraient bien être les forces spéciales que les Guinéens avaient applaudi (sauf moi) sans savoir qu’ils avaient applaudi ceux qui pourraient être leurs bourreaux. Du reste, vous remarquerez qu’aucun de ces communiqués ne concernait les forces spéciales. Ce qui veut dire que les forces spéciales, elles, pouvaient sortir…

  2. On ne peut pas objectivement demander à ce sage soussou et représentant des autorités religieuses de la Basse-Côte de faire plus qu’il ne peut faire, alors même que les imams peuls dans leur écrasante majorité, tout comme nos sages et nos élites toutes catégories confondues, ont plutôt honteusement recours à la politique de l’autruche face à ces tueries visant ces jeunes innocents.

    L’histoire sociopolitique de la Guinée a largement montré que la violence politique sur fond d’impunité assurée sélectivement par l’Etat, se nourrissent également de l’attentisme culturel et par trop pacifiste de sa plus grande et moins solidaire communauté ethnique.

    Ce n’est pour rien que feu Bâ Mamadou en était arrivé à suggérer aux commerçants de Madina-Marché de commencer à se défendre des actes de vandalisme des loubards et voleurs de quartiers alentours. Dans un pays en retard de tout, il est en effet utopique de vouloir se faire respecter de gens convaincus qu’ils ne risquent rien y compris à tuer vos enfants (…)

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