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Entretien avec Aliou Souaré, Président du Comité de Pilotage du Fonds d’Appui aux GIE et Entreprises

Cumulativement à ses fonctions de Directeur Général du Fonds de Développement Industriel et des PME, Aliou Souaré a été nommé par le président de la République à la tête du Comité de Pilotage du Fonds d’Appui aux Groupements d’Intérêt Économique (GIE) et Entreprises. VisionGuinee l’a interrogé pour en savoir plus sur sa nouvelle mission, l’impact du coronavirus sur les entreprises et groupements et les critères d’éligibilité pour accéder à ce fonds. Entretien !

VisionGuinee : Vous avez été nommé Président du Comité de Pilotage du Fonds d’Appui aux Groupements d’Intérêt Économique (GIE) et Entreprises. C’est quoi la mission de ce Fonds ?

Aliou Souaré : Je tiens à remercier tout d’abord Monsieur le Président de la République, son Excellence Pr. Alpha Condé, son Premier Ministre, Chef de Gouvernement, Dr Ibrahima Kassory Fofana, ainsi que Monsieur le Ministre d’Etat Tibou Kamara, Conseiller Spécial du Président et Ministre de l’Industrie et des PME pour cette marque de confiance renouvelée en ma personne pour Présider le Comité de Pilotage du Fonds d’Appuis aux GIE et Entreprises.

En ma qualité de Directeur Général du Fonds de Développement Industriel et des PME, j’ai été nommé Président du Comité de Pilotage du Fonds d’Appui aux GIE et Entreprises, qui n’est pas en soi un changement de poste, mais une nouvelle mission, au regard de la situation actuelle.

Comme vous devez le savoir, ce Fonds fait partie des mesures urgentes annoncées par le Gouvernement pour répondre efficacement et favorablement aux préoccupations majeures du secteur privé dans le cadre du Plan de Riposte économique contre la pandémie de Covid-19. Dans ce plan, il était préconisé de diligenter la mise en place de deux Fonds.

Le premier, un Fonds d’Appui aux GIE et aux Entreprises qui a pour but de soutenir la compétitivité des entreprises locales et développer leur résilience face aux conséquences de la pandémie sur le secteur privé guinéen ; Mais aussi les préparer à se positionner aux échéances d’intégration sous-régionale et continentale dans le contexte post Covid-19.

Le second, qui est tout aussi important, est un Fonds de Garantie des Prêts aux Entreprises.  Il s’agit dans le cadre de l’écosystème entrepreneurial de promouvoir les outils financiers de partage de risques et amener les Établissement de crédits à intégrer dans leurs stratégies la facilitation d’accès aux crédits en faveur des Entreprises.

C’est quoi la différence entre ces deux Fonds ?

Ces deux Fonds ont tous le même but : celui de faciliter l’accès au financement des PME/PMI. Ils profitent en général aux entreprises locales. Dans un souci d’optimiser et garantir leur gestion, on a jugé utile de les partitionner le Fonds de Garantie des Prêts aux Entreprises, sous forme de Société Anonyme pilotée par un Conseil d’Administration.

Le Fonds d’Appui aux GIE et aux Entreprises, quant à lui, répond au besoin de revitalisation et de compétitivité des Entreprises et GIE, en termes de trésoreries, de pénurie de Cash-flow. Il apportera une assistance financière remboursable aux GIE et aux entreprises particulièrement touchés par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de la Covid-19. Il faut préciser que c’est pour financer des besoins en Fonds de roulement et d’Investissement.

Pour une question de transparence et d’efficacité, le Gouvernement a préféré un mode de gouvernance inclusif et concerté, par le biais d’un Comité de Pilotage, de composition paritaire (public-privé), et d’un secrétariat technique qui assure le bon fonctionnement du Fonds.

Quelles sont les conditions d’accès à ce fonds ?

Plusieurs conditions sont à remplir pour être éligible à ce fonds comme par exemple être formalisé, c’est-à-dire être immatriculé(e) au Registre du Commerce et de Crédit Mobilier (RCCM), avoir au moins cinq (5) employés en CDI (Contrat à durée déterminée, Ndlr) ou CDD (Contrat à durée déterminée, Ndlr) avant la date du Décret portant instauration de l’État d’urgence sanitaire, donner l’engagement de maintenir au moins les 70% des employés, être en règle avec l’administration fiscale, n’avoir pas eu de prêts impayés auprès de banques ou des institutions de micro-finances avant la pandémie de  Covid-19, etc.

Chaque entreprise ou GIE éligible peut avoir accès à la ligne de crédit à travers les banques commerciales et les institutions de microfinance.

Le coronavirus a eu des incidences économiques majeures. A date,    comment évaluez-vous l’impact de la Covid-19 sur les entreprises ?

Comme vous le savez, notre pays à l’instar des pays africains a été frappé de plein fouet par la pandémie de Covid-19. Alors que le coronavirus n’est pas encore vaincu, ses conséquences affectent de manière significative, la production nationale, la consommation des biens et services, ou encore les finances publiques, sans oublier les pertes d’emplois et les risques liés à la sécurité alimentaire.

