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Affaire 13 milliards : le Ministre Kerfalla Yansané nie les signatures apposées sur les lettres de transmission

Attendu à la barre ce lundi, 21 janvier, le ministre de l’économie et des finances, Kerfalla Yansané a donné sa version des faits dans une déposition écrite parvenue au tribunal. Dans ses réponses aux questions qui lui ont été posées, l’argentier du pays ne reconnaît pas du tout les signatures apposées sur les lettres de transmissions incriminées.
Le chef de cabinet de ce ministère, Moussa Keita, qui a comparu, a défendu son ministre en disant : « Je persiste et je signe, les lettres de transmissions sont fausses, et elles ne viennent pas du ministre ».

Les avocats de la défense qui ont voulu la comparution de la personne de Kerfalla Yansané estiment qu’il ne suffit pas de nier ces signatures, le plus important c’est de pouvoir démontrer leur fausseté.

« Étant en possession de sa déposition, nous allons l’analyser et tirer les leçons conséquentes. Mais qu’on sache déjà que la question ne se limite pas à ce niveau. Il faudrait qu’on nous dise en quoi il y a eu du faux et qu’on situe la responsabilité », a indiqué Me Benjamin Millimono à la fin de l’audience de ce lundi.

Entendu à titre de simple renseignement – puisqu’étant agent de l’État qui s’est constitué partie civile dans ce procès – Moussa Keita répondra aux questions des avocats de la défense ce mardi. Quatre autres témoins pourraient être entendus à la suite de son audition.

En défendant son ministre, Moussa Keita n’a pas seulement que nié les présumées signatures de celui-ci sur les lettres de transmissions incriminées. Il a aussi expliqué les efforts déployés par Kerfalla Yansané pour empêcher la sortie des fonds, ainsi que l’utilisation «curieuse» d’une partie de ces fonds par Mathurin Millimono, le chef d’entreprise poursuivi pour recel de deniers public.

« C’est le lundi 21 mai 2012, aux environs de 19 heures, que madame la directrice nationale du Trésor et de la comptabilité publique, assassinée le 09 novembre dernier, est venue me voir avec deux numéros de téléphone. Elle m’a dit … leur service a décelé un coup de plus de 13 milliards », a tout d’abord expliqué le témoin. Poursuivant, le chef de cabinet dira qu’il s’est tout de suite mis à vérifier avec les autres, et qu’ils ont constaté qu’il y a eu deux lettres de transmissions fausses qui ont été traitées par la Banque centrale.

Suite à ce constat, Keita dit avoir tout de suite interpellé Mathurin Millimono sur la situation. « Je lui ai dit que le compte de Mill Impression semble être crédité d’un montant consécutif à certaines lettres de paiement. Je l’ai informé que ces lettres de payement sont fausses, et qu’il ne fallait pas retirer le montant. Je lui ai dit de venir me voir d’urgence. Comme il était 19 heures passés, il m’a dit, après un silence de quelques secondes, d’accord je comprends, mais comme il fait tard je ne viendrai demain qu’à la première heure. Mais, il n’est jamais venu », a dit Moussa Keita.

Selon Moussa Keita, les fonds on été virés dans les banques primaires Orabank et Banque Islamique de Développement, banques des entreprises Mill Impression et Makèmè Prestation, vendredi 18 mai 2012. Samedi et dimanche n’étant pas ouvrables, le Trésor ne pouvait se rendre compte que lundi 21 mai 2012.

Le 22 mai, le ministre Kerfalla Yansané en mission à l’étranger depuis le 17 mai, était de retour, selon les explications de Moussa Keita. Informé, il a demandé à son chef de cabinet de procéder à des vérifications auprès de la Banque centrale. Ensuite, les premières investigations lui semblant, peut être inefficaces – puisque les originaux des documents incriminés étant réclamés en vain à la Banque centrale – il (Kerfalla Yansané) lui a demandé de saisir l’inspection général du Trésor et la gendarmerie.

« Curieusement, en dépit de tout ce que nous avons dit et fait pour empêcher la sortie du fonds, nous avons constaté que sur le compte de Mill Impression à Orabank, il y a eu deux décaissements dans la journée du 22 mai, et le mercredi 23 mai il y a eu sept (7) chèques émis », a déploré le témoin écouté à titre de renseignement. Et de dire plus loin que son ministre lui a donc demandé d’informer toutes les autorités de la République qui doivent avoir connaissance de ce dossier dans la mesure où il n’a jamais signé les lettres de transmissions numéros 1065 et 1066 du 17 mai 2012 (les lettres incriminées, NDLR). « C’est ce que j’ai fait en transmettant ce dossier à la présidence, au ministre de la Justice, à l’Agence judiciaire de l’État, au premier ministre », a expliqué en le témoin.

Sur l’arrestation des prévenus, le témoin dira qu’il n’a jamais été informé de leur arrestation jusqu’au moment qu’ils ont été déféré à la justice.

Sur le contrat, le témoin a reconnu comme d’ailleurs toutes les parties au procès, que l’État devait un reliquat à monsieur Mathurin Millimono. Mais ce paiement ne pouvait pas être possible dans la mesure où tous les paiements relatifs aux marchés conclus en 2009 et 2010 étaient gelés, hormis ceux concernant l’armée, les voiries urbaines et la santé.

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