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Ledrian met le doigt sur la plaie du régime Alpha Condé : et pourtant, ça matche bien !

Vu du Fndc et de l’opposition, le discours du porte-voix de la patrie des Droits de l’homme a eu l’effet escompté. Il a mis le doigt sur la plaie du régime Alpha Condé. Mais côté cour, Jean-Yves Ledrian même parlant à la manière de Bernard Kouchner et Alpha Condé ripostant comme Sékou Touré, sont bras dessus bras dessous. En véritables frères de la même famille socialiste.

Évident. Les pays amis et partenaires de la Guinée sont convaincus que si Alpha Condé tient à sa chose, pendant que la situation humanitaire s’aggrave, ce n’est pas pour planter un décor favorable à la fin de son séjour au Palais présidentiel.

Mais la nécessité de ‘‘faire entendre’’ la voix de la France (nouvelle formule), faire stopper les massacres visant une communauté, au moment où le sentiment antifrançais gagne du terrain dans cette ex-colonie de l’Ouest africain (…), contraint Jean-Yves Ledrian à lâcher l’expression le 15 janvier.

Il a affirmé ceci : «L’engagement du président Alpha Condé à demander une réforme de la Constitution ne nous paraît pas être obligatoirement partagée ni par sa population, ni par ses voisins ». C’était, selon RFI, une position prononcée en réponse à une question posée par la Commission des Affaires étrangères. L’essentiel est pourtant dans le mot. Sans trop le circonscrire aux discours diplomatiques décriés, Ledrian a fait des heureux dans les rangs du Fndc et de l’opposition guinéenne. Le discours du porte-voix de la patrie des Droits de l’homme a eu l’effet escompté. Ça, c’est côté jardin !

Le trop-plein

Côté cour, il s’agit d’une proclamation de principe bien qu’elle garde sa verve. Ledrian même parlant à la manière de Bernard Kouchner et Alpha Condé ripostant comme Sékou Touré, restent des véritables frères de la même famille politique. C’est peu dire que « l’ami » François Hollande n’est plus président (il avait facilité le second quinquennat contre l’avis des honorables correspondants) mais Ledrian est à la place du «frère jumeau » d’Alpha Condé, le French-doctor Kouchner. Le ‘‘on se tient’’ est visible, intact. Cependant, si le Ledrian a parlé dans les règles d’une diplomatie post-françafrique, c’est qu’il est loin d’être oublieux du devoir historique et stratégique de son pays dans ces moments difficiles que traverse une population francophone en quête d’alternance pacifique au sommet de l’Etat.

Il est vrai aussi que la réplique du ministre des Affaires étrangères Mamadi Touré est à la dimension de l’improvisation. Tout de même, sa « déclaration » est mesurée lorsqu’il rétorque que la Guinée : «reconnait le droit de tous les peuples du monde de faire le choix de leur avenir et de décider de leur destin. (Et que le pays) reconnait à chacun de ses citoyens et à d’autres le droit et la liberté de donner leurs points de vue sur n’importe quels sujets qui ne peut faire l’unanimité dans aucun pays et dans aucune société démocratique ».

Ce n’est pas pour autant que les partisans de Condé doivent s’attendre à ce que le président français Emmanuel Macron tire les oreilles de son ministre pour faire plaisir à son homologue guinéen, un produit de la France communiste reconverti en socialiste et panafricaniste, qui n’a pas hésité un seul instant à appeler ses homologues de l’Union africaine (UA) à « couper le cordon ombilical » avec son pays. Et qui, l’autre semaine, s’est trouvé des alliés anglophones pour s’opposer au lancement de l’Eco, la monnaie unique devant servir l’espace Cedeao.

Le monde ouvert à la promotion des bonnes pratiques de gouvernance suit la situation qui se dégrade au fil des événements. C’est connu: Condé est plus que jamais résolu à conquérir un éventuel 3e mandat au soir du 16 février 2020 si son projet de changement de constitution aboutit à des législatives sans la participation de l’opposition. Le commun des mortels sait aussi que la répression n’est pas dirigée seulement contre les membres ou supposés sympathisants de l’opposition. Car, dans le secteur de l’éducation, l’ethno-stratégie a tellement gangrené le système de gouvernance qu’un proviseur d’un lycée de la capitale s’est permis de mettre à poil un enseignant (dont nous taisons volontiers le nom), dont le seul crime été d’avoir observé le mot d’ordre de grève lancé par le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG). Cette organisation dirigée par Aboubacar Soumah est en grève générale et illimitée depuis jeudi 9 janvier 2020. Plusieurs de syndiqués sont jugés au tribunal de première instance de Mafanco, en banlieue de Conakry. Un autre fait qui convainc le SLECG à continuer de réclamer un salaire mensuel de 8 millions de FG pour chaque enseignant.

Au niveau de la Santé publique, le syndicat des pharmaciens du secteur privé mené par Dr Kolié Manizé est heurté par l’absence de remède à l’affairisme et au trafic en tout genre dans la filière du médicament. Il menace d’observer une grève (sans organiser un « service minimum » dès ce 20 janvier) contre le non-respect de la réglementation, la mise en place de la fameuse brigade Médicrime et, actualité oblige, l’entrée frauduleuse de 300 conteneurs de faux médicaments au Port de Conakry.

Par Le Populaire

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