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Nécrologie : Elie Kamano perd encore un proche

Quelques heures après avoir annoncé sa candidature à l’élection présidentielle, Elie Kamano a été endeuillé par la disparition par sa mère adoptive.

L’ancien chanteur reconverti dans la politique a annoncé la triste nouvelle sur sa page Facebook.

En juin dernier, Elie Kamano a perdu son père, le colonel Sâa Mado Kamano, et son frère Raymond Kamano en l’espace de 24 heures.

Moins d’un mois après, son oncle a tiré sa révérence, alors qu’il ramenait la dépouille mortelle de son défunt père à Balladou dans la préfecture de Kissidougou.

Sur sa page Facebook, le candidat annoncé à la présidentielle du 11 octobre a rendu hommage à celle qui l’a élevé.

Lorsque tout petit ma mère biologique me confia à toi pendant que vous partagiez le même foyer, elle te dît ceci : « je te donne cet enfant pour le meilleur et pour le pire ici comme à l’au-delà, prends en soin comme s’il venait de tes entrailles et comme s’il n’avait tété que tes seins ».

C’est ce que tu fis maman avec une main sévère, adroite et rigoureuse. Tu m’as inculqué beaucoup mais beaucoup de valeurs.

Avec toi, j’avais cette peur d’être mal classé à l’école. Peur de chômer et surtout d’avoir de la mauvaise compagnie, ça m’a poussé d’être parmi les meilleurs et ça m’a évité de tomber dans l’oisiveté et les vices.

Avec toi, j’avais cette peur de revenir à la maison avec une mauvaise note après les évaluations. Avec toi maman, j’avais le sentiment d’être maltraité, d’être orphelin de mère car enfant, je ne comprenais pas les raisons fondamentales de cette rigueur que je considérais comme de l’acharnement, de l’aversion et du désamour envers moi.

Et chaque fois que je m’évadais de la maison pour rejoindre ma mère biologique avec des larmes aux yeux sous prétexte que j’étais maltraité et mal aimé par toi, elle me disait retourne chez ton père et sache que cette femme est ta mère, s’il lui arrive de te donner de l’acide n’hésites pas de le boire car je sais qu’elle n’en sera pas capable.

Ma colère se retournait contre ma mère que je ne sentais pas me protéger contre ce que je considérais comme une maltraitance. C’est dans cette atmosphère que tu m’as élevé en faisant de moi un dur.

Tu me considérais toujours comme un petit garçon tant tu étais affectée par mes déboires avec les différents régimes. Lors de mon séjour carcéral à Guéckédou au mois de janvier passé, tu faisais 2 à 3 kilomètres chaque jour à pieds avec des oranges dans ton sac pour venir les éplucher dans la salle d’attente.

Le pénitencier ouvrant la porte de ma cellule disait: maître Elie, votre maman est là. Au fond de moi je murmurais : hooo cette vieille ne peut pas se reposer à la maison ??

Lorsque nos regards se croisaient, je voyais des larmes au coin de tes yeux. Lorsque je te demandais les raisons de ta tristesse, tu me disais comment veux-tu que je sois heureuse quand mon fils est en prison ? Tu as le bonjour de ton père, surtout ne mange rien ici, s’il te plaît mon fils.

Et je te répondais d’accord, mais arrête de trop marcher avec ton âge, prends cet argent et laisse mon chauffeur te déposer. Tu me disais non je ne prendrais pas ton argent tant que tu seras ici. Je te disais non maman prends le j’en ai pas besoin ici. Ton refus était catégorique.

Après le décès de papa, je t’ai accompagnée au village pour l’enterrement et les sacrifices. Le jour où je suis venu te dire au revoir, assise sur ta natte de veuve, tu m’as dit non tu ne me laisse pas ici. Tu m’envoies à Guéckedou. Ensuite, tu continues à Conakry. C’est ce que je fis maman.

A quelques 3 semaines de mon arrivée à Conakry, on m’appelle pour me dire que tu es malade, je demande à te parler on me dit que tu n’y arrives pas. Avant-hier j’appelle le médecin et lui recommande de te mettre dans une ambulance pour Conakry. Hier on m’appelle pour me dire: Elie ta maman est décédée. 

Merci de m’avoir élevé. 
Merci de m’avoir enseigné la vie.
Merci d’avoir soutenu et supporté mon père et toute sa famille.
Pardonne-moi maman de n’avoir pas pu te sauver.
Rejoins papa en paix.

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