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Pourquoi reporter des élections présidentielles en raison du coronavirus ?

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations-unies en Afrique de l’ouest, le Ghanéen Mohamed Ibn Chambas, estime qu’en raison de la pandémie du Covid-19, qu’il faudrait envisager le report des élections présidentielles prévues au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée et au Niger.

Des élections prévues en octobre prochain au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et en Guinée, en novembre au Ghana et en décembre au Niger. Pour Ibn Chambas, il faudrait envisager le report de ces joutes électorales en raison du coronavirus.

Cette pandémie ne date pas de ce mois d’avril. Elle frappait déjà nombre de ces pays depuis le mois de février, voire de janvier. En Guinée et au Mali, Ibn Chambas savait que ces pays faisaient face au coronavirus. Deux pays qui ont pourtant organisé, respectivement en mars et avril 2020, des élections législatives. Dans le cas particulier de la Guinée, ce fut même une élection doublée d’un référendum constitutionnel rejeté par tous les pays démocratiques du monde, les Nations-unies, dont il est le représentant spécial pour l’Afrique de l’ouest, l’Union européenne, etc.

Pourquoi envisager un tel report, en raison du coronavirus, si le pic de cette pandémie semble être passé depuis quelques jours, et que partout à travers le monde, il est plus question de déconfinement ? En Guinée, si la pandémie n’a pas empêché l’organisation des élections du 22 mars dernier, pourquoi la présidentielle prochaine ne devrait-elle pas se tenir, surtout qu’à la date de cette élection ce coronavirus sera mieux maîtrisé ?

Arbitre depuis 2010

Mohamed Ibn Chambas est un des arbitres de la situation politique guinéenne depuis une dizaine d’années. D’abord, en 2010, au nom de la Cedeao, en tant que membre dirigeant du Groupe international de contact sur la Guinée, qui a accompagné le gouvernement guinéen après la mise à l’écart du Capitaine Moussa Dadis Camara ; ensuite, depuis septembre 2014, à titre de Représentant du Secrétaire général des Nations unies. Il fait partie de ceux qui suivent, pour la communauté internationale, toute l’actualité politique guinéenne.

Il connaît tous les accords qui ont été signés; qui les respecte et qui ne le fait pas. Il sait surtout dans quelle condition s’est tenu le simulacre d’élections du 22 mars dernier. Aucun diplomate n’a suivi directement et très régulièrement les crises politiques guinéennes autant que lui. Il sait très bien que toutes les élections ont été marquées par la tricherie et que sous Alpha Condé, il y a eu un véritable recul démocratique.

Au Niger et en Côte d’Ivoire, les présidents ont décidé de respecter les constitutions en vigueur dans leur pays au moment de leur élection. En Côte d’Ivoire, même si Alhassane Ouattara a fait modifier la Constitution, il n’a pas voulu briguer un nouveau mandat. Au Burkina et au Ghana, les deux présidents ont le droit de se présenter.

Demander un report ressemble à plaider en faveur du régime guinéen

En Guinée, c’est tout le contraire à moins de reconnaître le référendum tant controversé. Mohamed Ibn Chambas le sait très bien. Des élections anormales ont été organisées par le pouvoir dans le seul but d’offrir la possibilité au président Alpha Condé le droit de briguer un nouveau mandat. Anormales du fait du fichier électoral taillé sur mesure pour faire gagner le parti présidentiel et également du fait de l’exclusion des principales formations politiques du pays.

En Guinée, ce qu’il faut avant les élections, c’est le dialogue recommandé par la société civile et les sages de Guinée, que le président Alpha Condé et ses collaborateurs refusent. Un dialogue recommandé par la Cedeao, l’Union africaine, l’union européenne, l’Organisation internationale de la francophonie, les Nations unies, les gouvernements français, américains, allemands, anglais.

Mohamed Ibn Chambas devrait consacrer sa diplomatie à l’organisation du dialogue. Pas à chercher un moyen d’aider Alpha Condé à étirer son mandat. Les Guinéens veulent en finir avec ce régime qui a toutes les caractéristiques d’une dictature et de l’ethnocentrisme. Il devrait, maintenant, réaliser que cela fait 10 années qu’il aide le chef de l’État guinéen et qu’il est donc temps d’aider la Guinée et ses filles et fils à se sortir de ce régime qui ne veut ni d’élections démocratiques, ni justice pour la population…

Haut-Commissaire pour le climat ou pas

Même M. Amadou Damaro Kamara, président de l’assemblée issue des élections illégales du 22 mars dernier, demande le retour au dialogue. Même si l’on sait qu’il fait partie de ceux qui ont toujours saboté les dialogues. En tout cas, les Nations unies parviennent à convaincre Alpha Condé à être Haut-Commissaire pour le climat ou quelque chose du genre, ce serait un grand service rendu aux guinéens.

Finalement, face à la volonté d’Alpha Condé de confisquer le pouvoir, les Nations unies, doivent envisager  deux scenarios. Le premier, respecter le délai prévu par la Constitution et organiser les élections à date, afin d’éviter la vacance du poste Présidentiel. Le second, advenant un report du processus électoral, envisager une transition de deux ou trois mois (fin décembre 2020 à mi-mars 2021).

Dans le cas d’une transition, il y aurait un gouvernement de 20 membres au maximum, et une assemblée constituante, formée de 50 membres, pour rédiger la nouvelle constitution. Tous devraient être désignés par la société civile et ne devraient pas être candidats aux élections générales de 2021.

Il est souhaitable qu’une solution acceptable soit trouvée. Autrement, le pays deviendrait ingouvernable avec des dommages collatéraux dans la sous-région. Alpha Condé s’en fout, car il a demandé à ses partisans de se préparer pour l’affrontement préconisée par Alpha Condé n’est pas la solution pour tous.

Par Saliou Fadi DIALLO
fadigestion86@hotmail.com

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3 comments

  1. Comme Damaro Kamara demande à l’opposition politique guinéenne de revenir à la table du dialogue;voici une piste de solution à mettre sous ou entre ses dents.Parce qu’il crie sur tous les toits de la Guinée le retour au dialogue inter-guinéens depuis le 22 mars dernier.
    Et,on juge la qualité de travail du Maître Maçon au bout du mur. On attend sa prise de position et/ou réaction à ce sujet.

  2. Damaro Kamara président de l’assemblée nationale doit prouver qu’il est de bonne foi par la libération inconditionnelle de tous les prisonniers politiques et de droit d’opinions avant d’espérer un dialogue sincère avec l’opposition en Guinée.
    Ensuite déterminer les points de discussion à mettre sur la table.Si non,c’est de la bolchite (bouillie pour les chats) et pure mensonges de sa part.Enfin,espérons que l’opposition ne va pas tomber dans son piège à souris par un dialogue sans issu.

  3. Abdoulaye Diakhaby

    Je valide ce que vous dites dans votre pertinent article.
    Autant Ibn Chambas suit de près le dossier guinéen depuis 2007, autant je le suis lui-même. Constat, ce monsieur n’a jamais obtenu de résultat à la satisfaction des guinéens. Il a toujours navigué en direction des intérêts des dirigeants du moment.
    Il est grand temps que les nations unies nous envoient quelqu’un de moins partisan. Nous voulons d’un véritable diplomate désormais

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