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La stratégie minière de l’Etat guinéen dans une mauvaise passe

Les autorités de Conakry avaient fait des méga-projets miniers le moteur du développement du pays. Manque de chance, ces projets sont actuellement dans l’impasse et la chute des prix des métaux n’arrange pas les affaires du gouvernement.

Le nouveau pouvoir en Guinée a-t-il péché par optimisme ?

Au printemps 2011, quatre mois après l’élection de l’opposant historique, Alpha Condé, à la présidence, les autorités annonçaient triomphalement le contrat du siècle avec le géant minier Rio Tinto. En échange d’une concession sur l’immense gisement de fer de Simandou, dans le sud du pays, le groupe anglo-australien s’engageait à construire de toute pièce un chemin de fer le long de la frontière sud ainsi qu’un port en eau profonde pour exporter le minerai qui devait revenir à l’Etat guinéen au bout de 20 ans. C’était une première et une victoire pour un pays qui souffre comme peu, en Afrique, du manque d’infrastructures, malgré ses richesses naturelles.

Force est de constater que le projet est dans l’impasse : l’Etat guinéen devait assumer un peu plus de la moitié des frais dans la société commune d’infrastructures, pour en avoir le contrôle et en faire profiter la population, mais il se rend compte qu’il n’en a pas les moyens. D’autant que le coût ne cesse d’être réévalué à la hausse : 12 milliards de dollars à ce jour !

Les autorités découvrent peut-être à leurs dépens que, faute de conseil juridique adapté, elles ont mal négocié le contrat avec Rio Tinto. Le groupe minier anglo-australien, lui, ne s’inquiète pas : il est protégé par une clause qui, en cas de défaillance de l’Etat guinéen, transforme le contrat actuel en un contrat BOT où Rio commercialisera seul le gisement, avec des infrastructures pour son usage. Alors, pendant que le pouvoir de Conakry se démène pour trouver de nouveaux partenaires financiers à la société d’infrastructures, dont certains peu fréquentables, aux yeux d’un autre actionnaire affilié à la Banque mondiale, le géant minier, lui, n’est pas pressé, étant donné la baisse récente des prix du minerai de fer ; ce gisement exceptionnel, même s’il prend du retard, est désormais dans son portefeuille.

Manque de chance pour le pouvoir de Conakry, le prix de la bauxite, sa principale ressource jusqu’à présent, a fortement baissé au rythme de l’aluminium qu’elle constitue, étant donné le surplus mondial actuel. A peine adopté le nouveau code minier doit être révisé pour modifier, à la baisse, la fiscalité sur la bauxite, pour qu’elle reste concurrentielle. Consolation pour le gouvernement guinéen, les entreprises, dont la plus grande compagnie chinoise d’électricité, attendent impatiemment sa publication.

Source : RFI

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