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Utilisée comme bouclier humain par des policiers, Fatoumata Bah porte plainte

Décidemment, les excuses du ministre de la sécurité et du directeur général de la police nationale ne suffisent pas pour calmer Fatoumata Bah, mère de famille utilisée mercredi par des policiers comme bouclier humain lors d’une opération de maintien de l’ordre à Wanindara dans la commune de Ratoma.

Mariée et mère de cinq enfants dont un bébé de six mois, Fatoumata Bah, qui réside au quartier Wanindara 2, a porté plainte auprès de l’inspecteur général des services de sécurité contre ses agresseurs.

Dans sa plainte dont VisionGuinee s’est procuré d’une copie, la dame a rappelé que la scène de son agression s’est déroulée le 29 janvier à Wanindara.

‘’Par la présente, je viens auprès de vous me plaindre d’une violente agression portée contre moi par des personnes dépositaires de l’autorité publique, des policiers en l’occurrence, qui m’ont prise en otage, humiliée, trainée de force et exposée à un danger de mort’’, indique-t-elle dans sa plainte.

Ce jour-là, rappelle-t-elle, ‘’j’étais sortie participer à la recherche de l’enfant disparu d’une voisine. C’est dans ces circonstances que j’ai croisé des policiers qui pourchassaient des jeunes gens. L’un des policiers m’a brutalement arrêtée sans explications’’.

Ensuite, rembobine la victime, ‘’lui et ses collègues ont invité les jeunes qu’ils pourchassaient à venir me chercher. Leur intention était de me servir d’appât pour arrêter les jeunes. Ces derniers ont commencé à jeter des pierres aux policiers pour me libérer. Je leur ai demandé, en vain, d’arrêter. Les policiers ont répliqué par des jets de pierres et de tirs’’.

Elle accuse le policier qui la retenait avec force de l’avoir exposée aux jets de pierres qui s’intensifiaient. ‘’Ils ont commencé à battre en retraite en me trainant de force. J’étais tenue de par les hanches comme un bandit. Je me suis débattue, j’ai pleuré, je les ai suppliés de me laisser, d’arrêter de me faire mal. Ils n’ont rien voulu entendre et ont continué à me trainer en direction de leur pick-up garé plus loin. C’est lorsque les jeunes se sont approchés qu’ils m’ont abandonnée pour fuir (…). Les jeunes m’ont ensuite secourue et emmenée plus loin’’, raconte-t-elle à l’inspecteur général des services de sécurité.

‘’Je me suis retrouvée avec une entorse au pied et des égratignures au corps. Mais plus que tout, c’est cette humiliation d’avoir servi à la fois d’appât et de bouclier qui me choque. Je suis profondément traumatisée. Aujourd’hui, j’ai peur de tout homme portant une uniforme’’, mentionne dame Fatoumata Bah.

Déclarant dans sa plainte qu’elle pensait que les policiers étaient envoyés pour protéger les citoyens et non pour les brutaliser, elle dénonce un ‘’grave abus de pouvoirs’’ et une violation de ses droits. C’est pourquoi, dit-elle, ‘’je demande réparation. Je demande que les auteurs de cette agression soient punis à la hauteur du grave préjudice qu’ils m’ont causé. Je ne pardonne pas’’.

Ciré BALDE, pour VisionGuinee.Info

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