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L’échiquier politique guinéen : une hypothèse de l’opération ‘‘cheval de Troie’’

Dans la mythologie de la Grèce antique, racontée par Homère dans l’Iliade et reprise par Virgile dans l’Enéide, l’opération ‘‘cheval de Troie’’ fut la méthode utilisée par les Grecs pour conquérir la ville de Troie.

Le héros Ulysse fit construire un immense étalon de bois qu’il plaça devant les portes de Troie et dans les flancs duquel il se cacha avec ses compagnons. Lorsque les Troyens découvrirent ce cheval, ils s’endormirent sans méfiance tandis que le cheval se trouvait dans leurs murs. A la nuit tombée, Ulysse et ses compagnons sortirent de leur cachette et ouvrirent les portes de la ville au reste de l’armée, qui la détruisit et massacra ses habitants1.

En effet, cette méthode fondée sur la ruse, la roublardise et la tromperie est incontestablement reprise de nos jours par les acteurs sociopolitiques de notre pays. Car les principes demeurent les mêmes : minimiser les risques et maximiser les intérêts politiques en jeu ; gagner une longueur d’avance par rapport à la position initiale de l’adversaire ; nouer des alliances, même celles contre nature, car l’idéal recherché est que chaque cellule soit capable de jouer son rôle dans le fonctionnement du Plan Global ; se servir du peuple comme bouc émissaire ou lui considérer comme un troupeaux de sèvres pour avoir une main mise sur lui ; s’offrir un bon positionnement stratégique sur l’échiquier politique national et international afin d’aboutir à ses fins, etc.

Dès lors, cet état de fait a rendu le jeu politique de notre pays comique et trompeur : les acteurs sociopolitiques ne servent plus le peuple. Au contraire, ils se servent de lui pour soit légitimer leurs actions ou défendre leurs intérêts égoïstes.  Par conséquent, l’on se trouve dorénavant en présence d’un système qui ne favorise plus la compétence ou le mérite.  Tout se fait et se défait en un clin d’œil !

Par ailleurs, nous sommes devenus aujourd’hui des spectateurs et complices d’un jeu d’ânerie et de fourberie qui se passe fondamentalement entre la mouvance présidentielle, l’opposition républicaine et les organisations de la société civile. Partout, le mal emporte sur le bien : plus de morale, plus de cohérence. Ce qui fait que le paysage sociopolitique du pays est devenu extrêmement pollué, corrompu et embarrassant. Car une seule chose demeure leur objectif : c’est comment atteindre la cime, et ce, par tous les moyens, même avec la tromperie ou la roublardise.

Or, « On peut être injuste de deux façons, ou par violence, ou par tromperie : la tromperie, c’est la manière du renard ; la force, celle du lion. Toutes les deux aliènent l’homme, mais la tromperie est la plus odieuse. La plus criminelle de toutes les injustices est celle de ces hommes qui, à l’instant même où ils trompent, se font passer pour gens de bien. » 2. Mais il sied de rappeler que ces moyens ne sont jamais des armes absolues, à sens unique. Ils peuvent se retourner contre leurs propres initiateurs le jour où le peuple se réveillera, car sa colère ne s’exercera que contre ceux qu’il soupçonne d’en vouloir lui tromper !

1 www.google.com consulté le 16 février 2020

2 Michel Bergès, Machiavel, un penseur masqué ? 2000, p.70

Aly Souleymane CAMARA
Diplômé en Sciences politique et Etudiant en Master Science Politique de l’Université Général Lansana conté de Sonfonia.
Email : alysouleymanecamara66@gmail.com

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