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Accès à l’eau et a l’assainissement: La capitalisation des bonnes pratiques, une alternative au déficit de financement

La mise à l’échelle des bonnes pratiques est une alternative au déficit de financement. C’est ce qui ressort de la plénière tenue, hier, au Forum de haut niveau sur l’eau et l’assainissement pour tous organisé par l’Agence intergouvernementale panafricaine pour l’eau et l’assainissement en Afrique (Eaa).

Le constat est partagé. L’aide publique au développement régresse d’année en année et laisse planer des incertitudes sur le maintien des acquis en matière d’assainissement. Dans ce contexte, les experts ont recommandé le recours à des techniques et des technologies moins coûteuses pour prendre en compte cette problématique. « Il ne faut pas toujours minimiser de petites opérations. Il faut que les africains publient sur les bonnes pratiques. Nous pouvons récupérer les bonnes pratiques pour les mettre à l’échelle au lieu d’attendre l’aide qui tarde à venir », suggère M. Ndiaye, un des intervenants. Les efforts doivent ainsi être concentrés sur les stratégies de capitalisation des expériences en prenant en compte les réalités socioculturelles par pays. Surtout que les besoins annuels de financement pour les pays de l’Afrique au Sud du Sahara sont évalués entre 12 et 14 milliards de dollars américains. « Nous devons penser à répliquer toutes les bonnes pratiques et examiner les stratégies de durabilité des ouvrages », a conseillé un intervenant. Le taux d’urbanisation fulgurant avec la floraison des quartiers spontanés sont des freins à l’extension des réseaux d’assainissement. Cette augmentation de la population urbaine est un défi majeur pour l’Afrique où le déficit d’infrastructures est criant dans plusieurs villes, comme Bamako, Cotonou, Nouakchott, entre autres. « Au-delà du déficit de financement, l’organisation s’intéresse à la mise en place des alternatives pour combler le gap. Les cadres juridiques n’aident pas ces institutions à mobiliser des fonds. Les bailleurs posent beaucoup de questions ; c’est un handicap. Nous devons faire plus d’effort », a préconisé Adama Sanago de l’Agence intergouvernementale panafricaine pour l’eau et l’assainissement pour l’Afrique (Eaa). Jean Philipe Bayo du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), a révélé, au cours de son intervention, que le problème commence aussi à gagner certains pays de l’Europe qui ont un indice de développement humain élevé. « Il nous faut des relations partenariales entre le Nord et le Sud. Beaucoup de populations de l’Europe de l’Est sont aussi confrontées à ce même problème », a affirmé Jean Phillipe Bayo du Pnud.

EAA : Les pays membres passent à 32
Le Forum de haut niveau de Dakar a été aussi marqué par l’adhésion de 10 Etats à l’Agence intergouvernementale panafricaine pour l’eau et l’assainissement en Afrique ( Eaa). Il s’agit du Zimbabwe, du Djibouti, de l’Ethiopie, du Soudan, du Madagascar, du Swaziland, du Kenyan, du Mozambique et de la Gambie. L’Algérie et la Libye ont manifesté leur volonté d’adhérer à Eaa. « Nous pensons qu’au-delà des efforts de l’unité au plan politique, il faut aussi de l’union technologie qui va au-delà de l’Afrique francophone et de l’Afrique centrale », s’est félicité le président du Conseil des ministres, Issoufou Issaka. Jusqu’au Forum de Dakar, l’Agence intergouvernementale comptait 22 Etats, alors qu’avant décembre 2011, il y a en avait que 17. « La vocation africaine de notre institution est en train de s’affirmer. Nous devons porter les ambitions de l’Afrique sur la scène internationale », a ajouté Issoufou Issaka. Mais, cette affirmation et cette maturité doivent s’accompagner de l’institutionnalisation des organes et des instruments. Le forum sert de plate-forme pour apporter des réponses concrètes à ces problèmes. L’idée d’un fonds pour l’eau en faveur du secteur privé a été évoquée.

