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Et si Alpha Condé essayait de faire comme le président malien IBK ?

Alors que des centaines de milliers de Maliens veulent mettre fin au mandat de leur président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), qui achève dans 3 ans, en Guinée, c’est moins d’une dizaine de milliers de guinéens, occupant d’importantes responsabilités gouvernementales, à la Présidence de la République, dans les services de l’Administration territoriale, des Juges, Procureurs et Magistrats et dans le commandement des forces militaires, policières et de gendarmerie, qui font tout pour prolonger illégalement le dernier mandat d’Alpha Condé, qui arrive à échéance au cours des prochains mois.

Au Mali, le président IBK a pour lui la légitimité de son mandat, même si celui-ci a été obtenu suite à une élection présidentielle controversée. Depuis, son pouvoir est quotidiennement contesté par un exercice du pouvoir dans un cadre sécuritaire difficile, marqué notamment par des conflits ethniques opposant populations mandingues et peules, qui semblent faire plus de victimes que les rébellions des séparatistes.

En Guinée, c’est un président (Alpha Condé) au triste bilan économique, politique et social qui veut s’accrocher au pouvoir. Et il ne compte que sur des institutions supposées républicaines, (essentiellement la Commission électorale, la Cour constitutionnelle et les tribunaux de justice) et les forces armées, de Police et de gendarmerie pour garder le pouvoir.

Au Mali, le Chef de l’Etat a ouvert la négociation avec ses adversaires politiques conduits par l’Imam Mahmoud Dicko. Il a dit sa disponibilité à former avec eux un gouvernement d’Union nationale. La Cedeao et le reste de la Communauté internationale a approuvé cette main tendue du Président malien. Mais les exigences des partisans de l’Imam Dicko commencent à être exagérées. Ils veulent, à défaut de la démission de IBK, qu’il soit dépouillé de tous ses attributs de pouvoir et qu’il ne soit plus qu’un Président honorifique. Soucieux du devenir du Mali et constatant qu’une majorité de ses compatriotes veulent des changements politiques majeurs, le Président malien a reçu successivement l’Imam Dicko et des représentants du M5.

IBK veut un gouvernement d’union nationale

A ces derniers, il leur a dit avoir pris connaissance de leurs doléances à travers le mémorandum qui lui a été remis. À cette occasion, IBK a affirmé : “Je respecte les positions exprimées par vous et là-dessus, je vous invite à continuer et approfondir les échanges avec la majorité présidentielle”. Le Chef de l’État malien les a invité à “intégrer le gouvernement d’union nationale” et leur a dit qu’apaiser “la crise actuelle et obtenir la libération de notre frère l’honorable Soumaila Cissé” sont au nombre de ses priorités.

Prenant la parole au nom du M5, Choguel Kokala Maiga a remercié le Chef de l’État pour l’initiative de la rencontre. “Nous ne pouvions pas ne pas venir’’, a-t-il dit avant de poursuivre que le M5 consultera ses bases et fera parvenir sa réponse au Chef de l’État. Seulement, suite à cette rencontre, le M5 a publié un communiqué dans lequel il indique le Président Ibrahim Boubacar Keïta “a royalement ignoré toutes les demandes et mesures contenues dans le «Mémorandum» du 30 juin 2020, en renvoyant le M5-RFP à sa majorité présidentielle qui ne dispose d’aucun pouvoir et pour laquelle lui-même n’a, d’ailleurs, ni respect ni considération’’. Mauvaise stratégie que la Communauté internationale n’est pas prête à soutenir. Le M5 malien doit trouver les voies permettant d’avoir un gouvernement représentatif du Mali d’aujourd’hui.

Le M5 malien a besoin de l’Imam Dicko ne doit pas oublier que ce leader “pense qu’avec la volonté de tout un chacun et de toutes les parties concernées, nous allons inch Allah trouver la solution. Mon rôle d’imam, je l’ai dit, m’oblige à être quelqu’un qui considère toujours la paix comme étant l’essentiel, la paix dans notre pays, la sous-région et dans le monde’’. C’est dire qu’autant il souhaite des concessions de la part de la Mouvance présidentielle, autant il aimerait que le M5 en fasse autant.

En Guinée, le président est en train de tout mettre en œuvre pour se maintenir au pouvoir contre la volonté d’une écrasante majorité de ses compatriotes. Le 22 mars dernier, il a organisé des élections législatives et un référendum constitutionnel contestées, en excluant du processus les principales formations politiques du pays (notamment Ufdg de Cellou Diallo et Ufr de Sidya Touré) capables de le faire perdre comme ce fut le cas lors des élections communales du 4 février 2018. Jusqu’à présent d’ailleurs, malgré le décret qu’il a pris dans ce sens, Alpha Condé refuse d’appliquer les résultats de cette dernière élection inclusive organisée par son régime.

La Communauté internationale a recommandé aux acteurs sociaux et politiques guinéens de dialoguer pour trouver les voies et moyens de sortie de crise dans laquelle le président guinéen et ses partisans l’ont plongée avec leur désir de faire de leur champion un président à vie malgré un bilan désastreux de gestion du pays sur tous les plans. Tout le monde sait que l’Assemblée nationale installée actuellement en Guinée est illégitime ne serait-ce qu’en raison de l’exclusion des partis politiques comme l’Ufdg, l’Ufr, le Pades, le Pedn, le Bl qui représentent au moins 80 % de l’électorat guinéen. Tout le monde sait que la Constitution promulguée le 14 avril par le Président Alpha Condé n’est pas celle qui a été soumise au référendum et donc, est illégitime et, de ce fait, met le pays dans une situation constitutionnelle problématique.

Le président malien est dans une meilleure position, légale et légitime, que son homologue guinéen. Il a accepté de dialoguer avec ses Opposants ; il leur a offert un partage du pouvoir par des postes ministériels et le recommencement partiel des élections législatives. Il serait même prêt à accepter le recommencement total des législatives et de tout faire pour favoriser la libération du Chef de l’Opposition, détenu depuis bientôt quatre mois, dans des conditions troubles par des rebelles maliens. Au lieu de chercher à jouer aux médiateurs dans cette crise, Alpha Condé et ses conseillers n’avaient-ils pas mieux dans leur pays, la Guinée ? La suite de l’article à lire sur Guinafnews.info en cliquant ici.

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