Pour justement évaluer ces incidences, une enquête lancée par le Ministère en charge de l’Industrie et des PME est en cours de finalisation. Déjà, Les premiers résultats remontés confirment les prévisions du Gouvernement. 23,9% des entreprises interrogées disent que leurs activités sont à l’arrêt  tandis que 43,5% déclarent qu’elles se trouvent très perturbées (moins de 5% seulement disent n’avoir pas eu d’impact).

Par ailleurs, cette pandémie a révélé le taux de dépendance de notre secteur privé vis-à-vis du marché international tant pour les entreprises exportatrices que celles qui importent. Ceci dit, la Covid-19, comme je viens de le souligner, va entraîner des répercussions significatives au secteur privé, en termes de baisse de chiffres d’affaires,  de perte d’emplois par endroit ou encore des problèmes de trésoreries

Quels sont les défis liés à votre nouvelle mission ?

Dans ce contexte, nous envisageons tout d’abord, de diligenter, avec les parties prenantes, entre autres le Ministère de l’Industrie et des PME, le Ministère de l’Economie et des Finances, le Ministère du Budget, le Ministère en charge des Investissements et la BCRG, ainsi que  les représentants du secteur privé et les partenaires techniques et financiers la mise en place des organes et outils de gouvernance  du  Fonds d’Appui aux GIE et aux  Entreprises, et mettre en branle le Secrétariat Technique en vue d’accélérer l’opérationnalisation dudit Fonds.

Ensuite, opérationnaliser dans les plus brefs délais les mécanismes d’accès aux prêts pour les entreprises et GIE conformément à la volonté du Chef de l’Etat.  Sur ce point, les dispositions du décret sont explicites. La BCRG supervise les décaissements au niveau des Établissements de Crédits et des Institutions de Micro-finances partenaires, les demandes de prêts des entreprises leur sont directement adressées, le Secrétariat Technique assure la tutelle technique, et le Comité de Pilotage accorde les demandes de financement.

Il y a enfin la question de mobilisation des ressources financières. Cette étape est particulièrement importante, puisqu’elle devra permettre de faire face aux nécessités de la situation actuelle, notamment l’impact de la Covid-19 sur nos entreprises industrielles et des PME, et se positionner pour la relance de notre économie.

Cette promptitude vise à se conformer aux aspirations de Monsieur le  Président de la République, le Professeur Alpha Condé et de son Gouvernement, en termes de création de richesses et d’emplois pour le bien-être des guinéens. Nous voulons faire de cette opportunité le levier de la relance socio-économique post-Covid 19, en soutenant les ambitieux projets de Développement en cours dans notre pays. A cet effet, nous espérons que nos partenaires au développement accompagneront le Gouvernement dans cet élan pour  soutenir techniquement et financièrement le secteur privé.

Votre mot de la fin

Je vous remercie pour cette opportunité qui m’est offerte pour mieux échanger sur des enjeux à dimension nationale et internationale et  je prie Dieu de nous pourvoir en moyens  afin d’éradiquer cette maladie.

Nous sommes convaincus que, grâce à l’engagement personnel de Monsieur le Président de la République et l’implication effective du Premier Ministre, Dr Kassory Fofana, cette crise sanitaire est en phase d’être maîtrisée afin de continuer la marche irréversible vers un développement socio-économique inclusif et durable.

Nul besoin de rappeler la pertinence et l’efficacité de la stratégie adoptée par le Gouvernement et les résultats sont à saluer et à encourager.

Dans cette même logique, le Ministre en charge des Industries et PME, Monsieur Tibou Kamara, s’applique à œuvrer à la promotion et au développement d’un secteur privé compétitif et à forte valeur ajoutée.

Encore une fois, merci !

Par Ciré BALDE, pour VisionGuinee.Info

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One comment

  1. Bonjour,

    Si on ne peut que louer de telles initiatives d’Etat, ceux sont des plans où le résultat ne sera visible que sur le long terme.

    L’urgence fait que c’est surtout à la sphère privée et aux entrepreneurs de prendre en main le problème.

    Il faut avant tout créer une culture d’entreprise et l’orienter sur l’optimisation de la relation client. Ceci passe par une formation et un encadrement continus du personnel, qu’il soit au contact direct du client ou dans la chaîne de production visant à le servir.

    Pourquoi? Parce que offrir de l’émotion positive, aller au-delà des attentes du client est en fait un facteur de différentiation pour une entreprise!

    Nous avons tous vécu en Guinée, des situations où l’accueil de la clientèle est insatisfaisante, l’écoute faible et où la réponse à une problématique donnée est trop souvent « Je vous reviens! » alors que ça ne revient que rarement!

    Ce « Je vous reviens » est-il une fatalité?

    Au sortir de la crise sanitaire, une reprise rapide de la consommation devrait permettre d’éviter une crise économique!

    Il appartient donc à chaque entreprise de rassurer ses clients et de leur redonner envie de consommer! En effet, l’expérience et la relation client sont primordiales, du premier contact avec l’enseigne ou la marque, la fréquentation régulière de votre lieu de vente qu’il soit physique ou en ligne et jusqu’au service après vente.

    Ne pas oublier : Avant tout l’intérêt d’une bonne relation client réside avant tout dans l’accroissement du nombre et dans l’efficacité des ventes!

    Un client satisfait fréquente et consomme régulièrement sur votre point de vente et devient Ambassadeur de la marque ou enseigne en la conseillant à son entourage!

    Une piste de réflexion intéressante que je me permets de livrer à vos commentaires!

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