Exposition : La nanofiltration baisse la teneur en fluor dans le bassin arachidier
L’expérimentation de la nanofiltration a produit les résultats escomptés. La technique a contribué à réduire la teneur en fluor de l’eau dans les régions de Fatick, Kaolack, Kaffrine, et Diourbel.
Plusieurs agences et services montrent leurs réalisations et leurs techniques au Forum de haut niveau. L’Agence belge de développement (Ctb) a mis l’accent sur les techniques d’amélioration de la qualité de l’eau dans la région du bassin arachidier. Leurs démarches s’articulent autour de la construction de nouveaux forages, mais ce sont surtout des techniques de kits inverses et nanofiltration qui ont permis d’offrir une eau de meilleure qualité à plus de 60.000 personnes supplémentaires dans les régions de Diourbel, Fatick, Kaffrine et Kaolack. « Le procédé consiste à passer l’eau dans des membranes sous pression. La technique a baissé la teneur en sel et en fluor », rapporte l’assistant junior Nikolass Viaene de l’Agence belge de développement. Le taux de fluor est passé de 3, 25 mg/l à 0, 05 mg/l. Ce projet a aussi permis la vulgarisation des techniques de potabilisation de l’eau. Rappelons que 420.000 usagers ont été mobilisés et organisés pour la maintenance des ouvrages. Les fortes teneurs en fluor étaient, en partie, responsables des affections buccodentaires, notamment dans les régions de Kaolack et Fatick.

Résorption des déficits énergiques, fertilisation des sols : Les experts prêchent la valorisation des déchets solides et liquides
Les produits issus de l’assainissement pourraient contribuer à la résorption des déficits énergétiques et à régler les problèmes de dégradation des sols. Telle est la conviction des experts qui ont exposé les opportunités du sous-secteur aux ministres présents au Forum de Haut niveau.
L’assainissement est un secteur rentable. Le responsable du programme assainissement et du volet innovations technologiques à la Fondation Bill et Mélinda Gates, Dr Doulaye Koné a défendu cette position au cours du déjeuner avec les ministres. « On voulait partager avec les ministres quelques réflexions en démontrant que l’assainissement est un secteur marchand », argumente Dr Doulaye Koné.
Avec les sous-produits, les déchets, les urines, les pays peuvent non seulement résoudre les problèmes d’infertilité des sols mais aussi réduire leur déficit énergétique. « Il y a des technologies qui permettent de récupérer des excréments pour en faire une ressource énergétique ou des engrais. Si nous prenons cette direction, nous pouvons répondre à d’autres besoins ; régler des problèmes d’agriculture, parce que nous pouvons mettre des fertilisants sur le marché ; régler des problèmes énergétiques », argumente, le responsable du programme assainissement et du volet innovations technologiques à la Fondation Bill et Mélinda Gates. Mais pour s’orienter dans cette direction, dit-il, l’implication du secteur privé est plus que nécessaire pour prendre en compte certains paramètres. « Si nous prenons cette option, nous allons demander au secteur privé qui est mieux structuré de gérer ce type de technologie comme cela se fait dans d’autres industries », poursuit-il. Pour lui, les industries doivent commencer à considérer l’assainissement comme un marché où il y a des produits à vendre et comme un secteur porteur d’emploi. S’agissant du sous-financement, Dr Koné affiche un brin d’optimisme fondé sur la mobilisation des Etats et sur l’exploration d’autres mécanismes. « Pour inverser la tendance, il est nécessaire de mobiliser les financements pour compléter les actions des Etats. On se plaint beaucoup que les Etats ne font pas beaucoup d’efforts. Mais je pense qu’aujourd’hui en Afrique, que les Etats sont mobilisés », a affirmé Dr Moulaye Koné.

Adama MBAYE : «Les technologies sont bien en avance»
Pour Adama Mbaye, l’assainissement a toujours été vu comme étant juste la collecte des déchets, leur transport, leur stockage, leur traitement et leur évacuation dans le milieu naturel en essayant de minimiser les conséquences néfastes. Les technologies qui sont bien avancées dans le secteur, ont permis aujourd’hui de valoriser les sous-produits.

Avec les dérivés, on peut produire du gaz, de l’engrais. Et des eaux traitées pouvant être réutilisées dans l’agriculture. C’est, en fait, cette question des sous-produits qui est l’élément le plus important pour le développement du secteur de l’assainissement, a noté directeur de l’Assainissement du Sénégal.

Le Sénégal n’est pas à son balbutiement, d’autant, a-t-il soutenu, que la réutilisation des eaux a démarré depuis une dizaine d’années avec la réalisation d’un circuit de traitement tertiaire à la station d’épuration de Cambérène qui, sur les 20.000 m3/j qui sont collectées, produit environ 5.700 m3/j d’eaux traitées à l’état tertiaire. Ces eaux traitées sont réutilisées dans diverses activités, notamment par les routiers, lors de la réalisation des routes. Le bâtiment s’y intéresse aussi, de même que le terrain de golf du technopôle, qui est arrosé avec ces eaux.
Sur la volonté des autorités sénégalaises de mettre 250 milliards pour l’atteinte des Omd en eau et assainissement au Sénégal, le directeur de l’Assainissement du Sénégal a souligné que tout projet est réalisable. Avant de dire aussi que tout projet a un coût. Le facteur bloquant, selon lui, peut venir essentiellement des coûts.

Le Soleil

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