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Des extraits poignants du rapport des experts francophones dissimulé par la CENI

Le rapport des experts de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) que l’opposition disait dissimulé par le président de la commission électorale nationale indépendante (CENI) et qui accable l’opérateur de saisie sud-africain, Waymarck, est enfin disponible. Tel est le contenu du rapport dont Guinéenews a obtenu copie jeudi.

En effet, c’est un document de dix-sept pages, jusque-là confidentiel, qui est intitulé « rapport de la mission de vérification de la mise en oeuvre des recommandations de l’OIF et de prise en contact avec la CENI de Guinée, du 16 au 18 novembre 2012 ».

Dans les deux tableaux d’entrée, les experts francophones dressent le diagnostic de leur mission de vérification, tout en proposant des recommandations et des corrections.

Sur la page 11, ils concluent en rappelant que la maîtrise d’ouvrage unique du projet revient de droit à la CENI. Celle-ci doit assurer le contrôle et la validation de la mise en oeuvre de ce plan d’implémentation des recommandations consignées dans le rapport.

A cet effet, il revient à la CENI de prendre les mesures et décisions utiles et nécessaires pour la suite à donner concernant le système et l’opérateur. A l’occasion de cette mission, l’OIF a pu le 18 novembre avoir un échange constructif avec le nouveau président de la CENI, M. Bakary Fofana, ainsi que son bureau exécutif.

Dans un autre volet, les experts soutiennent que l’OIF, dont la mission de vérification technique du système de l’opérateur prend fin avec le présent rapport, prend acte de la recomposition de la CENI et de sa réorganisation en cours, et se met désormais à sa disposition pour un accompagnement technique approprié et ciblé, dont les modalités devront être définies dans les meilleurs délais, indiquent-ils dans ce rapport :
« Il ressort des précédents tableaux qu’au terme de la mission francophone, le système développé (Waymarck) n’est pas à ce stade achevé et reste à stabiliser et à finaliser. Il en est de même pour les procédures administratives nécessaires pour la traçabilité ».

C’est justement ce dernier paragraphe, qui accable la société sud-africaine. « Si à l’époque, la CENI avait divulgué ce rapport, ce serait fini pour Waymarck mais il a dissimulé le rapport en attendant de trouver un expert capable transférer les données de SAGEM aux kits de Waymarck », a confié une source proche du dossier.

Effectivement, les données de la SAGEM ont été transférées aux kits de Waymarck, selon des sources proches de l’institution électorale. Reste à savoir comment ?

La CENI a montré ses limites pendant l’élection présidentielle de 2010. Dans le cadre de la préparation des élections législatives, la CENI a fait appel aux experts du PNUD pour auditer le système du nouvel opérateur de saisie Waymarck du 22 mars au 6 avril 2012. Le rapport publié par ces experts faisait état de quelques anomalies.

Les autorités guinéennes ont sollicité alors l’OIF pour relancer le processus électoral. Conséquence, du 11 au 17 juin, les experts de l’OIF ont audité les installations de l’opérateur sud-africain, Waymarck et décélé une vingtaine d’anomalies.

En août et novembre 2012, les experts sont revenus en Guinée pour voir si les anomalies décélées précédemment dans les kits de Waymarck ont été entièrement corrigées. Au terme de leur mission, ils ont remis la conclusion de leur rapport final à qui de droit. Malheureusement, celui-ci est resté introuvable jusqu’au mois de février 2013.

Dans ce document, les experts soutiennent qu’ils n’ont pas été en mesure de disposer d’un certain nombre de documents de travail, bien qu’ils aient transmis préalablement une liste récapitulative aux parties guinéennes pour l’établissement d’une liste électorale inclusive, exhaustive et exacte, ont-ils indiqué à la page 2 dudit rapport.

Toujours sur la page 2, les experts soutiennent encore que, n’ayant pas pu entrer en possession des documents sollicités, ils se sont référés, pour conduire leurs travaux, aux normes pratiques internationales régissant l’établissement de fichiers électoraux.

Mais ne disposant pas non plus de directives et d’indications claires et précises de la CENI, l’opérateur national, Sabari, a confirmé s’être inspiré des pratiques nationales en la matière pour développer le système.

Source: Guineenews

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