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Le mythe MNLA s’effondre

Après avoir mis, avec le soutien du MUJAO, d’Ansar Dine et d’Aqmi, le nord du Mali à feu et à sang, terrorisé les populations qu’il prétend défendre, égorgé ou achevé d’une balle dans la tête, à Aguelhoc, 200 soldats maliens désarmés, le MNLA est, à son tour, chassé du septentrion malien.

C’était à l’issue de combats fratricides, qui l’ont opposé à ses ex-alliés islamo –terroristes. Son arsenal militaire est détruit. Et l’essentiel de ses combattants, enrôlés à prix d’or, dans les rangs des ‘‘nouveaux maîtres’’ du nord –Mali.

Privé, aujourd’hui, des moyens de sa politique, le MNLA fait, alors, la politique de ses moyens : exister dans certains médias français qui, à l’occasion, le rappellent au bon souvenir des populations du nord.

Pour venir à bout des troupes maliennes, dépêchées au nord, le MNLA a dû pactiser avec le diable faire alliance avec Ansar Dine, le MUJAO et Aqmi.

En l’espace de trois mois, les villes de Kidal, Gao et Tombouctou tombent entre ses mains. Et le 6 avril 2012, surprise sur… prise : le MNLA déclare l’indépendance du nord –Mali, appelé ‘‘l’Azawad’’.

La légitimité et la crédibilité du MNLA mise en cause

Cette déclaration d’indépendance a rencontré un concert d’indignation à travers le monde. Avec, à sa tête, les USA etla France, la communauté internationale rejette cette déclaration. A l’unanimité.

Du coup, le MNLA change de fusil d’épaule. Désormais, ce mouvement politico –militaire ne revendique plus l’indépendance, mais l’autonomie.

« Nous avons, toujours, demandé à exister et à être traités tels, c’est-à-dire des hommes et des femmes qui veulent vivre, librement et dignement, sur notre territoire. Nous n’avons jamais dit que nous voulons créer un Etat touareg… le droit à l’autodétermination, c’est notre droit. Nous demandons notre droit à l’autodétermination », déclarait moussa Ag Assarid, porte –parole du MNLA, avec force gestes. C’était le 23 octobre 2012, à la faveur d’une rencontre organisée à Strasbourg, siège du Parlement européen, à l’initiative des députés européens.

Représentante du parti Vert Europe –Ecologie, Mme Kil-Niesen, répond au porte –parole du MNLA : « Le 22 mai, quand vous étiez venus, nous avons échangé avec vous sur les questions de droits de l’homme, parce qu’à l’époque, il y avait toutes ces exactions dans le nord du Mali : les viols des femmes etc… A notre grande surprise, quatre jours après, le 26 mai 2012, vous avez annoncé la fusion du MNLA avec Ansar Dine, ce groupe islamiste touareg, allié à Aqmi. Ceci a été, pour nous, une grande surprise ».

Les représentants du MNLA se murent dans le silence. Confondus, ils baissent la tête. Et Mme Niesen de poursuivre, avec le franc –parler qu’on lui connaît : « Vous avez crée le Conseil Transitoire de l’Etat Islamique de l’Azawad, puis présenté votre plateforme politique. Je sais que depuis, il y a eu des désaccords au sein du MNLA, une rupture de certains d’entre –vous avec Ansar Dine ; mais une branche du MNLA affirme vouloir garder le contact avec Ansar Dine, dont le leader est l’ancien leader du précédent Mouvement de libération de l’Azawad, qui était comme beaucoup de touareg, mercenaires de Kadhafi ».

S’agissant de l’autodétermination, revendiquée par le MNLA, la députée écologique est formelle : « Je crois que vous, les représentants du MNLA, vous envisagez une autodétermination externe, qui correspondrait à une sécession. Le droit international garantit le droit à l’autodétermination des peuples ; mais également, l’intégrité territoriale des Etats… L’autodétermination est un processus qui s’oppose, totalement, à ce qui s’est passé au nord du Mali, c’est-à-dire la déclaration unilatérale d’indépendance par les groupes armés. Je pense que là, on ne peut pas vous suivre ».

