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Radioscopie d’un gouvernement ‘‘missionnaire’’

Le décret nommant les membres du nouveau gouvernement est tombé lundi 20 janvier dans la soirée. Si la précédente était composée de 44 membres, la nouvelle équipe en compte 34 dont des permutants, de confirmés et d’entrants.

Avant de signer le décret portant composition du nouveau gouvernement et celui nommant les ministres, le samedi 18 janvier, Alpha Condé a limogé 10 de ses conseillers dont Hadja Nantou Chérif, Dr Ousmane Kaba tous deux députés à l’Assemblée nationale sous la bannière du Rpg Arc-en-ciel. Le départ de certains caciques du régime Conté n’a pas échappé à l’attention de l’opinion publique. Citons entre autres Fodé Bangoura surnommé Petit président au temps où il était l’homme fort, Alpha Ibrahima Keira le tout-puissant ministre secrétaire général à la présidence, Madikaba Camara plusieurs fois ministre et Ahmed Tidiane Souaré le tout dernier Premier ministre du régime Conté. Leur mise à l’écart ne suscite pas plus de commentaires que la reconduction du Premier ministre Saïd Fofana et de certains de ses ministres du gouvernement démissionnaire.

 En fait, le retour de Saïd a surpris plus d’un. Son magistère a été des plus médiocres qu’on ne l’imaginait avec l’avènement de l’opposant historique qui prônait le changement dans la manière de gérer le pouvoir. Mais bof ! A la place des vrais premiers ministrables (Kerfalla Yansané, Kémoko Touré – ex directeur général de la Compagnie des bauxites de Guinée-, Kassory Fofana – ancien ministres des Finances sous Conté-, entre autres), pouvant valablement remplacer Saïd Fofana, contre toute attente, c’est plutôt «l’imam» qu’Alpha Condé a choisi pour chapeauter son gouvernement dit de «mission(?!)». Jusque là leurs noms revenaient sans cesse dans les échanges quotidiens entre guinéens et amis de la Guinée.

L’autre décret nommant les membres du gouvernement a lui aussi l’air d’un coup d’épée dans l’eau. Le changement tant attendu n’a été qu’un mirage, bien que l’on ait enregistré de nouveaux entrants. Grosso modo ce gouvernement est à l’image de son Premier ministre. Il est décoratif alors qu’avec les promesses de financement de l’économie engrangées au cours du dernier trimestre 2013, la Guinée avait besoin d’une équipe de choc pour attirer davantage des capitaux. Hélas!

Je pars, mais je reste…

Dans l’ensemble, tous les ministres leaders de partis politiques ayant contribué à l’installation d’Alpha Condé au pouvoir en 2010 ont quitté le gouvernement. Si leur départ est considéré par certains comme un désaveu, voire une ingratitude de la part d’Alpha Condé à leur égard, il faut souligner cependant que dans la forme des choses, la plupart d’entre eux n’ont fait que céder de poste à un proche. C’est le cas de Papa Koly Kourouma, président du parti dénommé Générations pour la réconciliation, l’union et la prospérité (GRUP) jusque-là ministre d’Etat chargé de l’Energie. Il a laissé la place au médecin Colonel Remy Lamah, nommé ministre de la Santé.

Par le passé, en 2009, le Colonel Lamah était Secrétaire exécutif du Comité national de lutte contre le sida (CNLS). A l’avènement d’Alpha Condé en 2010, il a été remercié en faveur d’Abass Diakité (soutenu par la Première dame) pour le poste de directeur général des Services de Santé des Armées. Papa Koly, était en poste en 2008 dans le gouvernement Ahmed Tidiane Souaré. Depuis cette date, c’est maintenant qu’il est débarqué.

Je pars, mais je reste. C’est l’hymne qui sied aussi au leader de l’Union pour le progrès et le renouveau –UPR Bah Ousmane. Ministre d’Etat en charge des Travaux publics et des transports, il sort du gouvernement, mais un de ses proches s’installe. De surcroit membre influent de son parti. Il s’agit de Thierno Ousmane Diallo bombardé au rang de ministre de l’Elevage. Cet ancien chef du quartier Kaporo-rails est avec Lémi Diallo deux membres du bureau exécutif de l’UPR que Bah a fait respectivement gouverneur de Faranah et de Mamou après les élections présidentielles de 2010. A l’époque, l’UPR avait obtenu le poste de ministre du Tourisme. Il a confié cette tâche à la présidente des femmes de son parti: Mme Baldé Hadja Mariame Bah.

Visiblement, le leader de l’UPR a gardé son quota dans le gouvernement même s’il ne lui reste formellement qu’un seul portefeuille ministériel. Désormais, Bah Ousmane a le temps de consacrer l’année aux préparatifs des échéances électorales à venir et de marquer de son empreinte la redistribution des rôles dans le paysage politique.

Mady Bangoura

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