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Une élection présidentielle ne suffit pas pour légitimer le Président démocratiquement élu (Opinion)

La cohésion d’un peuple n’est pas l’addition de ses parties constituantes. Le facteur unifiant transcende par nature les éléments qu’il relie. Par quelles procédures, suite à quelle séquence d’actes politiques peut-on convertir le pluriel en ‘’E pluribus unum’’? (de plusieurs à un ou de un à plusieurs). Quand l’Etat demande crédit au religieux pour cimenter la réconciliation nationale, cela exige un effort d’exemplarité de la part de l’Etat. Les harmonies célestes ne tombent pas du ciel.

Le retard dans l’organisation des élections législatives était un boulet aux pieds du pouvoir, avec des conséquences graves. L’élection présidentielle ne suffit pas pour légitimer le Président démocratiquement élu, cette élection est une condition nécessaire et pas suffisante. Le pouvoir du Président est institutionnel, mais estropié par l’absence du parlement, qui doit être rapidement installé, conforté par l’onction du suffrage universel. Il faut se rendre à l’évidence, dans un régime démocratique, l’absence du parlement est un lourd handicap qui expose les actes du Président à la contestation.

La situation peut être fatale au pouvoir en place. La Guinée dans ce cas de figure, depuis un demi-siècle, charrie l’image d’une chrysalide en attente d’être papillon. Démocratie et changement ne sont pas synonymes, ces deux domaines de réalité peuvent se recouper, ils ne se superposent pas. On évitera, espérons-le, d’inutiles polémiques à ne pas confondre: moyen et valeurs. Le changement devra impulser des valeurs, non des liberticides, pour ainsi intérioriser les valeurs du changement dans l’esprit du citoyen.

Est-ce le cas? Il est fort à craindre que la situation politique actuelle, nous offre un sens au rabais. Le comment prometteur, c’est accroître la cohésion d’un paysage politique centrifuge, mis à mal par une crise de confiance, où les conflits menacent à tout instant d’affleurer. La bonne gouvernance consiste à minimiser les ‘’grands problèmes’’, à les rétrécir par petites touches pour substituer à du visible complexe de la preuve par le résultat. Mais le Président démocratiquement élu passe outre, en se servant malencontreusement de son bâton qu’on pourrait encore appeler décret. Le peuple de Guinée en a plein les yeux de ces décrets, jetant et récupérant de vieilles ressources humaines, ces chaussettes usées sans valeur mais solidement chaussées aux pieds du Professeur, sûr de devoir s’en débarrasser sans jamais le pouvoir.

De tout ce qui précède, retenons que le Président de la République doit une fière chandelle à l’opposition qui a accepté d’aller à ces législatives, auxquelles elle ne croyait nullement. Toutefois, elle y est quand même allée comme pour conforter le pouvoir du Président, dont la gestion de la cité reste à désirer sinon catastrophique.

Quel paradoxe! Mais ce pays n’en est-il pas fait ?

Par Thierno Seydou Bayo

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