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Alpha Condé ‘’pourrait prétendre rester en fonction’’ pendant encore 12 ans : ‘’l’heure est grave pour la Guinée’’

Les manœuvres du président Alpha Condé pour l’adoption d’une nouvelle Constitution, contre l’avis de la population, constituent une manière de contourner les remparts démocratiques à la seule fin de s’assurer un troisième mandat présidentiel.

Faisant fi des manifestations de masse, des mises en garde des responsables de la CEDEAO et des critiques internationales, le président Alpha Condé a imposé la tenue d’un référendum constitutionnel en Guinée le 22 mars. Le référendum, ainsi que les élections législatives, ont été boycottés par l’opposition qui les juge illégitimes du fait qu’ils ont été autorisés uniquement par le président de l’Assemblée nationale, un allié de Condé, mais non par le Parlement, comme l’exige la Constitution. Au moins 32 manifestants ont été tués par les forces de police avant la tenue du vote. Arguant du non-respect manifeste des règles électorales et de la validité douteuse des listes électorales, les observateurs électoraux internationaux ont refusé d’y prendre part.

Au cœur de la controverse, la demande du président de 82 ans de supprimer la limitation du nombre de mandats présidentiels qui aurait dû mettre fin à son « règne » au mois d’octobre, après 10 ans d’exercice du pouvoir, et permettre à la Guinée de connaître enfin sa toute première succession dans le respect des règles démocratiques. En vertu de la nouvelle Constitution, Alpha Condé pourrait prétendre rester en fonction pendant encore 12 ans. Le pays ayant enduré pendant 50 ans despotisme et abus de pouvoir avant d’entamer sa transition démocratique en 2010, la question de la limitation du nombre de mandats présidentiels revêt une importance particulière pour la plupart des Guinéens. Cette longue période de mauvaise gouvernance vaut aujourd’hui à la Guinée d’être l’un des pays les plus pauvres d’Afrique.

L’heure est grave pour la Guinée. En effet, l’expérience montre que les chefs d’État africains qui sont restés au pouvoir pendant plus de 10 ans ont accumulé les actes de répression et de corruption et généré instabilité financière, sous-développement et conflits dans le pays. Le régime de Condé a été marqué par un autoritarisme grandissant, qui s’est traduit par le remplacement du responsable de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le limogeage du président de la Cour constitutionnelle et la destitution forcée du Ministre de la justice (hostile à ces changements constitutionnels), mais aussi par la mise sous contrôle des médias et l’arrestation de représentants de l’opposition.

Le non-respect des règles de cumul des mandats et le recul démocratique en Guinée constituent un défi pour la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui s’efforce d’instituer des contrepouvoirs et d’obliger à rendre des comptes comme l’exige toute démocratie. Ces efforts s’attaquent à la tendance antidémocratique récente observée dans les 15 États membres de l’organisation. La Cour de justice de la CEDEAO est d’ailleurs actuellement saisie d’une affaire dans laquelle une coalition de l’opposition allègue la violation par le gouvernement Condé de droits de l’homme et de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.

Cette régression de la Guinée vers un pouvoir de type autoritaire est source d’instabilité politique et de difficultés économiques dans ce pays de 12 millions d’habitants dont les ressources minérales n’ont pas prémuni contre la pauvreté. Les implications pourraient être graves dans les pays voisins qui seront directement affectés par cette instabilité.

Crédibilité et pluralisme, les grands absents du processus

Selon les organisations non gouvernementales de Guinée, de nombreux citoyens ont suivi l’appel au boycott du référendum lancé par l’opposition, le taux de participation n’ayant pas dépassé les 30 % en province, pour tomber à moins de 15 % dans la capitale, Conakry, alors que ce taux atteignait par le passé 75 % au niveau national. Le jour du référendum, les médias et les réseaux sociaux ont indiqué que le nombre de bulletins « non » était insuffisant dans certains bureaux de vote. D’autres se sont vu confisquer leur carte électorale et ont dû attendre à l’extérieur pendant qu’un autre votait pour eux. D’autres encore ont signalé avoir été contraints de voter « oui ». Au moins 12 morts sont à déplorer, et des dizaines de personnes ont été arrêtées, notamment des représentants de l’opposition. En Guinée forestière, un conflit autour du vote a suscité des violences entre groupes religieux menant à l’incendie de plusieurs églises et mosquées faisant plus de 15 morts. Par ailleurs, les forces de l’ordre auraient confisqué des urnes afin de procéder elles-mêmes au dépouillement du scrutin. Selon les déclarations officielles du gouvernement, le référendum aurait été adopté à 89 % des voix, avec une participation de 58 %.

Avant le vote, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et la CEDEAO ont conclu à la participation au scrutin de plus de 2,5 millions d’« électeurs fantômes ». Lorsqu’Alpha Condé a consenti à un report symbolique de deux semaines pour corriger le problème, les observateurs internationaux de la CEDEAO, de l’Union africaine et de l’UE ont annoncé leur retrait.

