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Haut commandement de la Gendarmerie : une machine à tuer ?

La Coordination des organisations de défense des droits de l’Homme (CODDH) a présenté mardi un rapport sur les violations des droits de l’homme par le Haut Commandement de la Gendarmerie Nationale. Ces défenseurs des droits de l’homme estiment que le haut commandement de la gendarmerie commet de graves violations des droits de l’homme en toute impunité. DH

Le rapport a été présenté au cours d’un point de presse animé par les responsables de la Coordination des organisations de défense des droits de l’Homme. Les officiers de police judiciaire sont chargés de rechercher les infractions, d’en rechercher les preuves, de rechercher les auteurs en vue de les traduire devant les juridictions compétentes, peut-on lire dans l’introduction du rapport qui indique que les actions des forces de défense et de sécurité en général ainsi que celles des officiers de police judiciaire en particulier doivent impérativement être menées dans le cadre du respect strict des droits de l’homme. Cette nécessité impérieuse, résulte des obligations et conventions librement signées par notre pays.

En dépit de tous ses instruments, le haut commandement de la gendarmerie, direction de la justice militaire, chargé en principe au respect de ses normes et principes commet de graves violations des droits de l’homme en toute impunité, mentionne le rapport qui pointe un doigt accusateurs sur les gendarmeries qui font des arrestations et détentions arbitraires, font recours à la torture, et parfois l’homicide et atteintes graves à l’intégralité physique.

A Fria,  la bastonnade à mort du jeune El Hadj Tafsir Sylla soupçonné de consommation illicite de chanvre indien, le mercredi 26 février 2014 sous instruction de la gendarmerie, a mis en colère des jeunes gens de la localité. Ces derniers  ont pris à partie les locaux de la gendarmerie, de la prison civile, les bureaux de l’administration (Conseil Préfectoral des Organisations de la Société Civile, Eaux et Forêts, CEPI) pour protester ce qu’il convient d’appeler la dérive meurtrière de la gendarmerie.

Dans le cadre de la répression de ses actes de pillages et de vandalismes, plusieurs violations des droits de l’homme ont été enregistrées dont entre autres l’arrestation et de la détention de deux responsables locaux en lieu et place de leurs enfants qui seraient présumés auteurs des actes de vandalismes et de pillages ; ainsi que la détention prolongée et sans inculpation dans un camp militaire de six (6) personnes.

Le rapport fait état également de violations des droits de l’homme à Kankan où des éléments de l’escadron mobile de gendarmerie n°9 ont interpellé dans la nuit du 14 décembre 2013 Balla Condé alias « Fataraba ». Selon le rapport, une altercation a opposé ce jeune aux agents, qui l’auraient neutralisé par la force avant de le transférer jusqu’à leur base où il aurait passé la nuit en détention. Balla Condé aurait fait l’objet de tortures et de mauvais traitements. Le lendemain matin, après sa libération, il a succombé à ses blessures à l’hôpital de Kankan. Le corps de la victime a été inhumé sans qu’aucune autopsie n’ait été pratiquée pour déterminer les circonstances exactes de son décès.

A Conakry, un gendarme a poignardé à mort un citoyen. A Tombolia, un autre citoyen a perdu la vie à cause des agissements des gendarmes.  Au regard de toutes ces violations aucune mesure active ou judiciaire n’a été entreprise par les autorités compétentes. Ce qui traduit la survivance du règne de l’impunité dans notre pays, selon les rédacteurs du rapport qui fustigent ainsi le laxisme des autorités.

Face à cette situation, la Coordination des organisations de défense des droits de l’Homme recommande entre autres aux autorités de relever de ses fonctions tout agent des forces de défense et de sécurité soupçonné de torture et autres mauvais traitements, jusqu’à ce que les allégations le concernant puissent faire l’objet d’une enquête indépendante et impartiale, tout en traduisant en justice tous les auteurs et responsables présumés de ces actes conformément aux normes internationales d’équité et sans recourir à la peine de mort.

Boussouriou DOUMBA, pour VisionGuinee.Info

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