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Alpha Condé désavoue son Ministre, autorise la marche de l’opposition

«La manifestation n’est pas interdite», dixit le Président Alpha Condé. Alors que les Guinéens redoutaient une situation tendue dans les prochains jours après l’interdiction de la marche de l’opposition du lundi prochain par le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Alhassane Condé, le Président Alpha Condé vient d’autoriser la «manifestation programmée pour le 18 février par l’ADP et le Collectif ».

Le Chef de l’Etat l’a autorisé, au cours d’une réunion qu’il a eue avec le Premier ministre, Mohamed Saïd Fofana, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Alhassane Condé, le ministre de la Sécurité, de la Protection civile et de la réforme du secteur de sécurité, Maramany Cissé et du ministre des Droits de l’Homme et des Libertés publiques, Kalifa Gassama Diaby. Sa déclaration a été lue sur les antennes de la RTG (Radiodiffusion Télévision guinéenne) dans son journal de 20h 30.

On le sait, le 15 février, le ministre de l’Administration du Territoire, Alhassane Condé avait mis en garde l’opposition qui appelle à une de manifestation le 18 février. Il a indiqué que le gouvernement considère cette manifestation comme «une preuve éloquente de la volonté des organisateurs à créer des désordres» en Guinée pour «empêcher l’organisation des prochaines élections législatives.» Et de prendre à témoin la communauté nationale et internationale des conséquences qui marqueront la tenue de ces manifestations qui n’a de raison, selon lui, que de «défier l’Etat» guinéen. Il a été suivi par les maires de Kaloum, Matam et Matoto, que traverse la marche de l’opposition. Les maires avaient interdit toute manifestation dans leurs zones. Arguant que «le 18 février 2013, jour prévu pour ladite marche, coïncide avec le septième jour de la disparition de nos braves soldats et aussi au cinquième jour du carême chrétien. Cette période de pénitence doit être observée dans la quiétude, la solidarité nationale et le respect de la pratique religieuse par les communautés. En plus, le délai de trois jours francs indiqués par l’article 107 du Code pénal n’a pas été respecté par les organisateurs qui ont déposé leur déclaration le 14 février 2013. »

Certains obervateurs pensent que le Président guinéen voudrait en finir avec les critiques sur les répressions des manifestations depuis qu’il est au pouvoir, il y a un peu plus de deux ans. Selon le communiqué de la Présidence de la République, à ce sujet: «Le Président de la République réaffirme son attachement au respect des Droits et Libertés constitutionnelles. Notamment les libertés de manifestation, de cortège, réunions et de défilés sur la voie publique dans le strict respect de nos lois et règlements. Par conséquent, la manifestation programmée pour le 18 février par l’ADP et le Collectif n’est pas interdite. Le Gouvernement invite les organisateurs à prendre contact avec le ministre de l’Administration du Territoire et celui de la sécurité pour garantir un déroulement pacifique de la manifestation.»

Le Président vient d’affliger un désaveu cinglant à son Ministre. Dr. Alhassane Condé va-t-il rendre le tablier? Son autorité vient de prendre un coup.

En tous cas, cette décision du Président décrispe l’atmosphère déjà délétère.

Dans une déclaration conjointe signée ce 16 février, l’opposition plurielle insistait que «la marche du 18 février reste maintenue sur l’itinéraire prévu allant de l’aéroport de Conakry-Gbessia à l’esplanade du Palais du Peuple et sur toute l’étendue du territoire national. La journée ville morte du 19 février 2013 est également confirmée».

Pour elle, «les motifs allégués par le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation pour interdire ces manifestations sont illégaux et ne peuvent en aucun cas être retenus ».
D’autre part, l’ADP, le Collectif et le CDR ont invité «les Forces de l’ordre à faire preuve d’esprit républicain en se conformant aux dispositions de notre constitution qui stipule en son article 6 que nul ne peut se prévaloir d’un ordre reçu pour justifier une violation quelconque des droits humains».

AfricaLog.com

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