Et la représentante des députés européens d’asséner le coup de grâce aux représentants du MNLA. Surtout, lorsqu’elle ajoute, devant ses collègues horrifiés : « Tout le monde sait que, dans la ville de Tessalit, à Aguelhoc, le 24 janvier 2012, se sont déroulés des faits, absolument, regrettables et que j’aimerais vous entendre dénoncer. Environ, 150 à 200 soldats maliens qui ont été arrêtés, ont été retrouvés exécutés, les mains liées dans le dos, soit par balle, soit égorgés ».

Et Mme Niesen de conclure, sous le regard satisfait de ses collègues : « Vous n’avez rien dit là-dessus. C’est ça le problème avec le MNLA… c’est ça qui met en cause la crédibilité et la légitimité de votre mouvement »

Quand la minorité touareg revendique son ‘‘Azawad’’.

Lancé en octobre 2011, le MNLA est une organisation politico –militaire touareg, revendiquant l’indépendance du nord –Mali, appelé ‘‘Azawad’’. Ou, à défaut, son autonomie.

Composé des régions de Kidal, Gao et Tombouctou, le septentrion malien est occupé par les songhaoï, les peulhs, les maures, les arabes et les bambaras, considérés comme les plus nombreux. Puis viennent les dogons, les bozos les somonos et les touareg.

Selon le recensement administratif de 2011, la communauté touareg ne représente que 11,6 % des populations du nord malien. Soit 0,98 % de la population totale du Mali, estimée à 15 millions d’âmes.

Contrairement aux affirmations du MNLA, ‘‘l’Azawad’’ ne couvre pas les trois régions du nord. Selon Pr Bakary Kamian, spécialiste de l’histoire du Mali, ‘‘l’Azawad’’ est « une minuscule région géographique suitée entre Araouane, Kidal et Tombouctou ». Cette aire géographique, dit –il, sert de pont entre le Sahara et le Sahel. Mieux, ajoute Pr Kamian, les touareg ne sont pas les premiers –habitants de l’Azawad. Contrairement à ce que le MNLA tente de faire gober à la communauté internationale. Les touareg y ont été précédés par des nomades peulhs et des noirs sédentaires.

110 milliards CFA investis au nord du Mali

Pour convaincre la communauté internationale de la justesse de son combat, le MNLA a fait croire, en Europe, que la communauté touareg est marginalisée au Mali. Et que le nord du Mali est abandonné à lui-même.

Or, toutes les institutions –ou presque –sont dirigées par des touareg. Au lendemain de la signature du Pacte national à Alger, censé mettre fin à la rébellion touareg, tous les combattants touareg et arabe avaient été intégrés dans les rangs des forces armées et de sécurité.

Aussi, tous les leaders du MNLA étaient, du moins jusqu’à leur départ pour le maquis, des députés, des directeurs généraux, présidents –directeurs généraux, des présidents d’institutions, des officiers supérieurs de l’armée, de la garde nationale, la gendarmerie etc… S’y ajoutent les investissements consentis, par le gouvernement, avec le soutien de ses partenaires techniques et financiers.

En effet, de 1992 à nos jours, près de 110 milliards CFA –sur 150 milliards CFA prévus par les fameux accords d’Alger –ont été investis dans les régions de Kidal, Gao et Tombouctou. Objectif : améliorer les conditions de vie des populations.

Il s’agit, notamment, des forages, des adductions d’eau, des aménagements hydro –agricoles, des ponts des barrages, des centres de santé, des écoles, des routes etc…

C’est pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, que le MNLA a perdu toute crédibilité au nord du Mali, y compris au sein de la communauté touareg qu’il entend défendre. Une communauté, qui n’aspire qu’à vivre en harmonie avec les autres. Comme c’est le cas depuis des siècles.

Le Canard Déchainé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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