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Jeunesse guinéenne pour quel avenir !

La jeunesse guinéenne est minée par le chômage. A défaut de travail, nombreux sont ceux qui n’ont d’autres choix que de tenter l’aventure des jeux de hasard.

Le chômage prend des proportions  inquiétantes à Conakry. De jeunes diplômés sans emploi ont pour principale occupation les jeux de hasard. Il suffit de faire un tour dans les différents  quartiers de Conakry, pour constater combien ce phénomène a pris de l’ampleur. A chaque coin de rue, des guichets de loterie qui ne désemplissent pas. Tôt le matin, ces lieux sont pris d’assaut par des dizaines de jeunes à la recherche du gain facile. Cela est dû, disent-ils, au manque d’emploi. Au grand marché de Conakry, Madina, nous croisons un attroupement de jeunes devant un guichet de loterie. Parmi eux, Ibrahim Camara, diplômé en Mathématiques Appliquées de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, achète des tickets. Il nous explique qu’à défaut de mieux, il est obligé de tenter sa chance à la loterie pour subvenir à ses besoins : « Depuis que j’ai fini mes études, je n’ai pas trouvé du travail, ce qui me pousse à jouer à la loterie même si c’est interdit par ma religion. Il m’arrive de gagner de temps à autres de petites sommes. Mais c’est contre ma volonté que je le fais, car j’ai d’autres perspectives que le chômage ».

Mais ces jeunes font-ils de réels efforts pour trouver un emploi ? Tous répondent par l’affirmative, mais qu’on ne peut pas selon eux avoir du travail en Guinée sans « recommandation ». Ibrahim Camara est du même avis : « J’ai déposé des dossiers de candidature un peu partout, mais à Conakry sans recommandation tu ne peux pas trouver d’emploi, même si tu es très qualifié. J’ai beaucoup d’anciens collègues de ma promotion à l’université qui sont toujours chômeurs. Dans ma promotion, je ne connais que trois (3) personnes  qui ont  pu trouver du travail dans des sociétés  privées ».

D’autres estiment qu’en plus du faible niveau des étudiants, les formations reçues dans les différentes universités ne sont pas souvent adéquates aux besoins d’emploi. Mamadou Alpha Diallo quant à lui exhorte les jeunes guinéens à accorder une importance à l’enseignement technique et professionnel. « Dans notre pays, il y’a beaucoup plus de cadres supérieurs que de techniciens qualifiés, nous devons former des techniciens cela nous aidera à développer  notre pays.

Ces propos d’Ibrahim Camara ne sont pas isolés. Selon un cadre qui a requit l’anonymat, le chômage massif des jeunes s’explique par le fait que l’Etat ne crée pas les conditions idoines pour l’insertion des jeunes. De plus, les aînés refusent de céder la place, alors que nombre d’entre eux ont dépassé l’âge de la retraite : « ils changent chaque fois des documents à l’approche de l’âge de la retraite, pour se maintenir à leur place, ce qui fait qu’il n’y a pas de chance pour les jeunes de prendre le relais ». C’est donc la même génération qui travaille depuis des années.

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