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Le camp de Dalein prêt à s’associer au gouvernement dans la lutte contre le coronavirus ?

Face à la pandémie de Covid-19, le président Alpha Condé a appelé une union sacrée de toutes les composantes de la nation pour mener la guerre. Le chef de l’Etat s’est dit convaincu qu’il revient à chacun de d’apporter sa contribution pour obtenir une victoire rapide contre cette maladie.

Sollicité par VisionGuinee, l’ancien député uninominal de Dinguiraye déclare que son camp est prêt à participer à la riposte, mais pose des conditions. Entretien avec Dr Fodé Bocar Maréga.

VisionGuinee : Bonsoir M. Maréga. Le coronavirus gagne du terrain en Guinée qui est le 3e pays ouest-africain le plus touché par la maladie. Comment jugez-vous la gestion de la riposte contre la maladie ?

Dr Fodé Bocar Maréga : la gestion du Covid-19 a été catastrophique dès le départ. Nous étions dans un double scrutin alors que le virus était présent. Il était question dans les pays du monde de fermer les frontières et de permettre à la riposte de se mettre en place. Mais chez nous, on voulait permettre à des observateurs africains de venir. Au lieu de préserver les populations guinéennes, on s’est retrouvés dans un problème d’élections.

Ensuite, nous avons continué dans l’incohérence de la riposte de l’ANSS. Les acteurs impliqués dans la lutte ont commencé à se battre pour des prérogatives alors que nous étions en pleine crise sanitaire. Aujourd’hui, de mal en pire, nous sommes dans une situation incontrôlable. Vous avez vu la pagaille à l’hôpital Donka au moment où nous pensions avoir 700 lits là-bas. Finalement, nous nous sommes retrouvés dans une cacophonie qui ne dit son nom.

De quel œil voyez-vous la situation ?

Nous sommes vraiment très inquiets. Récemment, on a vu les recommandations du le Conseil scientifique de riposte contre la pandémie de Covid-19 en Guinée. Mais on se rend compte qu’il y a une incompréhension entre l’ANSS et cette entité. Nous, les guinéens, nous n’avons que les yeux pour pleurer. Les cas confirmés ne font qu’augmenter. Malgré la gravité de la situation, beaucoup ne respectent plus les gestes barrières. On est dans une situation très critique.

Le président Condé a appelé une union sacrée pour lutter contre le coronavirus. Quel rôle entend jouer l’opposition en général et l’UFDG en particulier dans cette riposte ?

Dans tous les pays du monde, les gens ont cessé de parler de l’opposition et de la mouvance. C’est un problème de santé nationale. Au départ, la situation était alarmiste en Afrique. Mais en Guinée, Alpha Condé ne se préoccupait pas de ce qui se passait. Tout son problème était politique. On a perdu énormément de temps. Il fallait appeler tout le monde à  temps pour savoir ce qu’il faut faire efficacement face à cette pandémie. Mais rien n’a été fait. Un conseil scientifique est mis en place, mais ses recommandations ne sont pas entièrement appliquées. Il [Alpha Condé] continue de supporter Dr Sakoba Keita qui s’arrose le titre de spécialiste de riposte à des épidémies. Donc, chacun essaye de faire ce qu’il peut de son côté, rien ne se fait de façon coordonnée.

Votre camp acceptera-t-il de s’associer au gouvernement pour lutter contre le Covid-19 ?

Oui ! Si ça sert à quelque chose. Il ne s’agit pas d’associer la pagaille à la pagaille. Si c’est quelque chose de réfléchit qui permet aux gens de prendre des positions et qu’ils soient écouté, là on est d’accord. Mais je pense que la façon dont cette riposte est organisée, ce serait triste de se retrouver nombreux et ne rien pouvoir faire (…). Aujourd’hui, toute la machine de riposte est malade. Pendant ce temps, nous continuons à compter les morts et enregistrer une progression des contagions. Il faut une refonte rapide de la structure de riposte pour qu’on puisse à faire quelque chose.

Comment auriez-vous géré la crise sanitaire actuelle si vous étiez à la place des autorités ?

Disons que nous n’aurions pas accepté la tenue des élections. Dès le départ, on aurait fermé l’aéroport et faire un confinement d’au moins deux semaines en distribuant des vivres à la population. Riposter, c’est prévoir. On aurait dû éviter d’aller aux élections le 22 mars. Maintenant, il faut mettre en place une structure qui va se charger de gérer la riposte. Elle doit être par le ministre de la santé tout en appliquant les recommandations du conseil scientifique.

A la place des autorités, nous aurions fait des tests de dépistage massifs. On aurait mis en place une brigade de recherche des contacts composée de 100 à 200 personnes, préparé un plan de riposte face à crise économique qui va être terrible. Parce que si on n’y prend pas garde, on risque de se retrouver dans une situation catastrophique. Il ne reste plus que mois à cette gouvernance. Avec un nouveau président de la République, on espère que l’équipe à venir pourra changer quelque chose.

Par Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

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