Accueil » Interview » Giflé par des policiers lors d’une manif, Elhadj Abdourahamane raconte : ‘’ils ont pris tout l’argent que j’avais’’

Giflé par des policiers lors d’une manif, Elhadj Abdourahamane raconte : ‘’ils ont pris tout l’argent que j’avais’’

La vidéo montrant des policiers en train de violenter une personne âgée dans la banlieue de Conakry a suscité une vague d’indignations sur la toile. Le directeur général de la police nationale a annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête sur le comportement désobligeant de certains de ses agents sur le terrain.

Elhadj Abdourahamane Diallo, la victime, a accepté de raconter sa mésaventure au micro de VisionGuinee.

Conditions de son arrestation

J’ai été arrêté par des policiers qui tentaient de voler mon téléphone. Je suis diabétique, je dois manger à une heure précise. Mais ils m’en ont empêché ce jour-là. Cela a des conséquences sur sa santé. Les forces de l’ordre voulaient voler mon téléphone.

Quand ils m’ont interpellé, ils m’ont demandé ce qu’il y a dans ma poche. Je leur ai dit que c’est  mon téléphone. J’étais en train d’écouter la radio aux alentours de 13h. Lorsque je les ai aperçus, j’ai mis mon téléphone dans ma poche, mais ils ont vu le bout de mes écouteurs.

Altercation

Ils m’ont dit de leur donner mon téléphone, j’ai dit non. Ils ont tenté de me l’arracher avec force, j’ai résisté. Un policier m’a dit que si je ne donne pas le téléphone, ils vont me gifler. Je leur ai demandé s’ils peuvent gifler un vieux comme moi à cause d’un téléphone. Il m’a dit qu’il s’en fout de ça. C’est en ce moment qu’il m’a giflé.

Détenu à bord d’un pick-up

Ils m’ont embarqué dans leur véhicule à bord duquel ils ne faisaient que me gifler. Informés, les sages de mon secteur se sont concertés et ont remis de l’argent aux policiers pour que je sois libéré. Je ne sais combien ils leur ont donné à ces policiers pour qu’on me libère.

Dépouillé de son argent

Avant que les sages ne se mobilisent, les agents de la police avaient fouillé mes poches et ont pris tout l’argent que j’avais. Ils m’ont demandé de garder mon téléphone pour que je puisse demander à ma famille d’envoyer l’argent très vite pour ne pas qu’on m’amène à la sûreté.

Traitements inhumains

Pendant qu’ils me détenaient, ils m’ont traité de tous les noms d’oiseau. ça dépasse les tortures que j’ai subies. Le fait d’insulter mes parents, ma famille m’a fait mal plus que la bastonnade dont j’ai été victime. Insulter toute l’ethnie à laquelle j’appartiens fait plus mal que les violences exercées sur moi.

Appel au pouvoir

Je demande au pouvoir en place de faire attention. Ceux qui sont en train de faire des exactions ne font pas le bonheur de la Guinée. Le pouvoir doit mener des enquêtes et sanctionner les agents de sécurité qui font des exactions dans les quartiers. Parce que s’il y a des problèmes dans ce pays, tous les guinéens vont en souffrir. Ceux qui ont des armes et qui rentrent dans les quartiers ne vont que voler les habitants. Ils ne donnent pas une bonne image à notre pays.

Par Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

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