Les irrégularités du processus électoral sont venues se greffer sur une série de mesures qui ont mené au référendum en l’absence de crédibilité et de soutien populaire. Alpha Condé s’était attelé pendant des années à transformer les institutions chargées d’organiser le vote et de valider les résultats, notamment la CENI et la Cour constitutionnelle. À la veille du référendum, trois des propres ministres de Condé, le Ministre de la justice Cheik Sako, le Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche Abdoulaye Yero Baldé et le Ministre de la citoyenneté Gassama Diaby avaient même démissionné pour protester contre son projet d’adoption d’une nouvelle Constitution.

Après le référendum, les principaux acteurs internationaux, dont la CEDEAO, le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), les États-Unis, la France et l’Union européenne, ont exprimé d’une même voix leurs inquiétudes quant à la crédibilité du processus et son caractère pluriel. D’autres pays dépourvus de traditions démocratiques comme la Chine, la Russie et la Turquie se sont par contre empressés de féliciter le président…L’intégralité à lire sur https://africacenter.org/fr/spotlight/desamorcer-crise-politique-guinee/

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4 comments

  1. avec toutes ces critiques et soutiens des guineens et la communaute internationale, l’opposition dirigee par cellou (malin) diallo est incapable de degager ce cafard criminel alifa kone; si cellou malin diallo aimait ses compatriotes et la guinee, comme il voit il ne peut pas, il devrait laisser la place a quelqu’un d’autre capable. Ca fait plus de 10 ans il est a la tete de l’ufdg, sans resultat, alifa kone continue a faire ce qu’il veut. Continuer a compter sur ce type qui n’a jamais cree un parti, une organisation, qui tout simplement a ete parachute a la tete de l’ufdg est une grosse erreur.

    • Doura,ta haine contre CDD finira par se dissiper car,Cellou seul ne peut rien faire contre un régime Sanguinaire et dictatorial.C’est,tous les guinéens épris de paix et de justice sociale peuvent chasser ce délinquant politique du pouvoir politique en Guinée.
      Donc,arrête ton cinéma contre Cellou et,même toi,tu peut lutter pour chasser Alpha Condé du pouvoir à la fin de son dernier mandat présidentiel en 2020.

      • Jallohms7: cher Jalloh, cellou n’est pas seul: il a au moins 80% de la population avec lui en plus de la communaute internationale; vous suivez aveuglement ce type qui concretement n’a rien apporte a sa communaute et a la guinee a part des morts. Nous avons des lions comme militants mais malheureusement derriere un mouton. En 2010 il s’est terre 5 mois et a laisser alifa kone voler les elections; il a laisse alifa nomme un malien a la ceni, laisser alifa avoir le soulard sekouba dirige transition, s’est oppose a rabiatou au poste de 1er ministre, laisser alifa faire eliminer la commune de ratoma qui le faisait passer au premier tour, la liste est trop longue mon frere… Cerise sur le gateau, apres tout ca votre idole est alle feliciter le soulard sekouba konate pour « avoir organise des bonnes elections » dans le journal jeune afrique!!! Reveillez vous mon frere! 10 ans on est ou ojordhui avec votre petit dieu cellou malin???

    • Doura, je te prie de discuter de tous ces problèmes au siège de l’Ufdg. Sache que Cellou ne s’accroche pas à la tête de l’Ufdg. C’est nous militants et sympathisants qui croyons qu’il est à sa place. Si, concrètement, tu disposes d’une stratégie plus adaptée, veuille m’exposer au bureau exécutif ou à quelques cadres au siège du parti.
      Soit dit sans te blesser.
      Un perturbateur interrompit une fois Khrouchtchev au milieu d’un discours où il dénonçait les crimes de Staline. « Vous étiez un collègue de Staline, hurla-t-il, pourquoi ne l’en avez-vous pas empêché ? » Khrouchtchev rétorqua qui a dit cela. Aucune ✋ main ne se leva. Personne ne bougea. Après un silence tendu, Khrouchtchev rétorqua d’une voix calme : »Maintenant, vous savez pourquoi je ne l’ai pas empêché. »
      Si tu peux, comme tu le penses, affronter le pouvoir ou comme le veut Ellie Kamano, tu peux aller comme tu l’entends. l’OLP est déterminée à reconquérir son autonomie. Ce qui ne l’empêche pas de négocier, de discuter. La Corée du Nord et du Sud sont à couteaux tirés, pour autant, des pourparlers ont lieu régulièrement. Au moment de la guerre froide, occidentaux et pays de l’est étaient opposés sur bien des aspects. Pour autant, la concertation était une règle d’or.
      Cellou veut que les Guinéens et Guinéennes vivent libres, unis et prospères. Il faut pour cela une démarche logique sur toute la ligne.
      Cellou, c’est la fidélité à un idéal de paix, de liberté et d’indépendance. Il est, à mon avis, en accord avec la realpolitik. C’est ce qui est important. Le jour où nous ressentons le moindre signe d’essoufflement ou de trahison à son niveau, nous le remplaçons. C’est lui qui nous l’enseigne et nous l’exige. Quand vous l’aurez approché, vous comprendrez à quel point, il est effacé. Il est une force tranquille.

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