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Les Tranchantes de Thiâ’nguel: Respirez, il s’est barré!

Ah je vous garantis, comme disent les Ivoiriens, un chef c’est pas un chiffon. Par extension, disons qu’un roi c’est pas un roitelet de patron. Quarante-huit heures durant, Conakry a vécu au rythme de toutes les impositions, dans toutes les positions. Obligations d’emprunter des parcours de déviation. Obligations d’entrer ou de sortir de la ville dans la précipitation. Obligation de dégager la chaussée de nos silhouettes citoyennes pour une armada de colons. Oui, c’est bien de colonisation qu’il s’agissait sur notre territoire en ébullition. On débarque gaillardement chez nous en nous foutant la pression. Sous prétexte qu’on griffonne des accords à profusion, autant d’éléphants blancs en grincheuse agitation. Si signature engageait d’une quelconque manière quelqu’un dans ce bled à la con, il y a longtemps qu’on l’aurait eu dans le fion. Ah je sais, je sais que je ne suis qu’un rachitique trublion, pauvre avorton dont la péroraison n’est pas vos oignons. Admettez néanmoins que nous avons vécu deux jours de terreur sans raison. Parce qu’un rebeu débarque sans autorisation. On n’a pas demandé notre avis, mais ils ont le culot de nous restreindre nos libertés de circulation.

Alléluia, ça y est, il s’est barré, vous pouvez reprendre votre respiration, le roi a tourné les talons. Il a en fin de compte débarrassé le plancher, la poussière peut reprendre son élévation, le grimpeur a suffisamment joué au daron. Il s’est taillé, les ordures peuvent recommencer leur pleine évaporation jusqu’à nos salons. Il s’est cassé, la main sur le palpitant, l’hymne du bordel enchanté redevient notre chanson beuglé à l’unisson. Si le gouv’ de la capitale pouvait me remettre mon lafididrom de Tombo, je lui filerais mes satanés bénédictions. Cela fait trois longs et interminables jours que ma dose de foutti n’atteint pas sa destination. Elle reste coincée entre la tronche de la vendeuse et sa marmite en fermentation. Maintenant que le commandeur des croyants a dit au revoir, je vous prie de laisser n’gabountou nous gratifier de son kenda et maganyi à foison. Sinon, ce serait non-assistance à ventre en punition. Nous avons montré à quel point nous resterons de pauvres pions, sur l’échiquier d’un monde en compétition. Nous continuerons à servir de faire valoir à toutes les royautés qui se grattent sans démangeaisons, juste pour faire croire au supplicié sur la potence qu’elles se soucient de sa pendaison. On me dira que je joue une fois de plus à l’aigri de l’opposition. Moi, je dis : n’koussaala, m’baraafö, pra !!!

Maintenant laissez-moi poser quelques questions tonitruantes et dérangeantes : Pourquoi nos lieux publics doivent-ils être baptisés de noms d’étrangers pour mériter une allure pimpante ? Pourquoi nos confrères de la presse nationale sont toujours traités par nos autorités comme des larves pourrissantes ? Pour qui se prennent ces buveurs de thé Sahraouis de Mömö, sixième du prénom, pour cracher sur notre capacité protocolaire étonnante ? Dites-moi, oh vous porteurs des torches lumineuses de nos antres immondes, pour quels motifs le roi et sa suite ont-ils trouvé l’étoffe du tapis rouge de notre tarmac inconvenante, non accueillante et peu avenante ? Par les saintes écritures du diable, je veux connaître les raisons de la distance entre Mömö et le Grimpeur faisant la même prière dans des positions distantes. A moins que ce soit pour des raisons d’ablutions peu regardantes ! Et bon sang de bon Dieu, ou devrais-je plutôt dire mauvais sang de mauvais dieu, qu’est ce qui a piqué le roi pour s’offrir une p’tite balade improvisée dans nos rues bruyantes ? Dites, cette visite était-elle officielle ou une promenade privée comme le prétendent des langues pendues et malveillantes ? Dites-moi, qu’ont fait les bambins de nos écoles pour être martyrisés sous le soleil ardent de Conakry pour une réception agonisante ? Pourquoi a-t-on obligé nos mères à abandonner leurs quêtes quotidiennes au profit de glorifications peu payantes ?

Exigeons, dans une fabulation passionnante, qu’on nous expose les dessous de la feinte de Dubréka et ses usines marocaines clinquantes. Réclamons aussi le doigt de l’organisateur du banquet qui mit à la même table, un défenseur des droits de l’homme et le pire des fouleurs au pied de nos libertés charmantes. Et entre nous, que fabriquait la P’tite-Cellule dans un festin offert par le Grimpeur et sa clique assommante ? Pour finir, avez-vous remarqué, rassurez-moi que la réinvention du Journal Télévisé par la RTG n’a pas échappé à votre vue perçante : deux heures d’horloge d’un JT barbant aux informations déprimantes. Une présentatrice qui ouvre son journal, se barrant du plateau et fourguant la clôture à son collègue pour une improvisation des plus affligeantes. Des amateurismes à micro ouvert avec à la clé des drôleries captivantes, de vieux artistes croulants à la voix chevrotante, des orchestres d’un PDG nostalgique d’une sollicitude navrante. Je sais pas pour vous, chers auditeurs, mais tout ceci me gave à un tel point qu’il ne me reste qu’une seule alternative séduisante : je ferme ma gueule et je dégage !

Soulay Thianguel

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