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Tribune Libre: Le bluff du 30 juin 2013

Les élections législatives devaient normalement se tenir en juin 2011, soit six mois après la proclamation, en décembre 2010, des résultats de l’élection présidentielle. Mais le combinard Alpha Condé les a repoussées pour se donner le temps d’organiser une nouvelle fraude électorale.

Alpha Condé a d’abord annoncé que les législatives se tiendraient le 29 décembre 2011. Une date qu’il a fixée unilatéralement, sans aucune concertation avec l’opposition. Cette date n’était pas tenable. Il l’a repoussée.

Alhassane Condé, le ministre de l’Administration territoriale, c’est-à-dire le ministre de l’Intérieur, a ensuite annoncé le mois de mars 2012. Il déclare que les élections auront lieu à cette date, avec ou sans l’opposition. Cette nouvelle date n’était pas tenable non plus.

Alpha Condé se ravise et annonce le mois de mai 2012. Cette date a été fixée de manière fantaisiste, puisqu’elle ne tenait pas compte du délai légal obligatoire de 70 jours entre la convocation du corps électoral et la date de tenue des élections. Voyez dans quelle estime Alpha Condé tient les Guinéens et comment il traite la Constitution guinéenne.

Lors du 54e anniversaire de l’Indépendance de la Guinée, célébrée à Boké le 2 octobre 2012, Alpha Condé annonce haut et fort que les élections auront lieu, coûte que coûte. C’est du bluff, car nous savons qu’il n’a pas intérêt à organiser ces élections.

Le 16 avril 2013, Alpha Condé fait diffuser sur les médias d’Etat ‒ information reprise par tous les organes audio-visuels et de presse ‒, qu’il a fixé par décret présidentiel la date du 30 juin 2013. Tout le monde, y compris la classe politique, prend cette date pour argent comptant. Personne ne prend la peine de vérifier la légalité de ce décret.

Personne, à l’exception de Faya Millimouno, le président du Bloc Libéral (BL). Quelle ne fut sa stupéfaction devant ce qu’il va découvrir !

Le Bloc Libéral avait envisagé de présenter une requête contre ce décret, pour dénoncer la fixation unilatérale de la date du 30 juin 2013 comme date de tenue des élections législatives et pour réclamer le droit des Guinéens de l’extérieur d’y participer.

L’avocat du parti demande une copie de l’acte pour être en mesure de l’attaquer. Le président du BL, Faya Millimouno, se rend au Secrétariat du gouvernement, qui publie le Journal officiel (JO) de la République, organe qui doit obligatoirement publier tous les actes de l’Etat. Pas de décret.

Aliou Barry, vice-président du BL, va au CNT, pour en obtenir une copie. Même résultat. A la Primature, le résultat est toujours le même. Faya contacte la Radiodiffusion-Télévision guinéenne (RTG) et tous les organes de presse qui ont parlé du décret, mais aucun n’en possède de copie. La CENI ne dispose que d’un projet, sans numéro ni signature. Le BL poursuit les recherches, mais sans se faire d’illusion. Sans le décret, il ne peut pas faire de recours.

De fait, le décret n’existe pas. C’est un véritable bluff. Il n’a pas été publié au Journal officiel. Donc, il n’a aucune réalité juridique.

Le Journal officiel paraît 2 fois par mois. Depuis le 16 avril dernier, il est donc paru au moins une fois. Et le décret n’y figure pas.

Donc, Alpha Condé a cherché encore une fois à tromper les Guinéens. Ce décret est une annonce de pure forme. Pour tester l’opposition. Car nous savons qu’Alpha Condé ne veut pas organiser les législatives, étant donné qu’il a à sa dévotion le CNT, qui tient lieu d’organe législatif.

D’un autre côté, le CNT n’est pas pressé d’aller aux législatives, car cela signifierait sa disparition. Alpha Condé et le CNT ont les mêmes intérêts : ne pas tenir les législatives.

Cet épisode de notre vie politique montre la légèreté et le manque de sérieux de l’opposition politique guinéenne. Aucun leader, à l’exception notable de Faya Millimouno, le président du Bloc Libéral, n’a cherché à vérifier la légalité de la date annoncée du 30 juin 2013.

Il est clair qu’Alpha Condé va ainsi nous trimbaler de fausse date en fausse date jusqu’à accomplir deux mandats, comme l’a fait son compère Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, s’il constate qu’il ne peut pas avoir la majorité à l’Assemblée nationale. Allons-nous accepter cela ?

Au BL, nous disons non. Les Guinéens ne peuvent ni ne doivent plus mourir pour un mensonge d’Etat. Nous n’acceptons pas qu’Alpha Condé et ses milices continuent d’endeuiller et plonger les Guinéens dans des souffrances inhumaines, à cause d’une date fictive et fantaisiste. Ce faux décret prouve une fois de plus son mépris pour la Guinée et les Guinéens.

Rappelons que le Journal officiel fait partie du patrimoine commun des Guinéens. Il doit être consulté par tous pour surveiller et contrôler les actes du gouvernement, afin que notre pays ne sombre pas dans le chaos par la désinvolture d’un homme irresponsable.

Nous veillerons à l’application de la loi afin qu’aucun citoyen, fût-il le chef de l’Etat, ne viole plus la Constitution de notre pays.

Nous demandons à tous les leaders de l’opposition d’être vigilants et de reprendre tous les décrets qui ont été annoncés, par le passé, par Alpha Condé, pour en vérifier la véracité et la légalité. Il doit en être de même pour les décrets futurs.

Quant à nous au BL, nous mettrons tout en œuvre pour veiller au respect de la dignité et de la vie humaine.

Sanaba Coné Camara,

Citoyenne guinéenne

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