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Un report de quatre jours, plus que suffisant ! (Opinion)

Je ne pus comprendre certaines réactions (dans le camp des engagés pour le changement en Guinée) manifestant le découragement, après le report des législatives au 28 septembre. Des personnes mécontentes de la posture soutenue par les principaux leaders de l’opposition. Je ne saisis pas leurs attitudes, mais fort heureusement, je crois pouvoir saisir le contexte politique dans lequel ces émotions négatives de mécontentement évoluent. Je m’explique.

Dans un système démocratique, la discussion, les affrontements d’idées, les critiques sont un principe absolu. Chaque partie présente son idée et la défend. Chaque partie structure ses argumentations pour faire triompher son idée ou sa demande. Et là, le même principe démocratique veut qu’à la fin du débat, les parties se séparent ravies d’avoir remué ‒ et plusieurs fois ‒, les demandes mises sur table.

Concernant des sujets d’extrêmes sensibilités et discutables, il n’est même pas souhaitable, qu’une partie obtienne la satisfaction intégrale de sa demande, à cent pour cent. L’important, c’est l’obtention d’un consensus qui rassure tous les protagonistes.

Les dernières discussions entre le pouvoir et l’opposition ont porté sur un thème sensible et discutable. Sensible, je me réfère à l’orgueil que les parties pointent pour défendre leurs idées. Un orgueilleux n’admettra pas aisément ses erreurs. Il continuera à se battre, malgré tout. Et, c’est à ce niveau, que la démocratie triomphe en rationalisant le débat. Les idées sont justifiées avec des motifs rationnels.

Et lorsque l’opposition guinéenne obtient ‒ face à un pouvoir orgueilleux ‒ quatre jours pour pouvoir mettre les pendules à l’heure, toute volonté aspirant au grand changement en Guinée, doit se frotter les mains. Vouloir faire triompher sa demande ou son idée, dans un système démocratique, de manière absolue, est une grosse erreur.

L’opposition guinéenne a eu gain de cause dans ses revendications. Elle a vu des anomalies, elle les a dénoncées. Elle a demandé qu’elles soient corrigées. Elle insiste pour que les élections soient justes et transparentes. Ce point est extrêmement important. C’est un principe que l’opposition n’abandonnera pas durant tout le processus électoral.

Quatre jours pour éliminer les anomalies, ce n’est pas petit. Car les véritables anomalies entourant l’organisation des législatives ne se trouvent ni dans l’espace, ni dans le temps, mais dans l’état d’esprit du président Alpha Condé. C’est une question de volonté du chef de l’Etat guinéen.

Si Alpha Condé a la volonté que les élections se déroulent correctement dans la transparence et l’indépendance totale, les quatre jours sont de trop. Une action volontaire et patriotique n’a point besoin de tergiversation. Le fait est immédiat.

Tous les Guinéens ‒ de la mouvance à l’opposition ‒ doivent comprendre qu’une démocratie sans structure est un échec. Tous les projets liés au développement de notre pays ne réussiront pas à décoller si la mentalité des Guinéens continue à croire que « nous sommes ainsi, et nous resterons-ainsi ».

Vous êtes-vous jamais demandé où en serait notre pays si tous les citoyens agissaient exactement comme vous ? Si chacun travaillait comme vous le faites, apportait à son métier le même intérêt, autant de loyauté, de compétence et de discipline ?

Quelqu’un a dit fort pertinemment qu’il n’y a en réalité que deux sortes de gens : ceux qui font partie du problème et ceux qui participent à sa solution.

Ceux qui font partie du problème n’envisagent les choses que par rapport à eux-mêmes, dans une perspective de gain matériel. Ils ne songent qu’à ce qu’ils peuvent tirer de l’existence.

Ceux qui font partie de la solution, se préoccupent de leur contribution personnelle. Ils se demandent ce qu’ils peuvent donner et jusqu’où pousser les limites de leur participation.

Le rôle du président Alpha Condé, élu en 2010, était d’accroître cette catégorie de gens faisant partie de la solution. Mais, hélas!

Le chef de l’Etat Alpha Condé fait partie non seulement du problème, mais aussi, et surtout, il est un problème.

Par conséquent, tous les Guinéens engagés dans la perspective du grand changement dans le pays, doivent comprendre que le temps n’est pas pour le découragement ni pour le mécontentement. Il est toujours plus facile de détruire que de construire.

Gardons le cap, et n’acceptons plus jamais que la Guinée se remplisse des gens qui prennent la vie pour une machine à sous. Cherchons ceux qui tiennent la vie pour un investissement sûr et intelligent.

Naby Laye Camara
Bruxelles

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